Connected Conservation ou la protection des rhinocéros à l’ère de l’internet et des drones

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Le leader de l’informatique américain Cisco et le sud-africain Dimension Data ont annoncé les résultats d’un partenariat destiné à lutter contre le braconnage. Capteurs, objets connectés, caméras et drones agissent de concert pour venir en aide aux rhinocéros d’Afrique du Sud, dont les cornes étaient très prisées des yéménites pour orner leurs dagues traditionnelles dans les années 1970 et 1980. Une demande, reprise en main par l’essor économique de l’Asie, qui en tire un usage thérapeutique.

Une douzaine de milliers de rhinocéros auraient été tués au cours de l’année 2015, selon un rapport du Ministère d’Environnement sud-africain qui tirait la sonnette d’alarme. Les parcs sauvages d’Afrique ont peut-être trouvé leur sauveur. Cisco et Dimension Data, alliés pour lutter contre le braconnage. La première est leader dans l’informatique et les réseaux, la seconde est une entreprise de technologie Sud-africaine spécialisée dans l’analyse de datas et le cloud. Les deux entreprises œuvrent ensemble pour connecter la planète depuis 1991.

Cette fois-ci, ils ont décidé de déployer leur trésors de technologies pour une bonne cause, la préservation de la biodiversité des parcs d’Afrique du Sud. Les équipes de Cisco et de Dimension Data ont investi l’immense réserve animale du Kruger National Park (20 000 km², soit deux tiers de la Belgique, ou deux fois l’île-de-France) en l’équipant de capteurs, de drones et de rangers patrouilleurs, tous reliés à un réseau central.

Ainsi, le dispositif Connected Conservation permet d’identifier toute intrusion humaine dans le périmètre protégé grâce à des capteurs thermiques et sismiques, des caméras dans les arbres et des drones dans le ciel. Plutôt que de surveiller les rhinocéros, ils se sont rabattus sur la principale cause de leur disparition : l’Homme.

« Avec Connected Conservation, nous ne touchons pas aux animaux, nous ne leur injectons pas de tranquillisants pour ensuite placer des capteurs sous leur peau ou dans leurs cornes. Cela peut se révéler très stressant et risqué pour les animaux. Nombre d’entre eux se sont retrouvés aveugles voire morts » explique Bruce Watson, patron de Cisco. C’est donc à travers toute une panoplie de gadgets connectés et de capteurs que les autorités de sécurité du parc pourront contrôler les visiteurs, les tracer et envoyer une équipe au plus vite dès qu’une anomalie sera repérée.

Cisco et Dimension Data alliés pour la cause des rhinocéros

« Éradiquer le braconnage, ce serait je pense, la chose la plus importante que j’aurais accomplie dans ma vie » a indiqué Bruce Watson. Sous couvert de cette déclaration teintée d’une complaisance presque pesante, ce que les deux entreprises cherchent à prouver, c’est bien l’efficacité de leur technologie. Et pour cause, le milieu naturel dans lequel ils ont choisi d’exposer leurs technologies comporte de nombreuses contraintes. Préserver la vie animale tout en apportant une solution de monitoring efficace et novatrice dans un vaste milieu où les communications sont difficiles et où le suivi des animaux et des visiteurs doit se faire à distance pour ne pas être trop intrusif, telles sont les contraintes qui ont dessiné les contours de la technologie Connected Conservation.

Les ingénieurs espèrent déployer ce dispositif pour venir en aide à de nombreuses autres espèces animales, à commencer par les pangolins, les lions et les éléphants d’Afrique mais aussi les tigres indiens. Ils espèrent également revendre ce dispositif pour qu’il soit transposé dans bien d’autres secteurs. « Imaginez que l’on transfère notre technologie de la réserve animale à tout autre lieu nécessitant une surveillance spéciale, comme les stades ou les parcs d’attractions » jubile Lawrence van Deusen du groupe Dimension Data. Et pourquoi pas pour monitorer le trafic routier ou bien maritime ? En clair, si la technologie fonctionne dans un milieu peu propice comme une réserve animale en pleine Afrique, pourquoi ne fonctionnerait-elle pas tout autant voire mieux dans nos villes ?


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