Comment et pourquoi MakerBot a abandonné la production de ses imprimantes 3D

Les fondateurs de MakerBot

Pour une entreprise spécialisée dans l’impression 3D, c’est le comble. Et pourtant la start-up New Yorkaise, fondée en 2009, a mis fin à la production de ses propres imprimantes. En cause, un changement de stratégie et de positionnement sur le marché initié par la privatisation de l’entreprise.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. En 2007, Bre Pettis, Adam Mayer et Zachary Smith fondent à Brooklyn une organisation à but non lucratif animée par un principe novateur et généreux : l’open-source. Initialement, MakerBot n’est donc pas une société privée, c’est une organisation vouée à propulser l’impression 3D open-source. Sous l’impulsion de Zachary Smith, l’organisation se lance pourtant dans le business, et elle devient en 2009 MakerBot Industries.

Les limites économiques du business fondé sur l’open-source

En 2012, dans une histoire digne des mythes de la Silicon Valley, Zachary Smith est « éjecté » de la direction de l’entreprise par ses nouveaux investisseurs, The Froundy Group. En cause, un désaccord de principe sur l’open-source, idéal fondateur et moteur de MakerBot néanmoins relégué au second plan.

En Juin 2013, Stratasys fait main basse sur MakerBot au cours d’un échange d’actions estimé à 400 millions de dollars. L’entreprise fondée par Bre Pettis sur l’idée de l’open-source subit un nouveau coup décisif.

Le fondateur a ainsi pris un nouveau poste chez Stratasys en laissant sa place à Jenny Lawton puis Jonathan Jaglom, tout droit venu de Stratasys. C’est ce dernier qui a débouté un cinquième de ses employés en avril 2015. La raison du départ d’une centaine d’employés ? La volonté de restructuration du groupe autour des activités de Stratasys.

Plus récemment, en février 2016, des indices semblaient indiquer un futur abandon de la branche impression 3D par MakerBot qui avait signé avec son partenaire Stratasys un partenariat de ventes (sales partnership). Celui-ci visait à améliorer la capacité de vente additionnelle ou cross selling de leurs produits, alors que MakerBot lançait un programme de formation pour initier les revendeurs de Stratasys aux produits MakerBot. Le but étant naturellement de se repositionner sur la chronologie de leurs produits, de la conception, à la distribution en passant par la production et de faciliter leur parcours. A quoi bon posséder deux constructeurs d’imprimantes 3D au sein du même groupe, semble avoir pensé la direction de Stratasys.

Imprimante 3D MakerBot à l'ouvrage

Imprimante 3D MakerBot à l'ouvrage

Un marché contingent en pleine croissance

« Aujourd’hui, nous assurons encore une fois le futur de MakerBot. Nous avons décidé de nous associer à Jabil, l’un des plus grands concepteurs de solutions de manufacture, pour la production des imprimantes 3D MakerBot » explique l’entreprise sur son site.

« Il s’agit de décisions de réorganisations qui participent du développement progressif de MakerBot » ajoute David Reis, patron de Stratasys. L’entreprise se targue d’ailleurs d’une croissance de plus de 600% sur la période 2012-2014. Alors que l’entreprise a passé le cap des 100 000 unités vendues le 5 avril dernier.

Le marché de l’impression 3D demeure un marché d’avenir. Selon une récente étude de MarketsandMarkets, le marché de l’impression 3D devrait peser plus de 30 milliards de dollars d’ici 2022, avec une croissance annuelle d’environ 28% tout spécialement en Asie et dans le secteur de l’éducation. Selon un autre rapport de Gartner, les ventes d’imprimantes 3D devraient doubler en 2016 par rapport à 2015, et les produits à moins de 1000$, le marché sur lequel MakerBot était l’un des rares à se positionner, devraient représenter 40% des ventes d’imprimantes d’ici 2019. De quoi entrevoir un avenir plus radieux pour l’entreprise qui justifie ce repositionnement stratégique par l’extrême volatilité de ce marché encore naissant.

AM-Adoption-Timeline

Lire le post de contestation de Zachary Smith lors de son éjection de MakerBot.


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  1. Pandaroux

    Je trouve qu'il manque la dimension "communautaire" dans ce synopsis.
    Makerbot a levé ses premiers fond via crowfunding avec la promesse d'open source. Ils avaient un dépôt de design 3d pour que la communauté puisse y déposer ses design imprimable sous creative common et l'entreprise c'est tout approprié... Makerbot qui était l'un des pionniers des imprimantes 3D libertaire est devenu l'entreprise à fuir pour toute communauté de geeks et de hack (le centre du marché de l'imprimante 3d)...
    un témoignage en parlant :
    http://www.tridimake.com/2014/06/do-not-buy-makerbot-3d-printers.html