Apple met la main sur la société de machine learning Turi

Le géant de Cupertino poursuit sa conquête de l’intelligence artificielle et acquiert Turi pour un montant estimé à 200 millions de dollars.

Une acquisition inattendue

La firme à la pomme a mis la main sur cette petite société spécialisée en machine learning, qui a opté pour un sobriquet hommage à l’informaticien Alan Turing après trois précédentes appellations : Dato et GraphLab. Et comme à son habitude, Apple est resté très discret sur ses ambitions et projets. A l’occasion d’un court échange téléphonique avec GeekWire, la direction d’Apple n’a donné que cette explication : « Apple achète des petites entreprises de temps à autres, et nous ne discutons pas de nos objectifs ou de nos plans« .

Les informations sur les technologies développées dans les laboratoires de Cupertino nous parviennent au compte-goutte. Cela fait maintenant plusieurs années que l’on sait qu’Apple travaille elle-aussi sur des technologies de voiture autonome. Et pourtant, tout ce que l’on sait jusqu’à maintenant, c’est que son arrivée sur le marché a été retardée d’au moins un an.

Aucune indication précise sur ce que le géant des smartphones et ordinateurs fera de cette petite entreprise spécialisée dans le machine learning depuis sa création comme projet open-source au sein de l’Université Carnegie mellon en 2009. Mais les applications ne peuvent qu’être très variées car Turi se démarque par un portefeuille d’activités assez large. Elle propose déjà ses algorithmes dans un grand nombre de champs d’activités : lecture de texte, classification, partitionnement de données, moteur de recommandation (pour les sites de vente en ligne par exemple)… En bref, l’entreprise développe des intelligences artificielles pour traiter efficacement les données du Big Data et mieux cibler les clients. C’est du moins sur ce segment qu’elle se positionne pour se démarquer de la concurrence. Ses principaux secteurs d’action: le ciblage des consommateurs et la détection de fraude. Et par détection, Turi entend faire de la prévision, exactement comme dans le film Minority Report. En analysant des tonnes d’emails, de transactions et d’activités diverses et variées sur le web, Turi espère pouvoir fournir le logiciel d’anticipation du crime le plus performant.

Une manière, peut-être, de re-sécuriser les services d’Apple, après l’affaire des données cryptées de l’iPhone de l’auteur de la tuerie de San Bernardino, qui l’a embourbé dans une guerre de positions contre le FBI.

L’IA : le nouvel eldorado des investisseurs

L’intelligence artificielle est un concept indéfini, il ne renvoie à rien de concret et englobe au contraire tout un tas de disciplines et d’approches en matière de science informatique. Une science qui peut trouver une multitude d’applications selon les domaines.

Les promesses d’optimisation tenues par les progrès de l’intelligence artificielle ces dernières années sont telles qu’il n’existe plus ou presque de grandes compagnies qui ne l’ont pas encore adoptée. Les ténors du secteur des nouvelles technologies s’engagent dans une concurrence plus féroce que jamais. Ces trois dernières années ont été marquées par une quantité innombrables d’acquisitions.

AI_timeline_active_acquirers

Depuis 2012, ce sont pas moins de 32 acquisitions de start-ups spécialisées dans l’IA. Google a ouvert le bal en 2012 avec CleverSense, avant de mettre la main sur cinq sociétés (DNN Research, DeepMind, Emu, JetPac et Timeful), sans compter les deux sociétés acquises par DeepMind fin 2014 et le récent rachat du français Moodstocks. Sur la seconde marche du podium, le réseau social twitter, qui ne parvient toujours pas à sortir la tête de l’eau mais n’en finit plus d’enchaîner les acquisitions avec notamment Madbits, TellApart, Whetlab, et tout récemment la très en vogue Magic Pony.

IBM n’est pas à plaindre, avec Cognea, Alchemy API et Explorys qui sont passées dans son giron entre 2014 et 2015. Tout comme Salesforce, qui n’a véritablement rejoint la course qu’en 2015 en rachetant TempoAI, MetaMind et PredictionIO.

Mais le nouveau gros concurrent, c’est bien Verizon. Car en acquérant AOL et Yahoo, l’opérateur américain met également la main sur Gravity, Convertro, SocioCast, SkyPhrase, Lookflow et IQ Engines.

Signe de sa combativité, Apple a de son côté croqué les trois entreprises Perceptio (développement d’IA pour smartphones), Vocal IQ (compréhension vocale pour améliorer les interactions homme-machine) et Emotient (détection des émotions de l’utilisateur), toutes fin 2015. Auquel il faut désormais ajouter Turi.

Et tout cela ne concerne que les géants des technologies du web. Car de nombreuses start-up émergent chaque jour dans ce domaine et de l’autre côté du Pacifique, l’IA connaît un retour de flamme. Alors que le géant des télé-communications japonais SoftBank a mis la main sur Aldebaran et annoncé un partenariat inédit avec Honda, c’est son rival Sony qui s’est relancé officiellement dans la course en rachetant la start-up américaine Cogit.AI.

Avis aux amateurs. La société cherche actuellement à pourvoir une dizaine de postes, dont un data scientist, et des développeurs de logiciels UX, visualisation et prédiction.


Laisser un commentaire