Des drones pour révolutionner l’observation des colonies animales

the DJI Phantom u used to guide elephants

Dans un article de la revue Nature, une équipe de biologistes australiens a conclu que l’usage des drones pour recenser les individus peuplant une colonie animale offrait de nouvelles perspectives pour la science, tant les résultats obtenus étaient plus fins qu’en ayant recours aux méthodes traditionnelles.

L’équipe de chercheurs australiens s’est donnée pour objectif de décompter la population de plusieurs colonies animales. Sept colonies d’oiseaux (cinq de frégatidés et deux de sternes huppés) et trois colonies de manchots royaux ont été observées entre avril 2014 et avril 2015 sur plusieurs îles Australiennes. Pourquoi est-ce important ? Il va sans dire que plus on a d’échantillons, plus les conclusions seront précises. En multipliant non seulement les échantillons, mais aussi les espèces animales et les lieux géographiques, l’objectif est de peindre un tableau d’ensemble couvrant différentes conditions météorologiques et comportementales. Selon l’espèce animale et le lieu (aride, végétal, isolé…) l’organisation en colonie de ces animaux peut varier. Emmenée par le biologiste Jarrod C. Hodgson de l’Université d’Adélaïde, l’équipe a souhaité comparer l’efficacité des méthodes de comptage. Au sol, les compteurs se sont contentés de compter à l’œil nu, avec des jumelles et des compteurs manuels. Dans le ciel, des drones avec captation d’images ont été déployés pour survoler les colonies. Deux approches pour deux résultats.

Conclusions, en plus d’offrir une meilleure visibilité et donc un décompte plus fin, ces aéronefs permettent d’atteindre des endroits reculés voire inaccessibles, et ce, sans faire fuir les animaux observés. Les perspectives d’utilisations sont immenses selon les auteurs, de l’étude des colonies d’oiseaux à celles des pingouins ou de poissons, il est désormais possible de suivre les mouvements migratoires d’espèces animales avec une précision inespérée. Et a fortiori de comprendre de nombreux phénomènes, tant métrologiques que biologiques. Pourquoi cette espèce d’animaux migre t-elle vers l’Afrique ? Comment s’organise la colonie en vol ? Où s’arrête-t-elle et pourquoi ? Autant de questions qui trouveront sans doute une réponse dans un futur proche grâce aux drones. Et qui sait, peut-être apporteront-ils des réponses à nombre d’interrogations annexes portant sur des sujets beaucoup plus divers que la simple étude des comportements animaliers ?

colonie vue du ciel1Vues du ciel : en a) une colonie de frégates ariel. En b), la colonie de sternes huppées, et en c), la colonie de manchots royaux.

 

Très méticuleux, les scientifiques ont compilé et analysé des données recueillies par les deux techniques sur lesdites colonies, et ont constitué différents échantillons de comparaison pour chaque espèce et chaque lieu. Résultats, sur la totalité des échantillons, la méthode innovante de l’usage des drones révèle beaucoup moins de variations de comptage entre échantillons recueillis. En atteste le graphique ci-dessous :

On peut ainsi comparer les variations de résultats entre la méthode par drones (en bleu) et la méthode traditionnelle au sol (en vert). Pour à peu près le même nombre d’échantillons, on observe de plus grands écarts pour la méthode au sol. On constate bien que l’écart en nombre d’individus recensés est très largement inférieur pour la méthode par drones (en bleu). La différence est la plus frappante concernant les colonies de sternes huppées (en 2), où les variations de résultats entre les échantillons réalisés à partir des drones sont quasi nulles.

comparaison des échantillons obtenus par comptage au sol et comptage par drones, revue Nature

Pour finir, les chercheurs ont compilé leurs conclusions dans un tableau assez clair qui compare l’efficacité des deux méthodes point par point. Le nombre de  » +  » indiquant l’ampleur de la variation dans les calculs (donc le nombre d’erreurs). Les  » –  » indiquant combien la méthode réduit, au contraire, les écarts de résultats entre les échantillons. Les drones se révèlent particulièrement efficaces dans le processus de décompte final. Autres points notables : les drones dérangent moins les populations observées et ne sont pas gênés par les mouvements des animaux, ce qui permet in fine, un décompte plus précis.

tableau comparatif des méthodes de comptage des colonies


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