Des drones à Marseille pour surveiller les dealers

Le président de la communauté urbaine de Marseille a proposé la semaine dernière une solution pour lutter contre l’insécurité dans la cité phocéenne. M. Eugène Caselli propose l’utilisation de drones pour la surveillance de la ville.

Je demande à l’Etat de faire de Marseille un véritable laboratoire contre le crime, un laboratoire avec de nouveaux moyens technologiques. Maintenant, on a des drones, et on va s’en servir.

Voilà ce qu’a déclaré sur France 3 M. Caselli, candidat à la primaire socialiste pour l’élection municipale en 2014. Et les propos récents du conseiller général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guerini, confirment cette envie de doter la ville d’un tout nouveau genre de patrouilleur : « Nous réfléchissons à la mise en place de moyens aériens de surveillance, avions ou drones ». Et ce à hauteur de 1 millions d’euros.

Pour compléter le système actuel de 300 caméras fixes situées un peu partout dans la ville, Marseille semble donc séduite par l’idée de s’équiper en engins pilotés à distance. A la différence d’une caméra fixe, filmer les rues depuis des drones permet « de casser les habitudes et d’avoir des points de vues différents d’une situation, de jour comme de nuit », précise le directeur de la société Novadem, fournisseur de drones pour l’armée française.

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Mais la loi française autorise-t-elle l’utilisation de drones ?

En l’état actuel, non. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) est en effet très claire à ce sujet et a publié ces quelques lignes dans un rapport datant du 30 octobre 2012 :

Dès lors qu’il est équipé d’un appareil photo, d’une caméra mobile, d’un capteur sonore ou encore d’un dispositif de géolocalisation, un drone peut donc potentiellement porter atteinte à la vie privée, capter et diffuser des données personnelles.

Cependant, la Cnil n’est pas totalement opposée à une utilisation des UAVs dans un cadre civil, tel que des « projets de recherche et développement et analyse des besoins pour la détection des feux de forêt ou les contrôles aux frontières, etc. » ou encore pour un usage grand public avec des appareils montés soi-même ou des drones pour les professionnels de la photographie aérienne.

Des drones déjà utilisés en France et à l’étranger

On dénombre quelques exemples d’utilisation de drones dans un cadre légal. Par exemple en France, des pompiers dans les Landes utilisent déjà des drones pour traquer les départs de feu dans la forêt de pins.

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En Allemagne, une compagnie ferroviaire veut tester une solution de surveillance des rails via des drones.

Aux Etats-Unis, la FAA a autorisé les vols de drones à but commercial. Les pompiers ont également utilisé un drone Predator pour lutter contre les flammes qui ont ravagé le parc Yosemite.

Au Brésil, des UAV ont survolé les manifestations survenues à Rio un peu plus tôt dans l’année et les organisateurs du Mondial 2014 devraient également en utiliser pour assurer la sécurité dans les stades pendant des matches.

Comme la question de leur autorisation est encore un peu touchy en France et dans le reste du monde, Caroline Pozmentier, chargée de la police municipale de Marseille compte lancer une étude pour les utiliser dans un cadre juridique déterminé.


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