Dévoilez vos talents de programmeurs d’IA sur l’OpenAI Gym d’Elon Musk

Annoncée fin 2015, OpenAi Gym, la plate-forme de développement d’intelligences artificielles open-source, a été lancée hier par Elon Musk et Sam Altman.

OpenAI Gym, qu’est-ce que c’est ?

C’est une interface de développement d’intelligences artificielles. Elle est open-source et non lucrative. Et pour cause, l’idée est que toute personne se sentant l’âme d’un programmeur (avec un peu de talent), contribue à améliorer les algorithmes de la plateforme.

Les grandes entreprises se battent d’arrache pied pour mettre la main sur les meilleurs développeurs d’IA, à des prix de plus en plus exorbitants, avoisinant le salaire des meilleurs joueurs de football américain. Les initiateurs ont mis à disposition une poignée de modules que les utilisateurs peuvent s’approprier, en tentant de l’améliorer sur Python 2.7.

Comprendre, faire en sorte que l’IA fonctionne de mieux en mieux et de manière de plus en plus autonome. C’est ce qu’on appelle le Reinforcement Learning (RL). C’est un sous-champs du machine learning. Le RL permet de mettre en scène un agent qui doit atteindre un but dans un environnement donné. En somme, vous avez trois variables à ajuster pour parvenir à résoudre un problème basique.

L’intérêt scientifique de cet environnement ouvert et collaboratif, est qu’il peut déboucher sur de multiples applications dans de nombreux domaines. Que vous fassiez en sorte que votre robot (l’agent) saute par dessus un obstacle pour arriver à un point B, que votre vaisseau spatial détruise tous les ennemis, cela demande la conception d’une séquence de décisions. Et c’est l’élaboration de cette séquence de décision qui peut intéresser Elon Musk pour concevoir des algorithmes fiables. Les mêmes algorithmes de RL qui ont notamment permis à DeepMind de mettre au point AlphaGo, l’intelligence artificielle qui a battu en mars un champion du Jeu de Go.

L’équipe d’OpenAi Gym a pour le moment lancé plusieurs « environnements » d’expérimentation. Le premier, c’est l’environnement « contrôle classique » et les jeux textuels pour se chauffer les neurones et se familiariser avec la plate-forme dans un environnement simpliste.

Ou les simulations 2D et 3D de robots :

A l’origine de cette plate-forme ?

A l’origine ? Un curieux élan de générosité de la part du très entreprenant Elon Musk (fondateur de Paypal, Tesla et SpaceX) et de Sam Altman directeur de l’incubateur Y Combinator (à l’origine notamment de Drop Box, AirBnB et de Stripe).

Très vite, l’organisation éveille la curiosité de nombreux spécialistes de l’intelligence artificielle et de l’informatique. Wojciech Zaremba rejoint le projet, débouté par l’absurdité des pactoles offerts aux ingénieurs et chercheurs en I.A par les grands noms du web. Ce dernier a préféré se tourner vers cette solution open-source. Alors qu’il rejoignait OpenAI, Zaremba se voyait proposer des salaires deux à trois fois supérieurs à la moyenne. Cela montre toute l’immensité du paradoxe, alors que les grandes entreprises mettent tout en oeuvre pour mettre la main sur les meilleurs chercheurs, ces mêmes chercheurs se tournent vers d’autres solutions. En réalité, OpenAI est l’occasion pour les chercheurs de laisser libre cours à leur inventivité, désormais libérés des contraintes commerciales.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, OpenAI est bien une organisation à but non lucratif, qui s’est lancée fin 2015 avec 1 milliard de dollars de fonds. « Notre but est de faire avancer l’intelligence artificielle de manière à ce qu’elle bénéficie à toute l’humanité, indépendamment des impératifs de génération de revenus » explique le paragraphe introductif du site d’OpenAI. Sans oublier de rassurer sur l’intelligence artificielle : « c’est très difficile d’évaluer à quel point des IA aussi douées que des humains pourront bénéficier à la société, mais c’est tout aussi difficile d’imaginer à quel point elles pourraient lui être dommageables si elles sont construites et utilisées de façon malfaisante« .

Toujours est-il qu’OpenAI est loin de faire cavalier seul sur cette ligne open-source. Google a lancé en novembre 2015, la plate-forme Tensor Flow, une bibliothèque open-source dédiée au machine learning. Microsoft a lancé l’interface CNTK et une plate-forme ouverte sur le jeu Minecraft. Et de la même manière, le Facebook AI Research (FAIR) a également ouvert certains de ses modules de deep-learning sur Torch. Notons enfin qu’Amazon Web Services a également généreusement donné à l’organisation OpenAI.

A défaut d’une entreprise humaniste, il s’agirait bien plus d’une stratégie bien huilée pour mettre à contribution gratuitement des talents du monde entier, faute de pouvoir assumer des coûts de plus en plus astronomiques pour mettre la main sur les meilleurs chercheurs du secteur.

 

EDIT 09/06/2016 : Elon Musk vient d’annoncer la publication d’une première liste de problèmes à résoudre pour les développeurs en herbe, à retrouver ici.

 

 


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