Archéologie : Tor Art ou quand les technologies font ressortir Palmyre de terre

Robot de Tor Art reproduit l'arc de triomphe de Palmyre

Tor Art est une société italienne alliant la robotique à la sculpture et spécialisée dans l’application des technologies sur les matériaux de construction tels que le marbre, la pierre et le métal. Au sein du Million Image Database project, mené par l’Institut d’Archéologie digitale d’Oxford, Tor Art lutte pour la protection du patrimoine culturel, notamment au Moyen-Orient. Elle a entièrement reproduit l’Arc de Triomphe du temple de Ba’al de Palmyre, qui a été exposé sur Trafralgar Square à l’occasion de le semaine du patrimoine mondial.

Souvenez-vous, en mai 2015, la ville antique de Palmyre, joyau de la Mésopotamie dont la construction a débuté au Ier siècle de notre ère, tombait aux mains de l’Etat islamique. Petites touches par petites touches, les terroristes ont entrepris de la détruire à l’explosif. En cause, les ornements, assimilés à de l’idolâtrie dans leur vision extrémiste de l’islam.

vestiges de la cité antique de Palmyre

Après dix mois d’occupation djihadiste, la ville est reprise par l’armée syrienne le 27 mars, appuyée par l’aviation russe. C’est l’heure de l’état des lieux. Première surprise, 80% du site archéologique n’a pas été endommagé par l’EI. Joint par Le Monde, Maamoun Abdulkarim, directeur des antiquités et musées de Syrie, explique cette étonnante préservation par la mobilisation des habitants de la ville : « Après les destructions des temples de Bêl et de Baalshamin, de l’arc de triomphe et d’une dizaine de tours funéraires, la cinquantaine de fonctionnaires restés sur place ont mobilisé la population – affirme le directeur – pour faire savoir à Daech qu’il y aurait des manifestations si les destructions continuaient. Elles se sont arrêtées« .

L’Institut d’Archéologie Digitale d’Oxford s’est donc donné pour mission de restaurer la cité antique. Le projet Million Images en collaboration avec l’UNESCO et les Emirats Arabes Unis, a pour ambition de collecter des images en trois dimensions d’objets et de pièces menacées de disparition. Le projet a déjà dépêché de nombreux photographes volontaires à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dont les images sont réunies dans leur banque de données open-source. La reproduction de l’Arc de Triomphe de Palmyre est la première concrétisation de cette démarche internationale. A Londres et à New York, l’Institut a déjà installé deux reproductions de l’Arc de Triomphe, digitalisé puis sculpté dans du marbre de Carrare par un robot ABB, 1800 ans après sa construction.

Pour le faire ressortir de terre, les archéologues ont utilisé une imprimante 3D, et même avec la plus grande au monde, ils n’auront eu d’autre choix que de se contenter d’une reproduction aux deux tiers. Après plus de six heures de montage, l’édifice de 5 mètres et demi de haut pour 11 tonnes fait toutefois son effet sur la place londonienne de Trafalgar Square.

le vrai arc de triomphe de Palmyre

Palmyre reproduction IDA


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