Zurich accueillera les premiers jeux olympiques pour cyborgs

Le 8 octobre prochain, Zurich accueillera les premiers jeux olympiques pour cyborgs. Le cybathlon veut promouvoir les bienfaits de la robotique pour les handicapés.

Le sport et les limites corporelles

Avant même le coup d’envoi, ce vendredi 5 août JO d’été de Rio au Brésil, les accusations et sanctions pour dopages ont plut sur les sportifs russes. Plus d’une centaine d’entre eux ont vu leur participation aux JO leur passer sous le nez. Premier coup d’éclat d’une enquête sur un système de dopage d’Etat de la part de la Russie. Et si un tel système a pu perdurer toutes ces années, on peut se demander ce qu’il en est des autres états et fédérations.

Soucieuses de préserver l’image de leur sport, les fédérations sportives rechignent bien souvent à mener des tests anti-dopages d’envergure. Le cas le plus mémorable de dopage est sans doute celui du champion Lance Armstrong, tombé sous le coup d’une inspection de l’Agence américaine antidopage (USADA). Le 24 août l’agence rendait public son rapport et suspendait le cycliste de tous ses titres sportifs remportés après 1998. Mais ce cas singulier n’est qu’une aiguille dans une botte de foin. Le monde du sport est gangrené par la recherche de performances toujours plus extraordinaires. Une quête du meilleur qui n’a rien de néfaste en soi, mais qui conjuguée aux avancées dans les domaines de la biologie, de la chimie et de la médecine, devient incontrôlable et inarrêtable.

Et si on libérait les sportifs de toutes ces contraintes ? La proposition a de quoi choquer mais elle est très sérieuse. C’est celle de Peter Diamandis, le célèbre ingénieur gréco-américain à la tête de la Fondation Xprize et fondateur de la Singularity University. L’homme est un fervent défenseur et promoteur des nouvelles technologies et notamment des NBICs, et ne s’en cache pas. A travers son groupe de réflexion Abundance 360, Diamandis veut donner les moyens aux créatifs de donner vie à leurs idées, tout en explorant de nouvelles perspectives pour toute une série de technologies. Le spectre de ces idées n’a aucune limite : de l’amélioration de la médecine à l’augmentation des capacités cognitives et physiques en passant par la quête de l’immortalité.

Dans une publication sur le blog de son site personnel, P.Diamandis appelle ses lecteurs à donner leur avis quand à la tenue de jeux olympiques « sans limites« . Comprendre, des compétitions sportives où tout est permis. Si vous voulez courir plus vite, libre à vous d’endosser un exosquelette, d’avaler des comprimés spéciaux ou de vous implanter des puces. Si vous souhaitez viser la cible en plein centre au tir à l’arc, à vous de subir une chirurgie oculaire pour améliorer votre vision. Telle est la proposition de ce singularitarien convaincu.

Les résultats de son sondage ont été dévoilés cette semaine mais n’ont aucune autorité puisqu’ils ne respectent pas les règles de bases de l’échantillonnage, les sondés étant forcément des lecteurs du blog de Diamandis. Néanmoins, les chiffres évoqués dans le graphique ci-dessous montrent que ses lecteurs sont en grande majorité enthousiasmés par l’idée des jeux olympiques « sans aucune limite ». La deuxième réponse était « Intéressant, mais je préfère continuer à regarder des vrais êtres humains » et la quatrième était « Je pense que c’est une abomination et m’y opposerai« .

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Le Cybathlon, les JO des cyborgs ?

Après les Jeux Olympiques de Rio, c’est un autre type de compétition olympique qui investira la ville de Zurich le 8 octobre prochain. Organisé par le célèbre ETH de Zurich, cette première édition du Cybathlon verra des athlètes s’affronter dans des disciplines sportives d’un nouveau genre : concours de rapidité de prothèses de bras, course à pied avec prothèse inférieure, et course d’exosquelettes ou via la pensée. Telles sont les disciplines phares du Cybathlon.

les épreuves du cybathlon

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A la différence de Diamandis qui cherche en priorité à augmenter les capacités humaines, l’ambition de ce concours de cyber-athlètes n’est pas de promouvoir l’homme augmenté, mais plutôt l’homme réparé. Car c’est bien de médecine dont il est question ici. Une fois l’emballage sportif retiré, c’est avant tout une compétition pour illustrer et promouvoir les avancées dans le domaine des prothèses.

A l’origine de ce projet inédit qui dispose d’un cashprize de 5,5 millions de dollars, le professeur de robotique de l’ETH, Robert Riener. Cet allemand consacre la majeure partie de ces recherches à la technologie médicale et notamment aux prothèses puisque celui-ci est également affilié au Centre de Recherche sur la moëlle épinière de l’hôpital Balgrist. Ses spécialités : la bio-mécanique, la réalitié virtuelle et l’interaction homme-machine. C’est lui qui a conçu le robot de rééducation ArMin.

La compétition doit atteindre trois objectifs : faciliter les relations entre le champ académique et l’industrie, faciliter les relations entre les concepteurs de technologies et les personnes handicapées, et promouvoir l’utilisation de dispositifs d’assistance robotisée pour aider le plus grand nombre. Son comité d’organisation est d’ailleurs constitué d’une grande diversité de profils. On y trouve des médecins, des roboticiens, des spécialistes de la communication, des professionnels de l’événementiel, et bien d’autres. Le comité est évidemment assisté d’un grand nombre de conseillers sportifs et handisportifs…

Le but final étant que les épreuves soient non seulement un vecteur de divertissement mais aussi d’information pour le public , qu’il vienne pour se divertir ou pour s’informer.

80 équipes et leurs cyber-athlètes issus de 25 pays s’affronteront dans une variété de disciplines. Au total, ce sont près de 300 scientifiques et ingénieurs qui rivaliseront d’ingéniosité pour pousser leur athlète vers la victoire.

Rendez-vous sur le site du Cybathlon pour réserver votre place.


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