Voici Dogo, un système autonome armé d’un calibre 9mm de l’armée israélienne

Le robot a beaucoup fait couler d’encre depuis sa présentation par General Robotics. Dogo est un drone de combat équipé d’un Glock 29 qui servira dans les opérations anti-terroristes.

Si l’US Army développe une foultitude d’exo-squelettes, de robots et de drones, elle n’en a pour le moment que très rarement équipé d’armes létales. Jusqu’à présent les drones sont imaginés et utilisés avant tout comme des moyens d’améliorer l’accessibilité humaine en permettant à des opérateurs d’accéder à des lieux isolés, étroits ou dangereux où seuls des drones peuvent daigner s’aventurer. Le Sea Hunter, mis à flot fin avril par la DARPA est certes un drone anti sous-marins, il n’en est pas pour autant équipé de missiles. Il se contente de les intercepter, sans causer de dommages irréparables. Les usages des systèmes autonomes sont très variés, ils vont de la reconnaissance au transport en passant par l’assistance physique, mais rares sont ceux qui sont conçus directement à des fins d’élimination de cibles. L’usage des drones pour bombarder des cibles ennemies est d’ailleurs vivement critiqué et gardé relativement secret. Mais n’en est pas moins une réalité.

Aussi, lorsqu’un robot muni d’armes fait son apparition, la polémique n’est jamais très loin. A tel point qu’une pétition avait largement circulé pour faire interdire ces robot-tueurs. Des figures éminentes du champ universitaire mais aussi de la Silicon Valley avaient d’ailleurs lancé et signé cette pétition, parmi lesquels Elon Musk (Space X et Tesla), Steve Wozniak (Apple), Demis Hassabis, l’ingénieur en charge du projet AlphaGo de Google ainsi que le célèbre physicien Stephen Hawking et le linguiste Noam Chomsky.

En 2015, un jeune bricoleur amateur s’était malencontreusement attiré toute l’attention des médias au point de déclencher une enquête fédérale à son encontre pour avoir conçu un drone volant équipé d’un calibre 9mm.

Mais ces inquiétudes n’ont pas empêché une société israélienne de franchir le pas. General Robotics, à ne pas confondre avec son homonyme américain, est spécialisée dans le développement de systèmes autonomes. Depuis sa création en 2009, elle a déjà développé trois robots : Donkey, Pitbull et Dogo. Dogo est un robot autonome destiné à réaliser des opérations d’interventions. Le robot tire son nom du dogue argentin, une race de chien particulièrement robuste et imposant. Mais sa version métallique ne pèse en tout et pour tout que 12 kg, a un champ de vision couvrant 360° grâce à ses huit caméras et embarque un pistolet de type Glock. Rien de bien méchant comme arme à feu, mais c’est déjà une frontière hautement symbolique qui est franchie par l’armée israélienne. Contrairement à de nombreux robots, Dogo intègre directement dans son interface l’usage de ce calibre 9mm. « Sur le marché, aucun robot n’a été spécifiquement conçu pour embarquer et se servir d’une arme à feu pour engager sa cible » précise Shahar Hal, vice-président de l’entreprise et vétéran de Tsahal. Mais ce n’est pas tout, en plus du Glock 29, le robot peut envoyer des gaz lacrymogènes comme des grenades aveuglantes. Enfin, il est possible de donner des ordre à Dogo par la simple parole, comme à un véritable chien, mais il peut également servir de relai de négociation en cas de prise d’otages.

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Face à des cibles ennemies, les opérateurs humains peuvent décider de reprendre le contrôle du robot pour viser la cible eux-mêmes à l’aide d’une tablette tactile et d’une application appelée « Point & Shoot ». Cela n’empêche pas que le programme entier soit hébergé sur le robot lui-même, ce qui lui permet d’agir de façon autonome en cas de besoin. Du haut de ses 14 cm, il est capable de monter des escaliers, de se frayer un chemin qu’importe les obstacles et de se déplacer à 4 km/h grâce à ses chenilles, et ce pendant 2 à 5 heures. Facilement transportable par des soldats, Dogo devrait être déployé dans le cadre de missions anti-terroristes pour réaliser des tâches dangereuses en accord avec le slogan de l’entreprise « Mieux vaut risquer un Dogo qu’un humain« .

En attendant de futures interventions de ce robot controversé, il sera possible de se faire une idée plus précise de ses capacités au salon de la Défense & Sécurité Eurosatory qui se déroulera du 13 au 17 juin prochains à Paris.

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