Les drôles d’engins polyvalents du japonais ProDrone

le drone à grappins de Prodrone

Soucieux d’offrir des solutions toujours plus adaptées aux professionnels, Prodrone a lancé deux nouveaux appareils. L’un avec des bras et l’autre capable de rouler sur les murs.

La conquête du marché professionnel

Prodrone est une jeune entreprise japonaise de conception et de fabrication de drones professionnels dirigée par Masakazu Kono depuis sa fondation en janvier 2015.

La marque est l’une des trois filiales de Prodrone Ltd. Cette dernière rassemble également Airevo qui conçoit des appareils à usage professionnel, ainsi que Delix, qui ambitionne de lancer des drones de transport de marchandise au Japon. En mars dernier, la compagnie réalisait sa première livraison de manuels scolaires en collaboration avec la municipalité de Semboku, dans la préfecture d’Akita. Ci-dessous, le prototype du prochain drone de livraison, dont le boîtier Prodrone Safety Unit est encore en cours de développement.

le drone de livraison PD8-D DELIX

La gamme de produits de la compagnie ne cesse de s’étoffer. Photographie, capture vidéo, transport de marchandise, le japonais est sur tous les fronts. Des fronts déjà occupés par de nombreux autres entreprises internationales. Il est donc loin d’être le premier à s’attaquer au marché du drone professionnel, qui va d’ailleurs probablement connaître un bond spectaculaire dans les prochaines années grâce à l’entrée en vigueur des règles de la FAA aux Etats-Unis, premier marché du drone de loisirs, mais encore à la traîne sur le segment professionnel.

Des drones aux compétences spéciales

Pour se distinguer de la concurrence, le japonais a récemment lancé deux appareils plutôt originaux.

Le premier a été baptisé PD6B-AW-ARM. Il s’agit d’une plate-forme volante dotée de deux bras robotiques au bout desquels se trouvent des pinces. Les applications sont encore à définir, mais les professionnels ne manqueront probablement pas d’imagination. Le transport de matériel pourrait notamment grandement en bénéficier. Le PD6B est capable de transporter jusqu’à 10 kg à la vitesse maximale de 60 km/h, pour une autonomie moyenne de 30 mins.

L’intérêt d’un système de bras ? La rapidité d’exécution. Si l’on recoure aux drones pour effectuer certaines tâches, c’est parce qu’ils peuvent « tricher » en passant par les airs. Mais s’il faut en passer par un boîtier auquel il faut avoir accès pour l’ouvrir et y entreposer la marchandise destinée à être transportée, on perd déjà un temps certain.

En admettant que le contrôle des deux bras du PD6B soit particulièrement intuitif, on peut donc imaginer qu’il représentera une solution non négligeable pour tous ceux qui souhaitent transporter des objets dont la fragilité n’impose pas d’employer une méthode traditionnelle et plus sûre. Reste également à savoir quelle serait l’autonomie d’un tel engin. Car si le transport par voie aérienne est bien plus rapide, il est surtout beaucoup plus énergivore.

Les chercheurs n’en démordent pas. Et pour résoudre ce dilemme sans en passer par un robot terrestre, certains ne manquent pas d’imagination. En premier, l’Université de Pennsylvanie avait dévoilé Picobug, un mini-drone muni de petites pattes, ce qui lui permet d’alterner entre un mode de déplacement aérien et terrestre de façon à économiser sa batterie autant que faire ce peu. Les chercheurs en avaient alors profité pour faire de petits calculs. Résultat, pour la même distance parcourue, le robot consommait jusqu’à 7 fois plus d’énergie lorsqu’il était en mode aérien.

Des chercheurs en bio-ingénierie de Stanford avait eu la même idée en équipant leur drone de grappins. Ainsi, si c’était souhaitable, SCAMP pouvait choisir de se percher dans un arbre ou à de se poser sur un toit afin de réaliser sa mission sans dépenser d’énergie inutilement.

Le concept d’un engin à la locomotion multi-modale prenait enfin vie dans les laboratoires. Aujourd’hui, Prodrone propose de l’en faire sortir afin qu’il vole de ses propres ailes. Voici donc PD-6-CI-L. Il s’agit d’un drôle d’appareil qui peut rouler sur parois verticale comme horizontales en activant ses hélices d’une certaine manière. Il ne pèse que 6 kg (contre 20kg pour le précédent), peut voler jusqu’à 20km/h et rouler à 5 km/h avec ses 6 roues. Côté autonomie, il faudra se contenter de 10 minutes avec ses deux batteries de 6000 mAh.

le drone de surface PD6-CI-L

Il ne respecte pas tout à fait les impératifs d’économie d’énergie mais fait montre de la même capacité à s’agripper aux parois. Sa clientèle ? Les entreprises chargées de la surveillance et de la maintenance des barrages, ponts, autoroutes et autres infrastructures colossales dont la vétusté est à bannir.


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