Chirurgie robotisée et accidents : un rapport américain pour optimiser les usages

An American study on surgical complications due to robotic assistants

La robotique prend de jour en jour une place plus importante dans le domaine médical. Depuis les robots coursiers qui transportent des médicaments jusqu’aux robots chirurgiens en passant par les robots d’assistance à la personne, les nouvelles technologies ont complètement changé la donne. Une étude américaine publiée le 13 juillet sur le site arXiv s’est intéressée aux complications et accidents chirurgicaux liés aux robots médicaux.

L’étude a pour objectif d’analyser tous les accidents liés aux robots chirurgicaux, aussi bien les simples dysfonctionnements rallongeant la procédure, que les blessures imprévues ou les décès de patient. Depuis 2007, 1,74 millions de procédures robotisées ont eu lieu selon l’étude. L’analyse des accidents portant sur une période rallongée (de 2000 à 2013), le nombre d’accidents se rapporte à un total de procédures de plus d’1,7 millions. Sur cette période, les chercheurs ont relevé 10 624 accidents liés aux robots dont 75,9 % (soit 8 061 cas) sont des dysfonctionnements des appareils, 13,1 % des blessures du patient (1 391 cas) et 1,4 % des décès de patient (144 cas).

Les robots, les chirurgiens de demain

A noter que l’étude concerne uniquement les Etats-Unis et se base sur les chiffres partiels, parfois contradictoires, mis à disposition par la FDA (Food and Drug Administration) depuis 2004. Pour les chiffres entre 2004 à 2009, il s’agit donc d’estimations sur le nombre total de procédures. De plus, l’étude n’offre aucune comparaison avec le nombre de procédures du même type effectuées sans l’aide d’un robot.

L’étude note aussi que selon la spécialité, le nombre d’accidents change. Ainsi, dans le cas de spécialités chirurgicales où l’usage d’un robot est fréquent, comme en gynécologie ou en urologie, le nombre moyen de complications est plus bas (106,3), quand dans des secteurs moins habitués aux robots comme la cardiologie ou les services cervico-facial, le nombre d’accident moyen double (239,9). Dans 10,4 % des cas, l’accident a interrompu la procédure, forçant à redémarrer le système (3,1 %), à passer sur un mode opératoire manuel (7,3 %) ou à repousser l’opération (2,5 %). L’étude note toutefois que le nombre moyen d’accidents par procédure est resté relativement constant depuis 2007, avec 83,4 accidents par an. Les chercheurs ont identifié 5 types d’erreurs récurrentes : les erreurs systèmes, les problèmes d’image/vidéo, la chute de pièces dans le patient, les brûlures ou arcs électriques causés par l’appareil ainsi que des opérations non désirées par l’opérateur.

L’étude conclut toutefois en proposant quelques mécanismes de sécurité à mettre en place pour optimiser l’utilisation de robots chirurgicaux. Les chercheurs citent par exemple la mise en place de nouveaux outils de surveillance afin de pouvoir suivre l’avancée de la procédure et de donner un feed-back détaillé au chirurgien, la création de modèles 3D des organes opérés ainsi que des zones à risque aux alentours afin de limiter les mouvements dangereux ou bien encore des interfaces homme-machine plus complètes et des simulateurs, pour entraîner les équipes à réagir à un éventuel problème technique.

Ajoutons à cela le fait que la chirurgie robotique est plus précise que la chirurgie manuelle, le robot permettant d’éviter les tremblements par exemple. De plus, la chirurgie robotique est généralement moins douloureuse pour le patient et nécessite un temps de convalescence plus court. Si cette étude est intéressante, puisqu’elle nous permet de définir les zones à risque lors de ce genre de procédures et les domaines à améliorer, il faut tout de même rappeler que toute procédure chirurgicale comporte des risques et que la robotique, avec le temps, permettra de réduire encore ces risques.


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