CNN recrute une équipe de reporters pilotes de drones

vue aérienne d'un village après le séisme au népal

La chaîne d’information câblée américaine fait un pied de nez à la presse traditionnelle en ouvrant une division dédiée à la capture d’image aérienne.

Le journalisme face aux nouvelles technologies

Pépinière des nouveaux produits et services, les Etats-Unis sont le principal moteur de l’innovation technologique mondiale. Si le numérique a ouvert bien des portes et permis aux journaux d’innover en matière de création de contenus (on pense notamment aux quelques web-documentaires qui apparaissent ici et là et aux travaux de datajournalisme), rares sont ceux qui ont su tourner la page, et plus rares sont ceux qui ont su en tirer un bénéfice réel. Aux Etats-Unis, le nombre de journalistes de presse quotidienne est passé de 56,900 en 1990 à seulement 32 000 en 2014. De l’autre côté, un certain nombre de nouveaux titres sont apparues exclusivement sur le web : Slate.fr, le Huffington Post et autres Vice News et Buzzfeed.

Mais les grands médias historiques n’ont pas pour autant lâché prise. Cette semaine, le quotidien français Le Parisien annonçait la refonte de sa maquette et de son offre digitale, quand les rédactions de France Télévision et de France Info ont fusionné pour donner vie à une chaîne d’information en continu mais aussi à un site web unique.

Mais c’est bien aux Etats-Unis que les médias se sont le mieux appropriés les nouvelles technologies. En atteste le logiciel Wordsmith, devenu le plus fidèle rédacteur de l’agence Associated Press. Plus récemment, il y a eu l’embauche d’un bot pour rédiger les annonces de résultats sportifs des Jeux Olympiques de Rio par le Washington Post, très bien placé en matière d’innovation éditoriale.

Evidemment, la technologie comporte son lot de bouleversements en bien comme en mal, reste encore à savoir comment se l’approprier sans dénaturer sa ligne éditoriale mais en parvenant tout de même à attirer un lectorat plus volatile que jamais.

CNN ouvre sa première équipe de pilotes de drones

Cela, la chaîne d’information The Cable News Network l’a bien compris. C’est pourquoi elle a décidé de s’emparer pleinement d’une des technologies les plus en vogue : le drone.

Formidable extension de l’oeil humain, le drone permet à quiconque d’offrir des points de vue imbattables et d’accéder à des endroits a priori inatteignables. Qu’il s’agisse de filmer des foules de manifestants, des rencontres sportives ou bien des paysages insolites, les UAV offrent une perspective nouvelle et à bas coût. De quoi séduire les chaînes télévisées d’information, en quête d’une variété de plans toujours plus grande.

Le 18 août dernier, CNN annonçait la création de sa première équipe de reporters de l’air. Ce « régiment », baptisé CNN Aerial Imagery and Reporting (CNN AIR), ne sera pour le moment constitué que de deux pilotes à temps-plein. C’est peu, surtout pour une chaîne qui diffuse dans plus de 200 pays et dans plus de cinq langues.

« La façon dont CNN développe des technologies de pointe pour rapporter des histoires fait intégralement partie de notre ADN » assure Terence Burke, président de la collecte d’informations nationales de la chaîne.

A défaut de les développer, la chaîne s’est emparée des nouvelles technologies au moyen du premier partenariat associant un média et une école, puisque, en 2014, CNN a lancé un programme de recherche conjointement avec le célèbre Institut Georgia Tech. Un engagement qui devait se solder par la communication à la Federal Aviation Administration des données de vol et des recherches, agence qui a d’ailleurs sélectionné la chaîne parmi ses trois premiers « éclaireurs » pour avoir développé des moyens de récolte d’informations sûrs et innovants.

La chaîne américaine avait déjà par le passé fait appel au service de pilotes d’UAV, pour couvrir le scandale de l’empoisonnement des eaux de Flint, ou bien pour dévoiler l’ampleur des dégâts causés par les inondations en Louisiane, de même que pour filmer les conventions démocrates et républicaines pour la nomination des candidats à la Maison-Blanche. Mais si elle a attendu aussi tard pour créer sa propre division de reporters aériens, c’est parce qu’elle attendait la publication de la réglementation des vols de drones à usage professionnels par la FAA en juin dernier.


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