Les projets Vahana et CityAirbus ou quand les voitures voleront par-delà les villes

Fort de sa place de premier constructeur aéronautique au monde, Airbus ambitionne de révolutionner les modes de transport du futur à travers trois projets phares : Vahana, CityAirbus et Skyways.

La mobilité, enjeu crucial des villes du futur

Airbus ne fait plus que des avions. Du moins ce que l’on se représente lorsqu’on pense à l’engin « avion ». Avec son imposant drone solaire Zephyr T, le constructeur européen devançait déjà des Google et Facebook dans la conception et le décollage d’engins autonomes et solaires qui serviraient de satellites stratosphériques. On quittait donc déjà le domaine de l’aviation traditionnelle.

A présent, c’est sur le segment des véhicules de transport de particuliers que le géant de l’aéronautique s’attaque. Après le eHang 184 chinois et la révélation des projets secrets de Larry Page, co-fondateur de Google, qui entreprend dans sa société obscure de concevoir des voitures volantes, les fantasmes des livres et films de science-fiction semblent plus proches de la réalité que jamais. Autant pouvons-nous légitimement douter de la faisabilité et viabilité des projets secrets de Zee.Aero, mais lorsque c’est un géant historique du secteur de l’industrie aéronautique qui s’y colle, nous avons toutes les raisons de croire en sa réalisation. Aucun groupe pareil ne prendrait les risques de se lancer tête baissée dans un projet insensé, ce pourquoi les entrepreneurs de la Silicon Valley sont réputés.

Dans une publication sur son site, le groupe Airbus fait part de trois nouveaux projets, et pas des moindres puisqu’il cherche à concevoir « des concepts radicaux qui débouchonneront les routes urbaines« .

A contre-courant des « techies de la Silicon Valley qui inventent des produits high-tech tous les jours« , Airbus compte trouver une solution à l’un des plus gros défis de la société urbaine :  l’heure de pointe. Qu’il s’agisse des transports en commun comme des véhicules particuliers, l’heure de pointe est un véritable enfer pour qui vit dans une grande agglomération. Souvent synonyme de congestion, l’heure de pointe l’est d’autant plus sur le continent dont est originaire Airbus : les vielles villes européennes devenues capitales mondiales sont encore aujourd’hui dépendantes à bien des égards de leur modèle d’urbanisation des siècles passés. Et si la smart city promet de révolutionner nombre des activités urbaines en réorganisant le territoire urbain de manière optimale, jamais ces villes bâties au cours des siècles ne pourront s’adapter à une vie ultra-moderne comme le pourront les mégalopoles des pays émergents.

Contraintes de composer avec leur histoire urbaine, ces villes ne cesseront toutefois pas de croître et d’accueillir toujours plus d’habitants. D’après Airbus, d’ici 2030, 60% de la population mondiale vivra dans les villes, soit 10% de plus qu’aujourd’hui et autant de personnes en plus sur le routes. D’après une étude citée par le groupe, les bouchons de São Paulo causeraient plus de 30 milliards de dollars de pertes annuelles tandis qu’une autre estimait que les londoniens perdaient environ 35 jours de travail coincés dans les embouteillages. Tout cela sans compter le temps toujours plus long passé à faire la navette, même sans bouchons…

Carte mondiale de la concentration des villes airbusLa réponse du groupe européen

L’une des premières solutions pour fluidifier la circulation urbaine, c’est de s’attaquer directement aux modes de transport. Certains cherchent à optimiser les feux de signalisation et la vitesse de déplacement grâce au Big Data, d’autres veulent tout simplement autonomiser la conduite pour réduire au maximum les accidents et les bouchons (souvent causés par une trop grande différence de vitesse entre les conducteurs)… De son côté, la solution qu’Airbus se propose d’explorer, c’est tout bonnement « de voler au-dessus dus embouteillages en appuyant sur un bouton« .

Plutôt que de chercher à résoudre un casse-tête en suivant perpétuellement les mêmes règles du jeu, Airbus propose de les changer radicalement. En prenant les airs, les véhicules de transport décongestionneraient significativement la circulation au sol.

C’est pourquoi le centre de recherche sur la mobilité urbaine d’Airbus (A3) a lancé le projet Vahana en février 2016, un ambitieux programme qui vise à concevoir et développer une voiture volante individuelle. Le centre de recherche d’Airbus n’a pas été placé au hasard. Au cœur de la Silicon Valley, le groupe peut profiter des plus éminents chercheurs internationaux.  Pour le moment, l’équipe vise le marché de la location de voitures et imagine déjà un système global de location instantanée à l’aide d’un smartphone. Et qui dit global, dit fabrication en masse et donc baisse des coûts de production : « d’ici 10 ans, nous pourrions voire de tels produits sur le marché, révolutionnant la mobilité urbaine pour des millions de personnes » anticipe Rodin Lyassoff, chef du projet.

Des premiers vols test sont d’ores et déjà prévus pour le prototype dès la fin de l’année prochaine puisque les designers et développeurs se sont déjà accordés sur le design du modèle. L’objectif n’est pas si ambitieux : « la plupart des technologies, comme les batteries, les moteurs et l’avionique sont déjà acquises » explique Lyassof. Le principal défi sera d’intégrer les solutions de détection d’obstacles qui existent déjà pour les voitures autonomes.

Le problème ? « Aucun pays au monde n’autorise encore les drones à voler sans pilote au-dessus des villes, avec ou sans passagers » explique Bruno Trabel, ingénieur en chef d’un autre projet. Intitulé Skyways, il projette de déployer des UAV de transport de colis. Mais il l’assure « nous n’avons aucune ambition de devenir le prochain Amazon ou DHL« , mais veulent plutôt en faire leurs clients. L’équipe de Skyways travaille activement avec les autorités régulatrices pour autoriser les vols test. Première victoire à Singapour, ou des livraisons autonomes seront expérimentées sur le campus de l’Université Nationale de Singapour mi-2017.

détails du projet de drone SKyways

Selon eux, si de nombreux constructeurs se lancent sur ce segment considéré jusqu’alors comme non rentable, c’est grâce à l’assouplissement de la législation aérienne mais aussi grâce aux avancées dans les domaines du Big Data et de l’automatisation des systèmes informatiques. Car pour fonctionner, les Google Cars et autres Tesla récoltent avant tout une montagne de données sur la circulation routière. Des données qui, analysées et traitées, permettent ensuite d’améliorer le logiciel en lui apprenant à mieux réagir face à un nombre toujours plus grand de situations.CityAirbus l'hélicoptère particulier de Airbus

Le projet Vahana devrait profiter d’un autre modèle développé par Airbus Helicopter, le CityAirbus. Celui-ci pourrait arriver sur le marché plus rapidement que ses concurrents parce qu’il a justement été étudié pour satisfaire les principales règles aériennes qui en limitent la prolifération. Les chercheurs allemands et français travaillent depuis deux ans sur le prototype et une étude de faisabilité a déjà été menée. Si peu d’informations peuvent à ce jour être dévoilées, les équipes en charge ont précisé les contours du futur déploiement : plusieurs clients pourront réserver une place dans un hélicoptère avec leur smartphone et partager les frais de fonctionnement. Un mode de transport rapide et rentable et à priori éco-responsable puisque partagé, mais cela reste à confirmer.

A l’arrivée, « les contributions de Skyways, de CityAirbus et de Vahana en termes d’acceptation des autorités publiques et du marché permettront d’amener plus rapidement le futur des transports intelligents« . explique Jörg Müller de la section Développement d’Airbus Group.

Il ne reste donc plus qu’à attendre que les premiers vols soient concluants tant au niveau de la sécurité que de l’efficacité des logiciels et des moteurs. La suite en 2017.


Laisser un commentaire

  1. hgkxdlllllllllllllllrui

    vous pouvez fabriquer une voiture qui roule,qui vole et qui flotte (comme un bateau).
    Merci.

  2. Anticipation

    Bonjour, comme je l'ai signalé au ODG d'Airbus, je veux une moto quadricoptère comme les drônes de courses à quatre moteur, la même chose mais à taille et ce le plus rapidement possible...

    Demain nous aurons les compétitions du futurs qui se feront avec des quadricoptère à taille humaine...

    DE toutes façon c'est la voie naturelle, nous sommes de plus en plus à circuler, mais leur systéme de tubes n'est pas bon, oui, oui monsieur les ingénieurs, beaucoup trop d'infrastructures à moins de vouloir faire travailler pleins de secteurs...

    Il faut des routes de plusieurs matérialisées virtuellement avec hud dans le casque pour le quadricoptère moto et sur le parbrise pour la voiture quadricoptère, le but étant de se baser sur les drônes de courses et de créer aussi un championnat pour faire évoluer au plus vite la technologie.

    Voilà c'est assez simple dans le concept, les entrées de voix sont en ascension en bord de "routes", vous vous insérez dans la voie du niveau 4 qui est faite pour allez à tel endroit, etc etc, comme çà plus d'engorgement, si il y a trop de monde on peut autant de niveau que l'on veut pour contrôler au mieux le trafic et limiter d'ailleurs le nombre de véhicules pour la sécurité, etc, etc...