Boris le robot qui vous débarrasse la table !

Le robot que tout le monde attendait : Boris s’occupe d’une des tâches ménagères les plus détestées de tous. Ce robot expérimental ne va pas tarder à savoir remplir un lave-vaisselle.

Sa mission : remplir le lave-vaisselle avec des assiettes, des couverts et des verres sales. Ce robot insolite à deux bras de la marque Kuka et développé par des chercheurs de l’Université de Birmingham, est l’un des premiers robots au monde à être capable de manipuler des objets disparates avec autant de dextérité.

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C’est dans le cadre de la Fête de la Science en Grande-Bretagne, que Boris a été présenté au grand public à Londres, après cinq années de développement et 350 000 £ investies.

Le professeur Jeremy Wyatt de la School of Computer Science explique que son robot voit les objets grâce à des capteurs situés sur son visage et ses poignets. En moins 10 secondes, il calcule jusqu’à un millier de façons de se saisir d’un objet avec ses cinq doigts actionnés par vingt moteurs (quatre dans chaque doigt), et prévoit la trajectoire de son bras en considérant même l’éventuelle présence d’obstacles. Il n’est pas programmé pour vider le lave-vaisselle mais pour apprendre à le vider.

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Pour ce faire, Boris procède par ressemblance. Sa tête possède cinq caméras (deux grand-angle, deux haute-définition et un capteur de profondeur pour évaluer les distances) et trois ordinateurs. Chaque ordinateur contrôle une partie du corps : un pour la tête et le traitement des images, un deuxième pour les mains et le dernier pour le reste du corps. Les poignets possèdent eux aussi deux capteurs de profondeur de sorte que Boris puisse ajuster l’orientation de ses mains à l’approche d’un objet. Si ce dernier présente une forme similaire à quelque chose dont le robot connaît la prise, il va s’en saisir de la même façon. Les bras peuvent porter jusqu’à 15 kilos chacun.

L’équipe espère que Boris sera capable de remplir un lave-vaisselle d’ici avril 2015. Il saura identifier des objets dispersés sur une table, les attraper et les placer aux endroits encore disponibles dans le lave-vaisselle.

Le but d’un tel développement n’est pas de créer un assistant robotique qui s’occupe des tâches ménagères à la place des hommes, bien entendu. Mais ce qui intéresse ici les scientifiques est comment arriver à concentrer dans un seul robot, toutes les facultés de manipulation auxquelles l’homme fait appel lorsqu’il remplit un lave-vaisselle.

Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que Boris remplisse correctement un lave-vaisselle. Il ne sait pas se servir de son bras gauche par exemple. Et l’une des manipulations les plus complexes à lui faire apprendre sera de lui permettre de passer un objet d’une main à l’autre. Deuxième point : il n’a pas encore le sens du toucher, primordial pour la maîtrise de sa force.

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L’objectif final est de construire des robots suffisamment flexibles pour s’adapter aux contraintes qui les entourent, c’est-à-dire, celles que nous rencontrons au quotidien. Ainsi, ils pourront s’introduire dans nos usines (comme les robots collaboratifs), nos bureaux (comme les robots de télé-présence), nos hôpitaux (comme les robots GoCart qui distribuent les plateaux-repas).

Boris a fait l’objet d’un brevet. Il fait partie d’un projet à échelle européenne, le projet Pacman, qui est soutenu par des fonds de l’Union européenne et dans lequel collaborent les chercheurs des universités de Pise, Italie, et d’Innsbruck en Autriche.

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Le-robot-Boris-qui-ouvre-une-bouteille-de-coca

main-qui-tient-une-cafetière

main-robot-qui-tient-une-tasse

robot-qui-tient-un-pot-au-lait

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