Dassault, EADS et Finmeccanica dévoilent leur projet de drone

Les trois industriels européens se seraient mis d’accord pour présenter un projet commun de drone MALE (moyenne altitude longue endurance) d’ici 2022.

Mission : prouver qu’on peut faire aussi bien que les Reaper

La décision du Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian d’acheter américain ne passe toujours pas… Cassidian (EADS), Dassault et Finmeccanica n’ont toujours pas digéré l’affront en avril dernier, quand la France a décidé d’acheter deux drones de surveillance de l’américain General Atomics.

Les Echos rapporte aujourd’hui que les PDG des trois sociétés européennes sont allés présenter en personne leur projet de drone de renseignement européen du futur à la DGA le 18 octobre dernier. Il s’agissait pour Bernhard Gerwert, Eric Trappier et Giuseppe Giordo – les PDG respectifs des trois entités – de ressusciter le projet franco-allemand Talarion, tant critiqué à l’époque par Dassault.

Oublier les guéguerres européeennes

Si la France a fini par s’équiper en drone américain, c’est bien de la faute des industriels et des Etats européens eux-mêmes, incapables de se mettre d’accord sur un projet commun de filière industrielle du drone.

Ce « nouveau départ » pourrait donner naissance à un nouveau Talarion, rebaptisé pour l’occasion en MALE 2020 et non pas en FeMALE (Future european Male) comme certains le souhaitaient. Le MALE 2020 bénéficierait des avancées technologiques actuelles en matière de navigation, autonomie, opération et pourrait même embarquer de l’armement.

Les trois industriels européens ont estimé le coût du projet à 1 milliard d’euros tout en précisant qu’il variera en fonction du nombre de systèmes achetés et du nombre de stations au sol pour les opérer.

EADS, pressenti comme leader du projet, sera chargé de la plate-forme, Dassault du système, et Alenia des équipements. Les industriels ont exigé de la part des Etats contractants potentiels (Allemagne, France, Italie) qu’il n’y ait qu’un seul donneur d’ordre, ce afin d’éviter les erreurs commises par le passé, où chaque Etat exprimait ses besoins propres et aucun compromis n’était trouvé.

Pour le moment, aucune étude de faisabilité du projet n’a été lancée. On attend encore un signal affirmé des trois capitales Paris, Berlin et Rome. Si le projet est lancé en 2014, les industriels prévoient de livrer l’appareil en 2022.

En attendant 2022

La France a commandé 12 drones aux Etats-Unis et a déjà reçu les deux premiers Reaper. Ces drones sont prévus pour voler jusqu’en 2025, si ce n’est plus…

En effet, le projet MALE 2020 reposera en grande partie sur l’étude des coûts engendrés par le futur drone. Si les industriels réussissent à prouver aux Etats partenaires que les heures de vol de leur appareil leur feront faire des économies, le MALE 2020 a de fortes chances d’aboutir et l’autonomie industrielle européenne de voir le jour.


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