Des chercheurs européens donnent le sens du toucher à des robots

Imaginez les progrès que l’on pourrait faire faire aux robots si ces derniers étaient dotés du sens du toucher. Ils pourraient évoluer parmi nous en toute sécurité et s’intégrer dans différentes applications (industrielles, médicales, ménagères).

Les robots commencent déjà à mieux reconnaître les objets et même à anticiper nos actions, mais si on leur donnait en plus la capacité de toucher, on ferait un bond en avant vers des machines intelligentes capables de travailler dans n’importe quel environnement et de s’associer entre elles ou de collaborer avec les humains.

C’est dans ce sens qu’un projet de recherche financé au niveau européen est en train de porter ses fruits. Il s’agit du projet RoboSKIN, qui consiste à créer des nouveaux capteurs permettant aux robots de détecter des sensations liées aux éléments extérieurs. Cette peau artificielle s’inspire du réseau nerveux que nous avons chacun au bout des doigt et qui nous permet de toucher et sentir les choses.

Ce n’est pas le seul projet puisqu’aux Etats-Unis des travaux sont en cours, mais celui-ci va un plus loin.

Les nouvelles technologies s’invitent aussi dans les capteurs

Les chercheurs ont testé différentes technologies de capteurs, de la plus basique à la plus complexe, comme les matériaux piézoélectriques et les semi-conducteurs organiques flexibles.

« Dans un avenir proche, nous verrons de plus en plus de matériaux piézoélectriques qui peuvent agir comme des capteurs, car ils réagissent aux changements provoqués par le contact avec une force extérieure », prévoit le professeur Giorgio Cannata, coordinateur du projet. « Les capteurs utilisant des semi-conducteurs organiques vont changer notre futur, car il sera possible d’imprimer les puces sur différentes surfaces organiques comme les peaux artificielles ou les matériaux pliables. Et une fois que cette technologie sera produite à grand échelle, elle sera très bon marché. »

Cette peau artificielle faite de matériaux piézoélectriques collecte l’information et la traite grâce à un petit logiciel applicatif intégré. La difficulté est de réussir à distinguer les différentes sensations de toucher et les classer dans une base de données tactiles qui s’enrichit au fur et à mesure que le robot découvre de nouvelles sensations.

« Nous avons opté ici pour une programmation qui passe par la démonstration et une sorte de jeu qui aide le robot à apprendre au fur et à mesure par le sentiment, la pratique et l’interaction », explique Giorgio Cannata. « Nous avons dû générer un degré de conscience dans les robots pour les aider à réagir aux événements tactiles et au contact physique avec le monde extérieur ».

Les différentes équipes ont d’abord testé les capteurs dans leurs laboratoires respectifs en Italie, Grande-Bretagne et Suisse. Ils ont commencé par classer les différents degrés de toucher et sensations (froid, chaud, rugueux, doux…) dans une matrice puis construit une « carte du corps » du robot avec différents points de contact (pieds, joues, bras).

Dans un deuxième temps, le projet RoboSKIN est sorti des laboratoires et a été testé sur Kaspar, un robot humanoïde de l’Université de Hertfordshire conçu pour aider les enfants autistes à mieux communiquer.

Nouvelle méthode de production

Les capteurs tactiles ne sont pas une chose nouvelle, mais le projet RoboSKIN innove en proposant une méthode de fabrication du sens du toucher adaptable à différents robots. Encore au stade de pré-commercialisation, cette technologie pourrait fortement intéresser les industriels dans un premier temps.

Pour montrer la compatibilité avec d’autres plateformes robotiques, l’équipe est ouverte à toute proposition de tests sur d’autres robots. Par exemple, l’Institut Italien de Technologie leur a demandé à tester cette peau artificielle sur son robot iCub.


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  1. Humanoides.fr

    Regardez plutôt du côté de ce genre d'appareil, plus approprié pour les enfants.