Comment de l’urine pourrait faire avancer les robots

C’est peu ragoutant mais pourrait s’avérer très utile. Un mélange d’urine, d’eaux usées et de matière en décomposition pourrait être une excellente source d’énergie pour les robots.

Il s’agit d’un travail de recherche réalisé par une équipe de scientifiques du Laboratoire de Robotique de Bristol (Royaume-Uni). Ils ont lancé en 2002 le projet Ecobot (qui en est à sa version IV), une plateforme de test pour machines à alimentation autonome. Grâce à lui, les chercheurs britanniques espèrent que leurs robots seront un jour capables de travailler sans interruption dans des zones dangereuses ou polluées. Comment ? En cherchant par leurs propres moyens de quoi produire de l’énergie pour s’auto-alimenter.

humanoides_fr_ecobot_robotics_lab_bristol

Une fois qu’il a trouvé une source de carburant, un égout par exemple, Ecobot pompe le liquide dans un réacteur biochimique appelé une pile à combustible microbienne. Par décomposition de la matière organique, des électrons se libèrent et produisent de l’énergie qui recharge les batteries du robot. Le laboratoire a récemment fait une démonstration de ce concept en utilisant de l’urine pour recharger un téléphone mobile.

Mais cette pompe électrique traditionnelle se bloquait fréquemment et tombait souvent en panne. Les scientifiques ont eu l’idée d’utiliser l’impression 3D pour se fabriquer une pompe sur mesure. Conçue sur le modèle du coeur humain, celle-ci se compose d’une cavité en acrylique, des tuyaux souples en silicone et de muscles artificiels à base de fibres en nickel-titane.

L’urine et les excréments laissent un dépôt riche en phosphates et ammoniac – appelé struvite – dans les pompes et les tuyaux. La pompe imprimée en 3D isole ce dépôt dans le fond plutôt que de bloquer la circulation du fluide.

Problème : cette pompe est sept fois moins efficace qu’une pompe normale… Mais l’équipe de Bristol compte bien poursuivre ses recherches pour aboutir à un Ecobot entièrement autonome.


Laisser un commentaire