Et si votre tuteur scolaire était en réalité… un robot !

intelligence artificielle IBM Watson Georgia Tech

Durant un cours sur l’intelligence artificielle, un professeur de science informatique accompagné d’une équipe de jeunes diplômés a joué un tour à ses élèves. Aux 8 assistants pédagogiques dont il disposait, il en a rajouté un neuvième…virtuel.

L’expérience a été menée à l’Université Georgia Tech. Jill Watson a été présentée aux élèves du professeur comme leur assistant pédagogique, une fonction très courante aux Etats-Unis, qui s’apparente à celle d’un tuteur, poste généralement occupé par de jeunes diplômés ou en fin d’études. Sa mission consistait donc à assurer toutes les tâches habituelles d’un tuteur : communication des dates d’examens, de rendus de devoirs, aide pédagogique et administrative… Jusqu’ici, tout va bien. A la différence près que le nom de famille de Jill devrait commencer à éveiller des soupçons chez les plus aguerris d’entre vous.

Jill Watson, du nom de l’intelligence artificielle d’IBM. Une intelligence de plus en plus multi-tâche : elle peut faire la cuisine, assurer l’accueil et le service, prédire la météo ou bien formuler un diagnostic médical. Car « Watson va encore plus loin que Deep Blue, qui analysait un monde fini de possibilités. Il représente une véritable innovation dans la compréhension par la machine du langage naturel utilisé par chacun d’entre nous pour communiquer et échanger » peut-on lire à propos de l’IA sur le site d’IBM. Une compréhension du langage réel si fine qu’il serait « même capable de comprendre les jeux de mots, les ambiguïtés ou l’ironie« .

Le professeur Ashok Goel assure des cours d’Intelligence Artificielle Basée sur le Savoir (KBAI) dans le cadre du master de sciences informatiques de l’Université Georgia Tech, située à Atlanta. « Le monde est plein de cours en ligne, qui se caractérisent par une assiduité remarquablement faible » a t-il indiqué, « l’une des raisons principales qui explique que les élèves abandonnent ces cours en ligne réside dans le déficit de soutien pédagogique« . Au cours de cet enseignement semestriel, Mr Goel a estimé que ses quelques 300 élèves postaient environ 10 000 messages sur le forum du cours. Une montagne insurmontable pour tout être humain. Mais pas pour une machine ! C’est pourquoi le professeur a mis en route un programme intelligent pour gérer efficacement les innombrables requêtes de ses élèves. Avec son équipe de jeunes diplômés, il a compilé toutes les questions et réponses qui ont été postées sur le forum du cours depuis 2014, soit plus de 40 000 messages en tout. Un sacré pactole avec lequel ils ont pu rassasier leur intelligence artificielle.

Professeur Ahshok Goel durant un cours d'intelligence artificielle

Le vrai défi, c’est de répondre au maximum de questions venant des étudiants. Une grande partie de ces questions a pour objet des banalités administratives et techniques, comme les dates de rendus de devoirs. Une aubaine pour Jill, qui peut être facilement programmée pour répondre à ce type de questions qui ne comportent aucune part d’aléatoire, ni de contingence. Pour toutes les autres requête plus poussées, c’est là qu’apparaissent les premières difficultés.

A ses débuts, Jill n’était pas très douée, elle proposait des réponses incomplètes, voire dénuées de sens. Des réponses postées sur un forum parallèle fermé aux étudiants. Elle restait bloquée sur des mots-clés, et donnait des réponses décontextualisées. A mesure que l’équipe affinait sa capacité de compréhension grâce à des occurrences et des contextes toujours plus nombreux, Jill a fini par trouver son rythme avec un taux de validité de réponse de 97%. A chaque réponse valide, les autres assistants pédagogiques, les vrais, téléchargeaient les réponses sur le forum, mais au bout d’un mois, Jill n’avait plus besoin d’aucune aide. Au professeur d’ajouter que si la « plupart des chatbots sont des novices, Jill est un véritable expert« .

Si certains élèves ont exprimé leurs doutes quant à l’identité de Jill, d’autres ont été stupéfaits lorsque le professeur leur a annoncé le 26 avril, que Jill Watson n’était autre qu’une intelligence artificielle. A la fin du semestre, Jill se montrait capable de répondre à la plupart des questions de routine. Elle reviendra sous un nouveau nom pour un second semestre de test à l’automne prochain. L’objectif est qu’elle puisse répondre à 40% du total des questions à elle seule d’ici la fin de l’année.


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  1. The Master

    SkyNet? Ou es-tu?