Le CSIC dévoile le premier exosquelette pour enfants paralysés

Alvaro, cinq ans, marche pour la première fois avec un exosquelette

Le 8 juin, le CSIC présentait le premier exosquelette destiné aux enfants atteints d’une atrophie musculaire spinale.

Un projet ambitieux

Les maladies dégénératives représentent l’une des principales causes de paralysie. En Espagne, l’atrophie musculaire spinale toucherait un nouveau-né sur 10 000 selon les chiffres avancés par le Consejo Superior de Investigaciones Científica (CSIC), équivalent ibérique du CNRS. L’atrophie est une des maladies dégénératives les plus graves et est difficilement curable.

Ce projet, le CSIC le développe avec Marsi Bionics, une spin-off du CSIC et de l’Université de Madrid spécialisée dans la conception d’exosquelettes. La société entend bien apporter son aide aux 17 millions d’enfants à travers le monde, paralysés par une maladie neuromusculaire, cérébrale, spinale ou une lésion médullaire. Et pour cela elle mène actuellement une campagne de financement participatif. En tout et pour tout, elle n’a collecté pour le moment que 214 000€ sur les 1,5 millions demandés.

La campagne de financement vise à accélérer le processus, souvent très lourd, de certification du dispositif. Car avant d’intégrer le marché, la machine doit naturellement être homologuée et remplir des normes de sécurité et de résistance électromagnétique. D’autant plus que celui-ci est à destination d’un public jeune et fragile.

Un prototype opérationnel

Le prototype est bel et bien là. Il est fait d’aluminium et de titane et pèse 12 kg. Comme toute bonne structure mécanique, sa mission est d’aider son utilisateur à marcher. Dans certains cas, il peut accompagner une démarche difficile, dans d’autres, il octroie tout bonnement la faculté de marcher à des enfants qui n’avaient jamais pu se lever sur leurs deux jambes. Il est adapté aux enfants entre 3 et 14 ans et peut s’ajuster à la taille de l’enfant. Plusieurs moteurs situés dans les différentes articulations permettent à l’appareil de s’activer et d’apporter la force nécessaire aux mouvements des jambes. Il dispose aujourd’hui de 5 heures d’autonomie, une durée très importante pour un tel dispositif.

Le brevet pour cette technologie a d’ores et déjà été déposé. Désormais en phase de tests pré-cliniques, le CSIC espère équiper les centres de soins et les hôpitaux de cet outil novateur pour mener à bien des thérapies de rééducation musculaire.

A l’instar du petit Alvaro, cinq ans, cet exosquelette permettra à de nombreux enfants de se (re)familiariser avec la marche et a fortiori d’accéder à bon nombre d’endroits qui leur étaient exclus jusqu’à présent, bien que son application principale soit de prévenir au mieux l’apparition de complications liées à la paralysie, comme la déformation de la colonne vertébrale. Plus que de redonner des jambes, le projet vise à lutter contre. Selon Elena Garcia du centre de Robotique et d’Automatisme de Madrid, le plus difficile dans le déploiement de ce type d’appareils pédiatriques tient du fait « que les symptômes des maladies neuro-musculaires varient avec le temps, que ce soit au niveau des articulations que de l’ensemble du corps« . Aussi il a fallu créer un appareil ajustable et qui convienne à une variété de cas.

« Notre modèle comporte des articulations intelligentes qui modifient automatiquement la rigidité de la structure métallique et qui s’adaptent ainsi à la morphologie de chaque enfant, à chaque instant » ajoute-t-elle. Pour fonctionner, le dispositif comporte cinq moteurs par jambes, ce qui explique qu’il n’a pu être adapté à des enfants de moins de trois ans, trop petits pour supporter une telle charge.

Enfin, Marsi Bionics est confiante, si elle réunit les 1,5 millions d’euros prévus, son modèle pourrait bien arriver sur le marché dès l’année prochaine.

Le petit Alvaro teste l'exosquelette du CSIC

Le petit Alvaro teste une prothèse du CSIC

Crédits Photos : Joan Costa – CSIC


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