Comment les repères sociaux influencent-ils les interactions humain-robots ?

Une étude du département d’ingénierie industrielle de l’université de Tel Aviv, présentée lors du rendez-vous annuel 2015 de la Human Factor and Ergonomics Society à Los Angeles, s’est intéressée à l’importance des repères sociaux lors de l’évaluation du rôle de la confiance dans une interaction humain-robot. Cette étude s’inscrit dans une ligne de développement de la robotique qui tend à utiliser des robots lors d’évènements civils tendus afin de minimiser les contacts entre personnes et le danger auquel s’expose le personnel de maintien de la paix.

Selon l’étude, la confiance, à côté des considérations culturelles et des qualités physiques, est l’un des facteurs essentiels pour garantir l’efficacité des robots dédiés au maintien de l’ordre. De plus, selon Joachim Meyer, « les interactions entre les machines et les personnes doivent suivre des règles de comportement similaires aux règles suivies lors d’une interaction humain-humain. Les robots ne sont pas considérés comme des innovations technologiques sans cervelle; mais au contraire sont considérés comme des agents possédant des intentions. »

Joachim Meyer et Ohad Inbar, le second responsable de l’étude, ont demandé à 30 personnes d’expliciter leur première impression des interactions d’un robot humanoïde, chargé d’une mission de maintien de l’ordre, avec des individus. Ces interactions se déroulaient en utilisant divers degrés de politesse. Le robot était chargé de contrôler les personnes essayant de pénétrer dans un bâtiment.

A la surprise des chercheurs, les résultats ont indiqué que le seul facteur influençant largement l’attitude des participants à l’étude par rapport au robot était le fait de le percevoir comme étant poli ou menaçant. Ni l’âge ni le genre des personnes interagissant avec le robot n’a eu d’impact sur les impressions des participants. Or, les règles sociales communément acceptées suggèrent que les participants devraient préférer une approche « plus douce et polie » par rapport aux personnes âgées ou de sexe féminin. Cela aurait impliqué des notes plus sévères lors des interactions avec ce type de personnes, ce qui n’a pas été le cas.

Comme le déclare Joachim Meyer, « un robot agissant grossièrement face à une vieille dame n’a pas été évalué plus négativement qu’un robot ayant un comportement semblable face à un jeune homme. » Il convient toutefois qu’il est possible que « le comportement grossier du robot » ait pu être « si grossier, qu’il éclipsait toute autre considération ».


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