Ford veut équiper ses opérateurs d’exosquelettes Ekso

Un opérateur Ford teste un exosquelette Ekso

Le constructeur automobile Ford Motor Co. est en train de mener dans deux de ses usines du Michigan, une série de tests qui pourraient bien changer la vie de ses opérateurs sur les chaînes de montage. En collaboration avec la société californienne Ekso Bionics Holding Inc, ces essais portent sur un nouveau modèle de gilet exosquelette : l’EksoVest. Celui-ci devrait permettre de réduire le risque de blessures et augmenter la productivité.

C’est United Auto Workers (UWA), l’un des plus puissants syndicats de travailleurs d’Amérique du Nord, qui a souhaité tenter l’expérience en faisant l’acquisition de quatre EksoVest. Les essais ont démarré au mois de mai et le constructeur automobile prévoit même de les élargir à d’autres régions du monde, en Europe et en Amérique du Sud. Le coût de ces exosquelettes nouvelle génération n’a pas été dévoilé.

L'EksoVest se porte comme un sac à dos

EksoVest, un sac à dos exosquelette de 4,3 kilos

EksoVest : un exosquelette léger très prometteur

L’EksoVest est un gilet qui facilite les mouvements de l’opérateur lorsqu’il effectue des tâches à hauteur de visage. Pesant 4,3 kilos, il s’enfile comme un sac à dos et aide à porter jusqu’à 6,8 kg de charge par bras pour une personne mesurant entre 1m52 et 1m95. Par l’intermédiaire d’un actionneur mécanique, la veste de soutien vient soulager le poids exercé sur les épaules de l’ouvrier pour ce genre de tâches, sans demander d’effort supplémentaire de sa part. Les tâches les plus courantes comme utiliser une clé à molette et supporter son poids plusieurs heures durant, n’exercent plus aucune contrainte sur le corps humain. Un ouvrier sur une chaîne de montage automobile ou aéronautique lève les bras en moyenne 4 600 fois par jour (soit 1 million de fois par an) pour visser des boulons ou fixer des pièces.

Paul Collins, l’un des quatre ouvriers cobayes des usines de Wayne et Flat Rock, explique que depuis qu’il porte un EksoVest, il n’a plus besoin de mettre de la glace ni de la chaleur au niveau de son cou trois ou quatre fois par semaine. Il trouve même qu’il lui reste encore de l’énergie après une journée de travail et ne ressent plus la sensation d’épuisement comme avant.

Russ Angold, le Directeur de la technologie d’Ekso, a déclaré que l’objectif est de familiariser les travailleurs avec la technologie avant de passer éventuellement à des exosquelettes « motorisés » qui « aideront à soulever et porter » des charges. « L’idée est de démontrer que ce n’est pas de la science-fiction, que c’est réel et qu’il y a une valeur ajoutée« , poursuit-il. « Si nous démontrons sa valeur, nous pourrons étendre son usage à d’autres tâches. »

L'EksoVest soulage les épaules d'un ouvrier d'une chaîne de montage

Dernière étape d’une longue série de tests chez Ford

Le deuxième constructeur automobile américain étudie depuis de nombreuses années comment faire baisser le taux de blessures chez ses opérateurs. L’utilisation d’un exosquelette est la dernière étape de ce long processus.

Entre 2005 et 2016, Ford a enregistré une diminution de 83% des blessures ou des accidents du travail qui ont entraîné une absence de plusieurs jours, un aménagement du temps de travail ou une mutation vers un autre service, soit un taux de 1,55 accidents par 100 salariés. Cela représente un peu plus de la moitié du taux d’accident du travail constaté aux Etats-Unis qui était de 2,9 cas pour 100 salarié du privé en 2016, selon les données du gouvernement américain.

Statistiquement, la blessure la plus courante sur une chaîne de montage se situe au niveau des épaules. C’est aussi celle qui met le plus de temps à guérir. Paul Collins, l’opérateur de l’usine Ford à Wayne, ne veut plus se défaire de son gilet EksoVest et prévient ses collègues qu’il faudra se battre avec lui s’ils veulent la lui piquer.


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