BAE Systems imagine faire pousser chimiquement des drones

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Le groupe de technologies BAE Systems a imaginé un laboratoire du futur où les drones militaires pousseraient dans des cuves grâce à une réaction chimique.

Un programme de recherche pas comme les autres

En prévision du salon international de l’aviation de Farnborough, l’entreprise BAE Systems, connue pour ses travaux de prospectives technologiques comme les UAVs imprimés en 3D prévus pour 2040 a remis le couvert. Une équipe d’ingénieurs et de scientifiques du groupe BAE Systems associée à l’Université de Glasgow a imaginé un système inédit de conception chimique et rapide de drones.

Complètement inédite, tout simplement parce que cette invention est tout droit sortie de l’imaginaire de ces chercheurs qui n’ont de limites que… leur propre imagination. Ce projet s’inscrit dans le programme d’Open Innovation du groupe. Ce dernier vise à échanger et à explorer le potentiel de toutes sortes d’idées et visions sur les nouvelles technologies, entre les grandes entreprises, les universités et les jeunes start-ups innovantes. Si des organisations comme la Fondation Xprize soutiennent également des concours de recherches très poussés dans des domaines encore peu explorés, toutes ces recherches doivent aboutir. Ici il n’en est rien, les organisateurs laissent libre-cours à l’imagination des scientifiques.

La question qu’ils se sont posés était « comment créer des drones spécialement conçus pour un usage bien précis ? ». De là, plus aucune limite, ils sont allés jusqu’à inventer un ambitieux système de production de drones et ce à proximité d’une zone de guerre et dans un temps record. Des engins conçus à la volée pour répondre à des objectifs bien définis et spécifiques à chaque mission. Ces aéronefs seraient fabriqués grâce à une interface de personnalisation simplifiée permettant d’attribuer des caractéristiques lors de leur création… comme dans un jeu-vidéo.

Les drones militaires sur la chaîne de production, prêts à décoller

L’Art de la guerre au XXIe siècle

La plate-forme ainsi imaginée permettrait aux stratèges militaires de créer et de déployer des drones aux particularités propres, l’un plus petit et plus rapide pour partir en reconnaissance dans un milieu hostile, l’autre plus gros pour pouvoir transporter des charges explosives. Qu’importe, l’idée étant que le système réponde à une multitude d’attentes. Et le secteur qui invite le plus les scientifiques à répondre aux attentes les plus difficiles à satisfaire est presque à chaque coup celui du militaire.

Avec des drones « cultivés dans des laboratoires de grande échelle, les processus d’évolution pourraient être accélérés, passant de quelques années à seulement quelques semaines » explique l’entreprise dans un communiqué.

Cette machine révolutionnaire a été baptisée Chemputer™ (contraction de chemestry et computer). Elle serait capable de concevoir et de produire des drones au niveau moléculaire grâce aux avancées majeures réalisées dans la chimie moléculaire. BAE Systems vante ainsi « cette technologie britannique« , qui pourrait « utiliser des matériaux durables et accompagner les opérations militaires dans lesquelles des flottes de petits drones et d’autres technologies seraient nécessaire dans un temps court« .

Sélection des attributs du futur drone

Au professeur Nick Colosimo, ingénieur chez BAE Systems de partager son excitation : « Le monde de l’aviation militaire est en constante évolution et cela a été vraiment excitant de travailler avec des scientifiques et des ingénieurs extérieurs à l’entreprise, et de voir que des technologies purement britanniques pourraient répondre aux menaces militaires du futur« .

Les concepteurs de ce concept voient déjà des flottes d’engins volants tout juste sortis de leur cocon, esquivant des missiles ennemis et intervenant dans un large éventail de missions pour lesquelles une réponse adéquate et néanmoins expéditive est nécessaire.

Si aucune information n’a été dévoilée quant au fonctionnement des bassins de production des drones ni même de la technologie employée, les chercheurs derrière ce projet a priori utopique ne cachent pas leur confiance dans l’avenir de ce dispositif : « Nous avons développé des méthodes pour digitaliser des matériaux synthétiques et chimiques et nous pensons dans le futur pouvoir assembler des objets complexes dans une machine de ce type, ou du moins avec une supervision humaine très limitée » affirme le professeur Lee Cronin de l’Université de Glasgow, en charge du Chemputer™.


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  1. Berlherm

    Ils feraient mieux de se pencher sur des chemputer à buts pacifiques...