La N.A.S.A., GM et Bioservo vont tester un prototype de gant bionique

Le constructeur General Motors, partenaire de la NASA pour le Robonaut, vient d’intégrer le suédois Bioservo à cette alliance pour développer un gant bionique nouvelle génération.

General Motors et le retour de l’innovation

Le géant de l’automobile américain voit de nouveau les choses en grand depuis que ses ventes repartent à la hausse. Après avoir emprunté le chemin de la voiture autonome en rachetant la start-up Cruise Automation (plus grosse acquisition de l’Histoire dans ce domaine), le constructeur a annoncé avoir travaillé avec l’agence spatiale américaine pour concevoir un gant d’assistante à l’effort. Le but ? Faciliter le travail de ses employés d’usines en les aidant à porter des charges grâce à un prototype de gant, baptisé RoboGlove et développé conjointement avec la NASA pour la Station Spatiale Internationale.

En réalité, ce gant a été conçu et développé par une start-up suédoise appelée Bioservo Technologies. Elle est déjà à l’origine du gant SEM, introduit dans le commerce britannique et irlandais en janvier 2015. Ce gant a été fabriqué dans l’objectif de réduire l’effort consenti par un utilisateur dont la poigne a été amenuisée par une blessure, de l’arthrite ou un problème à l’épine dorsale. L’acronyme SEM tient pour Soft Extra Muscles, car ce gant n’a rien de mécanique comme c’est d’ordinaire le cas des exosquelettes. Des capteurs sont disposés sur le bout des doigts et sentent lorsqu’on empoigne un objet, avant d’injecter la quantité de force manquante. De même, lorsque l’utilisateur relâche sa pression sur l’objet, le gant desserre proportionnellement son empoigne. Un appareil déjà commercialisé pour un prix fixé entre 4730 et 6000€ tout de même.

Le gant bionique SEM de Bioservo technologies

Roboglove, le successeur du SEM

General Motors a flairé le bon filon et a noué un partenariat stratégique avec le suédois pour obtenir une licence sur ses produits. Ainsi, dans une triple alliance Bioservo-NASA-GM, un nouveau concept de gant bionique verra le jour en utilisant une partie des technologies développées pour le modèle SEM et les avancées faites par l’association GM-NASA depuis 9 ans de collaboration. Une collaboration décennale qui a déjà abouti sur l’humanoïde Robonaut (R2), envoyé dans l’espace en 2011. « Le successeur du SEM réduira l’effort consenti par un ouvrier pour se servir d’un outil sur la longue durée ou de façon répétitive » explique Kurt Wiese, vice-président de l’ingénierie chez GM.

Pour satisfaire les nouvelles exigences de l’ISS, le futur gant hébergera tout un tas de nouvelles technologies qui amélioreront tant les tendons et actionneurs que les capteurs. Fort de son expérience passée à développer le robot R2, conçu spécifiquement pour manipuler des objets, l’équipe pourra accélérer le processus de R&D grâce au savoir-faire médical de Bioservo Technologies. Cette expérience leur permettra de remédier à un certain nombre de problèmes qui limitent l’efficacité des travailleurs : lorsque l’on exerce une pression trop longue sur un objet, notre poigne peut être amenée à sa relâcher et aboutir sur des accidents professionnels, des dégâts matériels ou simplement sur une mauvaise fabrication du produit.

A travers ce partenariat, Tomas Ward, CEO de Bioservo, voit une association « des trois meilleurs mondes : celui de l’aérospatiale avec la NASA, de l’ingénierie avec GM et de la technologie médicale avec Bioservo« . Une alliance qui devrait aboutir sur l’un des premiers « gants industriels à usage répandu« .

Pour s’assurer que cette future technologie fonctionne convenablement, c’est GM qui la testera dans ses usines américaines. Car pour faire face à la demande à la hausse, le constructeur qui regroupe des marques internationales comme Chevrolet, Opel, Cadillac et les marques chinoises Wuling et Baojun notamment, compte ouvrir cinq usines rien qu’en Chine, pour produire 5 millions d’automobiles par an. Et une telle technologie qui soulagerait d’un fardeau pourrait donc bénéficier à ses 215 000 employés qui ont vendu près de 10 millions de véhicules en 2015.


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