AI.Mergence, la start-up qui veut révolutionner la sécurité de votre foyer avec un robot autonome

A.I.Mergence est une jeune start-up française qui s’est lancée dans l’aventure de la robotique fin 2015. Incubée à UsineIO, elle espère lancer son produit à l’horizon 2017. Nous avons pu découvrir son produit à l’occasion du salon InnoRobo 2016.

E-4 pèse moins de 5kg et mesure une trentaine de centimètres de haut. Il se déplace sur ses trois roues holonomes (toutes directions) avec une autonomie de 8 heures (et un retour autonome à la borne de chargement), il peut quadriller votre foyer à longueur de journée. Muni de différents capteurs, sonores et visuels, il repère toute anomalie dans votre maison, comme une fenêtre restée ouverte, des lumières restées allumées, ou qui ont été allumées alors que personne n’est censé se trouver à l’intérieur du foyer… L’idée c’est de détecter et d’alerter toute intrusion et toute anomalie domestique. Pour un coût estimé dans les 1000€, soit le prix d’une installation d’un système de sécurité complet et complexe.

Pourquoi A.I.Mergence ? Tout simplement parce que ce petit objet pyramidal contient des algorithmes de machine learning qui lui permettent d’apprendre au fur et à mesure. « Il suffit de le sortir de sa boîte chez soi, et c’est parti, il apprend tout seul » explique Théophile Gonos, fondateur d’A.I.Mergence. Par exemple, « si la fenêtre est ouverte, il va trouver cela un peu bizarre, et s’en aller alerter ses propriétaires, si elle est cassée, il relance une alerte et ainsi de suite« . Grâce à son système de reconnaissance faciale et sonore, il apprend progressivement de son environnement pour mieux s’y adapter et y répondre. Si votre fils ou fille a pour habitude de rentrer tard dans la nuit, et que ce comportement est en complète contradiction avec celui des autres membres de la famille, le robot reconnaîtra son visage et sa démarche, et saura qu’il ne s’agit pas d’un intrus, y compris en pleine nuit.

E-4 le robot de sécurité d'AI.Emergence 2

Pour concevoir leur agent de sécurité du foyer, l’équipe a mené des études de marché quantitatives et qualitatives avec des entretiens plus approfondis pour connaître un peu mieux les demandes des clients. Des demandes tantôt exigeantes et tantôt surprenantes. Pourquoi ce robot anti-voleur ne serait pas en même temps le compagnon de… votre animal de compagnie ? Pourquoi ne serait-il pas capable de jouer avec votre chat triste ? Des réclamations sérieuses mais qui demandent de gros efforts d’ingénierie et de programmation pour couvrir tout le spectre de fonctionnalités souhaitées. Certains ont ainsi demandé comment il interviendrait si des personnes abusent de la faiblesse de leurs grands-parents influençables. Les gens souhaitent que l’E-4 prévienne automatiquement si un inconnu entre dans la maison, qu’importe la manière, ou par exemple si leurs enfants sont bien rentrés et s’ils ne font pas de bêtises. « Mais là ça nous pose des problèmes éthiques » précise-t-il, « on ne peut pas non plus empiéter sur la vie privée des habitants, ce sera aux clients de paramétrer leur robot comme bon leur semble« . Pour cela, on a également intégré une fonction mise en veille avec un cache physique que l’on pourra mettre sur la caméra pour que les gens se sentent plus libres et plus libérés. Mais les oreilles d’E-4 restent toujours en éveil.

E-4 le robot de sécurité d'AI.Emergence

Très simplement, le petit robot est avant tout un agent de dissuasion. Inutile de vous inquiéter, pas question d’embarquer des armes létales, pas même un taser. Car, si dans les films les cambrioleurs passent pour de vrais professionnels, il n’en est rien dans la réalité. Les études montrent que 90% des voleurs fuient dès lors qu’ils sont repérés par une alarme ou un quelconque système de sécurité, y compris un chien. Une fois la menace détectée, l’appareil s’allume de partout, se met à tourner en rond en émettant des sons stressants pour dissuader voire effrayer les intrus. Il peut également recourir à des flashs, pour aveugler les intrus. Dans sa mission, E-4 est assisté de sa borne de rechargement, qui se met elle aussi à émettre une sirène en cas de menace, de manière à déstabiliser encore plus les éventuels cambrioleurs. De la même manière que l’on met un panneau « propriété sous surveillance vidéo » sur son portique, la solution proposée par A.I.Mergence met en garde le voleur qu’il est filmé en émettant un avertissement vocal.

Mais la tâche la plus difficile dans la conception du robot, a été de trouver le juste équilibre entre l’aspect agent de sécurité qui comporte une connotation un peu grave et sévère et l’aspect protecteur et prévention des risques domestiques. Le gros du travail des designer est donc de concevoir un objet « un peu menaçant, mais pas trop, pour être dans son élément à la maison ». Car le robot d’A.I.Mergence est aussi une sorte de gouvernante de maison. Par exemple, il peut détecter qu’il roule sur une surface liquide ou humide et prévenir ses propriétaires. L’idée serait qu’il soit connecté à la centrale de gestion de la maison et qu’il puisse prévenir en cas d’alerte incendie. Il pourra ainsi positionner le capteur incendie qui s’est déclenché grâce à sa caméra fish-eye et sa connexion au réseau, et se rendre sur place pour vérifier si feu il y a vraiment.

La petite société travaille déjà sur de nouveaux projets pour améliorer son produit qui devrait être lancé à l’horizon 2016. En partenariat avec l’Inria (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique), A.I.Mergence ambitionne de revêtir son E-4 d’un habillage en matière souple et modulable pour à la fois ouvrir le champ des possibles de l’interaction humain-robot mais aussi de lui permettre de se mouvoir dans des espaces moins accessibles, tout en absorbant plus facilement les chocs.

Prochains axes de développement ? Réussir à coupler les fonctions de sécurité avec des fonctions de l’ordre plus domestique, pour en faire un hub central qui gère l’ensemble des objets connectés de la maison. Un marché d’avenir si l’on en croit les études prospectives, selon lesquelles chaque foyer français devrait compter une trentaine d’objets connectés d’ici 2020.


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  1. blanquart

    A I MERGENCE est-il maintenant commercialisé ??