Black Dart : Une convention sur les moyens de défense contre les drones

Black Dart : Une convention sur les moyens de défense contre les drones

Alors que l’actualité regorge de faits divers et d’incidents comprenant des drones, depuis le survol de centrales nucléaires en France jusqu’à l’interruption d’un meeting d’Angela Merkel en Allemagne, en passant par l’atterrissage d’un drone sur la pelouse de la Maison Blanche, la convention sur les dispositifs anti-drones Black Dart a ouvert aujourd’hui.

La base navale de Ventura County en Californie accueille, à partir d’aujourd’hui et pendant deux semaines, la convention Black Dart. Cette convention est fermée au public et, pour la plus grande partie, aux médias. Elle sera l’occasion pour plusieurs entreprises américaines d’effectuer des tests sur les technologies et les stratégies disponibles pour combattre les drones. Cette 14ème édition est consacrée principalement aux drones miniatures en raison d’incidents fréquents les impliquant.

L’armée américaine classe les drones en 5 groupes, allant du groupe 5, les drones pesant plus de 600 kg et pouvant voler à plus de 5 500 mètres, jusqu’au groupe 1, les drones miniatures, pesant moins de 10 kilos et volant à une altitude maximum de 365 mètres. Si la plupart des récents incidents sont sans conséquence, un rapport du gouvernement britannique indiquait une crainte qu’ISIS n’utilise des petits drones pour des attentats à la bombe lors de festivals.

Le drone américain Reaper

Si peu de pays ou de groupes terroristes sont capables de mettre au point des drones militaires, n’importe qui peut acquérir un drone de catégorie 1 et le transformer en arme. Ainsi, en 2012, Rezwan Ferdaus, un ancien étudiant de la Northeastern University, a été condamné à 17 ans de prison pour avoir planifié un attentat au C4 réalisé à l’aide de drones sur le Capitol et le Pentagone. Selon le commandant Gregg Scott, de l’armée de l’air états-unienne, « même si [ils] se sont intéressés à cette menace, celle-ci a pris un caractère urgent très nouveau. »

La première convention Black Dart a eu lieu en 2002, sous l’égide de la Defense Intelligence Agency, l’agence du renseignement de la défense américaine. En 2014, la direction de l’évènement est confiée à la Joint Integrated Air and Missile Defense Organization (JIAMDO), le programme joint de défense antiaérienne et anti-missiles. Cette même année, un groupe restreint de médias est invité une journée pour « faire savoir aux gens que le département de la Défense est au courant du problème » et « travaille sur des solutions », selon le commandant Scott.

Infographie des catégories de drones

L’édition 2015 comprendra les test de 55 systèmes de défense. La JIAMDO fournira quelques drones « ennemis » pour les tests afin de tester les différents systèmes de radar, lasers, missiles, armes à feu et autres technologies anti-drones développées. Cette convention présente toutefois un avantage pour les constructeurs, puisqu’il ne s’agit pas d’une étape de vérification de l’avancement du développement des technologies. Ainsi, un test raté n’impliquera pas le gel des subventions, mais uniquement plus de données pour continuer le développement.

Un millier de personnes est attendu à la convention, qui bien que non-secrète, n’en est pas ouverte au public pour autant. De même, les médias n’auront pas accès à toutes les démonstrations. La plupart des systèmes et des mesures développés restent classifiés. Selon le commandant Scott, le principal problème réside dans « l’évolution constante de la technologie. Même en continuant à effectuer des recherches et des tests, il n’y aura jamais un moment où [ils s’arrêteront] en disant : C’est bon, on a la solution ultime. »


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