Des conseils pour une meilleure robotique collaborative

La réglementation américaine sur la sécurité des robots est en train de se structurer, preuve que la considération pour les robots évolue. Leur présence dans le paysage industriel s’accélère et la collaboration homme-robot se généralise aux Etats-Unis. C’est l’occasion de partager ici l’avis de deux experts, Rodney Brooks et Joseph L. Jones.

Les normes ISO des robots

Les robots eux aussi, ont droit à des normes ISO. Cela concerne essentiellement les robots industriels pour lesquels les organismes Robotic Industries Association (RIA) et l’American National Standards Institute (ANSI) cherchent à établir des normes standards de sécurité, rassemblées dans un document baptisé le Robot Safety Standard. Ces normes devraient faciliter la production de robots et faire baisser leurs coûts, en fixant un cadre de travail identique pour tout le monde (Etats-Unis, Europe, Canada).

Humanoides_fr_Nordic_Sugar_x4

Ce document comprend également des exigences relatives aux fonctions de sécurité optionnelle à intégrer dans les robots et, en particulier, dans les célèbres « robots collaboratifs », qui sont destinés à fonctionner de manière autonome et intégrée en présence d’humains.

La société Rethink Robotics fabrique un de ces appareils. Il s’agit du robot industriel intelligent Baxter. Cet outil de travail, qui se présente sous la forme sympathique d’un buste avec tête et bras, est réellement innovant par rapport aux bras robotisés classiques que l’on peut trouver dans les usines.

Les six clés de la cobotique

Rodney Brooks est le Président et Directeur technique de l’entreprise qui le fabrique. Il sait que le succès du Baxter réside dans le fait qu’il ne nécessite pas de programmation complexe de la part de l’utilisateur. Tout se passe entre l’opérateur et le robot (et une interface très intuitive). C’est un vrai travail d’équipe ! Pour lui faire exécuter les tâches que l’on veut, il « suffit » de montrer à Baxter les gestes à effectuer. En déplaçant physiquement les deux bras du robot, celui-ci enregistre l’enchaînement des mouvements et sait les reproduire de manière répétable et répétée par la suite.

Blog_Humanoides_baxter_robot_rethink_robotics_pic1

Vous l’aurez compris, la prise en main du Baxter est très simple, mais il reste une exception parmi les robots industriels. Rodney Brooks a livré son avis sur les robots collaboratifs et la façon dont il faut les concevoir à l’avenir. Il pense que ce n’est pas à l’homme de s’adapter à la complexité des robots, mais bien aux interfaces de contrôle d’être plus intuitives.

Voici les 6 conseils de l’ancien Directeur du Laboratoire d’unformatique et d’intelligence artificielle du MIT de Cambridge :

  1. ne nécessiter aucune intégration dans un système ; le robot doit se suffire à lui même et être prêt à l’emploi,
  2. ne nécessiter aucune programmation ou formation ; la mise en place doit se faire en quelques minutes,
  3. être capable,
  4. travailler intelligemment, avoir conscience de son environnement, se restaurer automatiquement après une erreur,
  5. son utilisation doit être sécurisée, y compris lorsque survient un accident à pleine vitesse et que l’opérateur se blesse,
  6. être une plateforme évolutive.

Humanoides_fr_robot_cobotique

Des robots qui répondent à un besoin

Le point de vue du co-fondateur et Directeur technique de Harvest Automation est différent mais complémentaire de celui de Rodney Brooks. Joseph L. Jones pense que les robots qui auront du succès seront ceux qui exécuteront les tâches demandées par une majorité de la population. Il faudra également qu’ils emploient des technologies existantes et que leurs prix descendent au niveau de ceux des appareils électroniques classiques.

Bien que ces trois affirmations paraissent logiques, certains concepteurs n’y pensent pas ou les perdent de vue en cours de route. Cela se solde par un échec ou un projet qui ne voit pas le jour.


Laisser un commentaire