Avec TrashBot, CleanRobotics veut trier les déchets automatiquement

Le concept peut vous sembler moins révolutionnaire que les muscles artificiels récemment inventés par le Wyss Institute et moins disruptif que l’internet des objets… Et pourtant, avec son robot trieur de déchets, TrashBot pourrait bien changer la face de notre planète.

Qui n’est pas resté perplexe devant ses poubelles, une canette en aluminium à la main ? La jaune ? La orange ? La bleue ? Ces poubelles de tri ont envahi nos maisons et nos rues et pourtant, l’on ne sait que trop rarement dans laquelle jeter tel ou tel type déchet… Et ça, c’est lorsque l’on a déjà décidé de faire un minimum attention, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. D’autant plus que les couleurs et les règles diffèrent selon le lieu où vous vous trouvez. Des règles qui dépendent du système de recyclage local.

« Le vert, c’est la couleur de l’argent [le billet vert], mais aussi celle de l’environnement ! »

Pour répondre à cette multiplicité de règles et surmonter les obstacles qui freinent le recyclage de nos déchets, la start-up Clean Robotics n’officie pas dans les aspirateurs robots, non, elle propose un prototype de robot trieur de déchets pour un recyclage optimal. Si l’on veut instaurer des boucles d’économies circulaires, le parcours ne doit comporter aucune faille, sans quoi la boucle dans son ensemble s’écroulera. Selon les chiffres avancés par CleanRobotics, près de la moitié des millenials américains estiment que la gestion verte est une valeur qui a plus d’importance qu’il y a deux ans. Et d’ajouter que 66% des sondés se disent plus enclins à acquérir des biens et services qui proviennent d’une entreprise verte. La start-up se saisit donc d’un créneau double, car la gestion écologique d’une entreprise présente désormais un avantage économique et symbolique et donc marketing.

Fondée par une équipe cosmopolite et complémentaire, l’entreprise est dirigée par Vaish Krishnamurthy, diplômée d’un master en ingénierie électronique. Elle est accompagnée de Charles Yhap, qui dispose d’une longue expérience dans les domaines de la protection des droits de l’homme et de l’environnement. Quant au CTO et co-fondateur, Koushil Sreenath, il est professeur d’ingénierie mécanique et a déjà conçu un robot bipède. Enfin, pour la partie marketing et communication, c’est une ancienne d’IBM et de Microsoft qui s’y colle. L’équipe établie à Pittsburgh au Royaume-Uni fait partie de l’accélérateur de start-ups HAX et a déjà rassemblé plus de 100 000 $ pour concevoir son prototype, qui a déjà bien avancé.

TrashBot ne désigne pas un système global de traitement des déchets mais bien un robot à installer dans chacune de nos cuisines et qui triera localement les déchets de chaque foyer. Il est non seulement capable d’identifier les différentes natures de déchets (métal, papier, biologique…), mais il vous permet également de monitorer votre consommation en fournissant des informations précieuses sur votre mode de vie. TrashBot c’est donc le meilleur moyen de se débarrasser d’une corvée tout en adoptant une consommation intelligente et responsable.

Comment Vaish Krishnamurthy en est-elle venue à créer cette start-up spécialisée dans le traitement des déchets, elle qui prétend n’avoir aucune connaissance spécifique dans le domaine ? « Tout simplement grâce à la façon dont j’ai été élevée. En Inde, où je suis née, ma mère s’est toujours assurée que rien ne finisse à la poubelle. Tout était réutilisé. Je portais les t-shirts de ma mère après que mes deux grandes sœurs les ont portés » explique-t-elle dans un billet posté sur le blog de l’entreprise. « Tout ce que nous ne mangions pas était donné aux vaches ou aux mendiants« . Le problème qu’elle a rencontré par la suite, et comme la majorité des foyers indiens, c’est que ce système D du recyclage, ne permettait plus de traiter les déchets modernes, comme l’électronique.

Une invention qui pourrait également bénéficier à la France. Mauvais élève européen en la matière, le français produisait 518 kg de déchets en 2013. Mais ce chiffre est à la baisse. Depuis le pic de 543 kg atteint en 2007, la quantité de déchets par habitant a continuellement diminué jusqu’à atteindre les 518 kg de 2013. Avec 344 millions de tonnes de déchets produites en 2012, la France reste le deuxième pays qui produit le plus de déchets derrière l’Allemagne et ses 366 millions de tonnes. Un chiffre qui s’explique évidemment par la population et le dynamisme économique de ces deux pays. Mais la France ne se classe qu’au 10e rang européen des pays les plus verts si l’on prend en compte le taux de recyclage des déchets, qui n’était que de 60% en 2010. En cause justement ? Le tri sélectif, arrivé tardivement dans le pays et qui « n’est pas encore ancré dans les mentalités, ce n’est toujours pas un réflexe pour les français, c’est pourquoi il faut continuer à communiquer sur la question« , expliquait un responsable de l’ADEME à France 24 lors de la COP21.

L’équipe ne saurait pas encore donner de chiffres précis sur l’impact de leur produit sur le taux de recyclage, mais une chose est sûre « cela ne peut pas être pire que les 20-30% de déchets recyclés actuellement aux États-Unis…« . Une invention qui sera sans aucun doute assez coûteuse et donc en priorité à destination des pays développés. Mais ça tombe bien, une étude a montré que la quantité de déchets produits par les dix premiers pays producteurs (parmi lesquels les États-Unis et la France) comptaient à eux seuls pour autant que le reste du monde…


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  1. titainbicou

    quand on aura mis le poids des déchets en mettant la part qui revient aux particuliers ce sera juste .
    par contre je voudrais voir la part des déchets des industriels et des professionnels de bouche.
    l'emballage a aussi un grand avenir dans les déchets.
    pour finir,pourquoi a t on arreté la consigne des bouteilles? mettez une consigne sur l'achat d'une canette de biere ,vous n'en trouverez plus a trainer ,donc du mieux pour la commune .