Des chercheurs japonais s’intéressent aux relations entre les robots et les enfants

Des chercheurs japonais s'intéressent aux relations entre les robots et les enfants

Alors que les robots deviennent un élément de notre quotidien, plusieurs questions font surface. Devons nous craindre que les robots ne se soulèvent contre les humains ? Quel modèle économique se mettra en place avec la robotique ? Mais aussi : Les robots peuvent-ils faire confiance aux humains ? L’exemple de hitchBOTmontre que comme toujours, on ne peut faire confiance à tout le monde. Des chercheurs japonais, eux, se sont intéressés à la relation entre les enfants et les robots.

Les chercheurs, des employés du laboratoire ATR de Robotique Intelligente et de communication ainsi que des universités de Ryukoku, Osaka et Tokai, ont réalisé deux études sur le sujet. La première, intitulée « Escaping from Children’s Abuse of Social Robots (Echapper à la maltraitance de robots sociaux par des enfants) avait pour but d’analyser les comportements de enfants face au robot et de mettre au point un système d’évasion pour le robot. La deuxième, intitulée « Why Do Children Abuse Robots ? » (Pourquoi est-ce que les enfants maltraitent les robots ?) consistait à interviewer les enfants ayant maltraité le robot pour s’intéresser à leurs raisonnement.

Le robot utilisé pour l’étude est un modèle Robovie-2, un modèle qui avait déjà été utilisé pour une étude sur les relations entre les enfants et adolescents avec les robots. Le robot se déplaçait de façon autonome dans un centre commercial et, lorsqu’une personne se trouvait sur son chemin, il lui demandait poliment de le laisser passer. Si l’humain n’écoutait pas, le robot se déplaçait dans la direction inverse. Au fil de l’étude, les chercheurs ont remarqué que les enfants avaient une tendance très forte à maltraiter le robot. Particulièrement lorsqu’ils étaient en groupe et sans adulte.

Les enfants bloquaient le chemin de Robovie-2, refusant de se déplacer pour le laisser passer. Mais ils allaient aussi jusqu’à l’insulter, l’un des chercheurs a noté qu’un enfant a traité 8 fois le robot « d’idiot », le frapper, lui donner des coups de pied et même lui lancer des projectiles. Le but du projet étant de mettre un système d’évasion, les chercheurs ont développé une simulation et un modèle statistique des sévices infligés par les enfants. Il en est ressorti que les enfants adoptaient un comportement agressif quand ils étaient en groupe sans adulte. Les chercheurs ont ensuite conçu un algorithme pour permettre au robot d’échapper aux humains miniatures.

Robovie le robot "victime"

Pour l’algorithme, il s’agit réellement d’humains miniatures, puisque le robot est programmé pour s’éloigner des humains mesurant moins d’un certaine taille et se rapprocher de personnes plus grandes. L’algorithme calcule à chaque rencontre la probabilité de maltraitance, en se basant sur la durée de l’interaction, la densité de la foule et la présence de personnes mesurant plus ou moins d’1m40. Si l’algorithme définit un danger statistique pour le robot, celui-ci change sa direction pour se diriger vers un endroit plus fréquenté ou vers des personnes plus grandes.

La deuxième étude, basé sur la même expérience, s’intéressait aux raisons des enfants. En interviewant les enfants qui avaient maltraité le robot, les chercheurs ont pu mieux comprendre ce mécanisme d’agression. 74 % des enfants ont décrit le robot comme étant « humain » et 13 % comme ressemblant à une « machine ». La moitié a déclaré penser que leur comportement était « stressant ou douloureux » pour le robot. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’empathie serait une caractéristique que les humains apprendraient en grandissant. Ceci rejoindrait une étude menée par le chercheur Kate Darling du MIT qui s’intéressaient à la capacité d’un adulte à maltraiter un robot. Dans cette étude, la plupart des participants avaient refusé de frapper leur robot, prouvant que l’empathie s’applique aussi aux robots.


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