Google branle bas de combat pour faire oublier son premier accident de voiture autonome

voiture autonome google car

Après le premier accident impliquant directement le véhicule autonome de Google, le débat sur l’autorisation des voitures sans chauffeurs est remis sur la table. Mais le directeur du projet ne s’est pas laissé abattre et a fait part de son optimisme à l’occasion du festival SXSW qui se tient à Austin depuis le 11 mars.

Le 14 février dernier, un modèle de Google Car entrait en collision avec un bus dans une rue de Moutain View, dans la Silicon Valley. Sur les 17 accidents dans lesquels une voiture autonome de la firme californienne était impliquée, aucun n’avait jusque là mis en cause le véhicule de Google.

Tant que les véhicules autonomes auront à faire avec les conducteurs humains, la marge d’erreur et de hasard restera un facteur primordial de la garantie de la sécurité des usagers, aussi infaillible soit la machine. Selon Donald Norman, professeur en sciences cognitives à l’Université de San Diego, le vrai problème « c’est que la google car est trop sûre, il lui faudrait être agressive juste comme il faut, et ce « comme il faut » dépend de la culture ». Une manière de dire que non seulement les humains ne respectent pas forcément les règles et le code de la route mais qu’ils ne le respectent pas tous de la même manière. Il faudrait donc adapter sa conduite à chaque culture.

En attestent les conditions de l’accident -mineur- entre la Lexus de Google et le bus municipal  : la voiture autonome (dans laquelle se trouve toujours un humain pouvant repasser en mode manuel), attendait à une intersection pour tourner à droite. Des sacs de sable empêchaient la Lexus de serrer sa droite lors de son engagement. La voiture comme le conducteur pensaient que le bus municipal décrocherait pour les laisser s’engager sur la voie. Le conducteur n’est donc pas repassé en mode manuel -ce qui était le cas dans la plupart des accidents de google cars- et le bus pensait pour sa part que la Google car ne s’engagerait pas.

google car accident avec un bus

Dans son rapport de circulation de février, Google a justifié cet incident en expliquant que « ce type d’erreur d’interprétation arrive tous les jours entre conducteurs humains » et en insistant sur le fait qu’au lieu de ralentir ou d’esquiver pour laisser la Google Car s’engager sur la voie, le bus a continué sa course.

Finalement, en anticipant chacun le comportement de l’autre, il y a eu incompréhension entre la Google car et le bus, de sorte que les deux véhicules sont entrés en collision. Google a par ailleurs assumé sa part de responsabilité dans l’incident. Une première.

Un cadre juridique en pleine construction

Deux jours plus tôt, la plus haute autorité américaine en matière de transports autoroutiers, la National Highway Traffic Safety Administration, avait finalement reconnu dans une lettre adressée à Google, l’intelligence artificielle de la voiture autonome comme « conducteur ».

Un grand pas vers la commercialisation de ces véhicules autonomes dont la responsabilité en cas d’accident tardait à être établie. Ainsi, ce ne sera plus le passager ou le conducteur passif qui sera responsable mais bien le logiciel de Google. Cette décision tranche finalement une question essentielle demeurée sans réponse légale depuis les premiers tests sur route de ces nouveaux véhicules en 2014.

Toutefois, dans un rapport remis plus récemment, l’autorité des transports n’autorise pas pour autant les voitures autonomes à être complètement dépourvues de commandes manuelles comme le volant ou les pédales de freins. Et c’est bien là l’ambition de Google depuis ses débuts.

Carte de l’avancée de la législation pour l’autorisation des tests de circulation de voitures autonomes aux Etats-Unis
carte legislation test voiture autonome us

Nombreux sont les constructeurs qui scrutent l’évolution de ces négociations au jour le jour, car les conditions et les contraintes légales de mise en circulation des véhicules autonomes n’ont pas encore été clairement établies par les autorités américaines. Faute de quoi, l’arrivée des voitures sans chauffeur sur nos routes ne risquent pas de devenir réalité.

 

Google rassure au SXSW

A l’occasion du Festival SXSW d’Austin, le directeur du projet Google Self-Driving Car Project, Chris Urmson, s’est voulu rassurant. Au cours d’une présentation de près d’une heure durant laquelle, il vante les mérites du projet, tant au niveau de l’optimisation des déplacements de personnes et de produits, de la sécurité, que du confort, Chris Urmson en a profité pour annoncer que son équipe avait d’ors et déjà mené 3500 tests pour multiplier les « scénarios fous » et donc imprévisibles.

Il cite notamment des cas absurdes rencontrés durant les phases de tests : « Nous avons eu des groupes de jeunes qui traversaient la rue à quatre pattes, en sautant comme des grenouilles »; « Un jour une femme en chaise roulante électrique qui poursuivait des canards en tournant en rond sur la route« , des cas particuliers « qui ne figurent pas dans le code de la route » rappelle t-il avec humour. De quoi s’assurer que ce genre d’incidents ne se reproduise plus ? Pas si sûr, tant la nature humaine semble imprévisible. Mais les progrès en Deep Learning dont peut se targuer l’entreprise avec l’écrasante victoire de son intelligence artificielle AlphaGo sur l’un des meilleurs joueurs de Go au monde présage un avenir plus radieux pour la Google Car.

le directeur du projet de voiture autonome google s'exprime au SXSW

Cette tentative de réconfort intervient deux jours avant que le même Chris Urmson ne soit entendu par le Comité du Commerce du Sénat américain. En compagnie d’autres dirigeants de marque comme le vice-président de General Motors, Mr Urmson entend bien presser les députés de la chambre haute américaine à accélérer les discussions sur l’autorisation des véhicules autonomes. Les témoins convoqués par le Comité doivent contribuer à faire le point sur les avancées technologiques en la matière, tout en donnant leurs impressions sur le rôle que devrait assumer le gouvernement américain, notamment dans le soutien au développement de cette industrie. Un rôle qu’Obama semble prêt à jouer puisqu’il a promis une enveloppe de 4 milliards de dollars pour le financement de projets pilotes.


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