Biomimétisme : de minuscules robots-criquets au secours des personnes

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Une équipe de chercheurs de l’Université de Tel Aviv travaille sur des robots-criquet pour servir dans des opérations de secourisme en situations de catastrophes.

Pourquoi le criquet ?

Le biomimétisme ou bio-inspiration est une méthode qui consiste à s’inspirer de la nature pour y trouver des mécanismes efficients. Le processus de sélection naturelle invite les espèces à muter pour affronter leur environnement et à n’en garder que le meilleur. C’est sur cette base que le professeur Ayali, en charge de l’étude, a eu l’idée de s’inspirer du criquet: « Le modèle du criquet, un insecte assez grand et qui présente une extraordinaire faculté à sauter s’est offert à moi comme une incroyable source d’inspiration pour créer un robot sauteur » a t-il expliqué.

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Le robot TAUB, pour Tel Aviv University et ORT Braude College, mesure 12 cm, pèse 23 grammes et peut sauter à plus de trois mètres de haut et plus d’un mètre de longueur, soit deux fois plus que les robots de cette taille ! Pour réaliser ce petit bijou de technologie, les ingénieurs et biologistes ont utilisé une imprimante 3D pour concevoir deux prototypes  de TAUB à partir de plastique ABS.

Ses jambes sont constituées de tiges en carbone et de ressorts en acier. Alimenté par une batterie embarquée, il peut être contrôlé à distance. Pour réaliser ses remarquables sauts, le petit robot s’inspire du même mécanisme qui permet au vrai criquet de sauter. C’est à dire que TAUB emmagasine de l’énergie dans ses jambes grâce aux ressorts, avant de la déployer subitement et de réaliser un saut spectaculaire. Cette performance se déroule en trois étapes. En premier lieu, le robot plie ses jambes, qui sont ensuite calées au niveau des joints. Enfin, le muscle supérieur de la jambe se libère pour relâcher toute l’énergie, propulsant ainsi l’insecte robotique dans les airs. Pour y parvenir, les chercheurs ont équipé TAUB d’un mini moteur qui capte l’énergie mécanique accumulée lors de la première étape du processus.

Pourquoi faire ?

Selon le professeur Ayali, ce type de robot pourrait être très utile lors d’opérations militaires ou de missions de secours. « Dès lors qu’on arrive à créer un système robotisé qui ne requiert aucune intervention de l’homme, il peut être utilisé pour le secourisme ou le nettoyage de fuite d’hydrocarbures par exemple« .

A l’instar des robots-cafards de l’Université de Berkeley, les criquets robotiques de l’université de Tel Aviv pourraient être de formidables moyens de secours pour accéder à des zones hors d’atteinte pour l’homme, que ce soit parce qu’elle sont trop dangereuses comme dans la piscine de refroidissement du réacteur nucléaire n°3 de Fukushima ou parce qu’elles sont tout bonnement inaccessibles.

« Sauter, c’est beaucoup plus utile sur des terrains accidentés, poursuit-il, aujourd’hui il y a beaucoup de drones et de quadrupèdes, mais ils sont très énergivores. A l’inverse, nos robots sont très efficients, offrent un superbe exemple d’innovation inspirée de la nature et pourront être envoyés partout où il est peu recommandé d’envoyer des hommes ou des appareils coûteux« . Car à l’impressionnante habileté du robot-criquet, s’ajoute son coût de fabrication relativement faible. Le robot-criquet pourrait revenir à 100$ s’il était commercialisé, ce qui permettrait à des organisations en tout genre de le déployer en grand nombre, quelque soit leur mission. Mais pour le moment, l’équipe de scientifiques cherchent de nouveaux financements pour améliorer et diversifier les compétences de sauteur du robot TAUB, et peut-être même de lui permettre de voler en trouvant des moyens de le stabiliser en plein vol.


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