Et si Google retirait ses robots du Darpa Robotics Challenge ?

Selon une source ayant participé à l’évènement robotique organisé par le Pentagone en décembre dernier, le DARPA Robotics Challenge, Google réfléchirait à retirer ses robots de la compétition. Une information qui, si elle est confirmée, signifierait que le géant du web confirme sa volonté de ne pas utiliser ses robots à des fins militaires.

Dès l’annonce des rachats des sociétés de robotique et notamment celui concernant Boston Dynamics, le fabricant du Big Dog et de l’Atlas entre autres, Google avait annoncé que son intention ne serait pas de développer des robots à usage militaire et encore moins de recevoir un soutien financier de la part du Pentagone.

Il est vrai que les intentions de Google n’étaient pas vraiment claires… En rachetant ces entreprises liées de près ou de loin au département de la Défense des États-Unis, Google s’est exposée aux critiques. Le géant du web devenait également le géant de la robotique et de ce fait devenait, comme l’écrivait le journaliste Douglas Rushkoff, une espèce de corporation diabolique aux intentions franchement suspectes.

Google veut-il se racheter aux yeux du monde ?

Après les résultats de la première manche du Darpa Robotics Challenge (DRC), les projecteurs se sont tournés vers la firme de Mountain View : sur les huit équipes qualifiées, six d’entre elles utilisent un robot humanoïde appartenant à Google. Le robot de la société nippone Schaft Inc. et le robot Atlas développé par Boston Dynamics.

Pour l’Atlas, c’est très simple. Boston Dynamics avait passé un contrat de 10,8 millions de dollars avec cinq équipes afin qu’il leur fournisse une solution humanoïde pour participer au tournoi. Google a promis de s’y tenir et a donc aucune marge de manoeuvre.

En ce qui concerne le robot Schaft Inc., si l’information s’avère être vraie, ce serait probablement lui qui quitterait la compétition, bien qu’il ait terminé premier lors de la phase de qualification. Google n’a pas souhaité se prononcer pour le moment, mais a confirmé à nouveau, qu’il n’ira pas chercher des nouveaux contrats auprès du secteur de la défense.

Et d’ailleurs, pourquoi le ferait-il ? Après les scandales d’écoute planétaire de la NSA et les interventions militaires en Afghanistan, Google n’a pas intérêt à associer son image à une industrie de l’armement fortement critiquée par l’opinion publique.

De plus, comme l’explique Brian Gerkey, PDG de la Fondation Open Source Robotics, qui a fourni des solutions logicielles pour robots lors de la DRC :

La robotique militaire ne représente tout simplement pas un marché suffisamment grand pour intéresser Google. Même les entreprises qui vendent actuellement des robots au Département de la Défense sont à la recherche d’autres marchés. Ce marché n’aura jamais besoin d’un grand nombre de robots militaires et sa taille n’est rien comparé à celle de la robotique pour grand public.

iRobot, par exemple, a livré environ 5.000 robots aux forces armées des États-Unis, plus que toute autre entreprise dans le monde. Pourtant, iRobot a également vendu 8 millions de Roomba, et ses bénéfices s’appuient en grande partie sur ses différents robots domestiques, qui ont représenté en 2012 jusqu’à 82% du chiffre d’affaires de l’entreprise (contre 60% en 2011).

Google ne fait donc certainement pas ces manoeuvres pour paraître éthique aux yeux du public mais pense plutôt aux profits gigantesques que pourraient représenter une nouvelle génération de robots autonomes capables pourquoi pas de conduire votre voiture, aller au travail à votre place ou explorer l’espace.


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