Factory-in-a-Day : automatisons l’Europe en 24 heures !

L’industrie européenne a besoin de rester compétitive face aux concurrents émergents. Pour cela un groupe de travail subventionné par l’UE vient de lancer l’initiative FACTORY-IN-A-DAY, un projet ambitieux mais salutaire…

Il n’y a aucun doute sur la question de l’automatisation de l’appareil productif. D’aucuns s’accordent à dire qu’une ligne automatisée est bien plus sûre et efficace que celle qui ne l’est pas. Oui, mais les coûts d’un tel système sont élevés, souvent prohibitifs, et le directeur de production préfèrera garder son mode de fonctionnement classique, plutôt que d’arrêter sa production le temps de la mise en place des robots.

Les arguments du Directeur de production auront beau être pertinents, solides, justifiés… son usine aura toujours un temps de retard par rapport au monde d’aujourd’hui. Et le problème européen est justement celui-ci, son appareil productif est vieillissant, ne se renouvelle pas, tandis que la concurrence s’équipe et se modernise.

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Pour répondre à cette problématique, l’Union Européenne a mis en place un projet pour tordre le cou aux idées reçues : la robotisation d’une usine n’est pas (toujours) synonyme de coûts démesurés ni d’arrêt complet de la chaîne de production.

Factory-in-a-Day : donner un coup de pouce à notre industrie

Le but du projet Factory-in-a-Day est de réduire le temps d’installation, demandant parfois plusieurs mois, à un seul jour. Dans le cadre du plan de relance économique, la Commission souhaite aider toutes les branches de l’industrie manufacturière européenne à s’adapter à la concurrence mondiale par l’amélioration de ses outils productifs et l’utilisation des nouvelles technologies.

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Dans la pratique, le projet vise à mettre en place une procédure d’audit en amont de chaque installation de robot dans une usine. Cet audit sera mené par un intégrateur de systèmes certifié, qui accompagnera les PME (petites et moyennes entreprises) tout au long de leur démarche, et leur apportera son expertise pendant les étapes du projet.

Pour cela, les dernières nouveautés en matière de cobotique, impression 3D, intelligence artificielle, capteurs sensitifs, interfaces mobiles, seront combinées pour accélérer le processus. Des logiciels spécifiques permettront d’insérer facilement un robot dans la chaîne préexistante de l’usine et de leur apprendre à réaliser des tâches de production comme saisir des objets, les visser, les emboîter, etc. Ces robots seront capables de collaborer en toute sécurité avec les humains dans un même espace de travail.

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Dans la plupart des cas, ces robots effectueront des tâches répétitives, pénibles pour un humain, comme la découpe de produits, la vérification de la qualité, son emballage… des tâches effectuées aujourd’hui manuellement par des personnes qui pourraient très bien être recentrées sur des postes plus intellectuels.

Le projet va s’étaler sur quatre ans avec un budget total s’élevant à 11 millions d’euros financé à 75% par le programme FP7 « Usines du futur ». Le comité de pilotage est composé de 16 partenaires et l’université de technologie de Delft (TU Delft) a été choisi comme membre coordinateur. Côté français, le CNRS et le centre Siemens de Vélizy Villacoublay ont pris part à ce projet. Autrement, des acteurs majeurs de la robotique comme l’allemand Fraunhofer et le dannois Universal Robots sont de la partie également.

Le projet a démarré le 8 octobre 2013. On espère que les portes de l’appareil productif européen seront grandes ouvertes pour le Factory-in-a-Day. Un site sera bientôt disponible.


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  1. Tigrius

    On estime à 47% le nombre d'emploi qui disparaitront d'ici 20 ans.
    La perte du total d'emploi est un frein majeur à l'automatisation. Mais il faut aussi tenir compte que les postes qui disparaitront sont pénibles et offrent peu d'émancipation.
    Si il y a bien un risque, la solution se trouve aussi dans les mains des services publiques. Il auront la possibilité d'aider à créer du travail mais également à adapter le temps de travail à la somme de travail restante.

    La technologie avance sans nous, dès lors il faut adapter nos fonctionnements.

  2. Laurent Mbenza

    Ces recherches sur la robotique ne présenteront t-ils pas à la longue un danger? à mon humble avis oui; car je crois que s'ils contribueront comme vous le dites à une relances certaine dans le secteur de la production, iks enverront au chômage un bon nombre des travailleurs. Pensez-y.