Comment Google a testé l’efficacité de ses textiles connectés

Google a testé l’efficacité de ses textiles connectés grâce à un robot KUKA. Résultat ? C’est vraiment pas de la camelote !

Relier votre smartphone à votre pantalon ? C’est l’idée du projet Jacquard de Google. Ce projet est mené dans le laboratoire Advanced Technology and Project de Google (ATAP), un équivalent de Google X, en moins énigmatique et plus prosaïque. Il s’agit en réalité d’un skunkworks, du nom de ces structures plus petites (une centaine de personnes pour ATAP) mais surtout plus libres, et qui développent des projets innovants de façon plus indépendante vis-à-vis de la compagnie mère. On peut citer à ce titre les exemples d’XP-80 Shooting Star mené par le Lockheed Advanced Developement Projects dans les années 1940, ou bien le PC d’IBM et enfin le service de messagerie électronique Gmail. Mais Google a de quoi tuer la concurrence, aujourd’hui, l’entreprise désormais rattachée à Alphabet, se targuait d’une dépense en R&D astronomique : plus d’un milliard de dollars par mois.

De taille humaine, ce laboratoire vise des objectifs plus terre à terre. On est loin de la voiture autonome, de la conquête spatiale ou de la prédiction du futur. Google ATAP a pour mission de faire de la recherche utile en menant à bien des projets réalistes avec des débouchés commerciaux certains. Il n’en a pas moins été fondé et dirigé par Regina Dugan, l’ancienne patronne de la DARPA, qui a claqué la porte du laboratoire la semaine dernière pour rejoindre Facebook et prendre la tête du Building 8… qui n’existe pas encore.

ce que détecte l'ordinateur grâce aux fils conducteur du vêtement connecté

Le projet Jacquard, du nom de l’inventeur du métier à tisser semi-automatique, Google le mène donc en collaboration avec la marque de jeans Levi’s. Une manière de s’assurer directement que les sous déboursés pour concevoir un produit disruptif trouveront leur marché.

Emmené par Ivan Poupyrev, docteur en ingénierie, dont la thèse portait justement sur la conception d’interfaces utilisateurs en 3D pour les systèmes de réalité virtuelle, Jacquard développe des vêtements connectés. Les textiles qu’il crée en utilisant des techniques traditionnelles sont parcourus de fils conducteurs en cuivre. Si petits, qu’on ne saurait faire la différence entre un tissu traditionnel et le textile connecté de Google. A la différence que ce dernier vous permettra de commander votre smartphone et autre objets connectés du futur.

mise en relief des fils conducteurs des textiles connectés de Google jacquard

« Apporter de l’interactivité dans les matériaux, c’est la première étape pour intégrer discrètement les ordinateurs dans nos vêtements » explique Ivan Poupyrev. La révolution apportée par cette technologie ? Le fait qu’elle est légère, peu coûteuse et réalisable dans d’importe quelle usine de tissage au monde. Cette technologie a été rendue possible grâce à la miniaturisation sans fin des composants électroniques. Le vêtement intègre donc un système électronique miniature qui permet d’utiliser les fils conducteurs et de convertir les informations en actions. Avec un tissu connecté, l’idée est de créer une nouvelle forme d’interface, plus intuitive et accessible, plus besoin de sortir son téléphone de sa poche, plus besoin d’utiliser les touches de son écran tactile…

mise en relief des fils conducteurs des textiles connectés de Google jacquard

Le dispositif complet des vêtements connectés de Google Jacquard

Composants électronique des vêtements connectés de Google jacquard

Avant de commencer la production en masse de son nouveau textile, Google a voulu s’assurer que sa qualité soit optimale. Pour se faire, les ingénieurs du Project Jacquard ont confronté leurs tissus à un bras robotique KUKA.

Le but ? Frotter le tissu un nombre incalculable de fois et en un temps record pour tester sa résistance sur le long terme. Résultat, après dix heures de test et plus 12 000 frottements, le tissu reconnaissait toujours 95% des gestes du robot. Conclusion, le tissu connecté de Google est fiable 95%, et ce, sur une durée de trois ans et 200 jours, en considérant que vous frottiez votre pantalon connecté 200 fois par jour. Les ingénieurs ont poussé l’expérimentation en repartant pour un tour de 30 000 frottements. Encore une fois, le tissu reconnaît toujours 95% des gestes. Mais en ce qui concerne les gestes d’êtres humains, ils sont moins répétitifs et clairs, et le tissu n’en reconnait « que » 77%. Une prouesse pour cette technologie inédite.


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