L’impression 3D, l’avenir du BTP ?

De plus en plus d’entreprises mettent au point leurs propres technologies d’impression 3D pour concevoir des bâtiments plus rapidement et à prix réduit. A Dubaï et en Chine, les premiers établissement du futur sortent déjà de terre.

L’impression 3D en pleine effervescence

L’impression 3D n’en finit plus de déchaîner les passions. Son pouvoir de démocratisation comme son pouvoir de création de nouvelles esthétiques sont tous deux fréquemment mis en avant pour promouvoir cette technologie. Chaque jour, l’on apprend avec surprise l’impression d’objets toujours plus insolites. Des avions Airbus aux fusées spatiales Atlas V partiellement imprimées en 3D, en passant par les robots, la technologie gagne tous les terrains. Entre les records de vitesse du français Prodways, l’impression en métal de pièces miniatures par Harvard ou encore les imprimantes capables de produire à la volée, la technique se développe tous les jours, élargissant toujours un peu plus le champ des possibles.

Mais la technologie s’attaque à un nouveau terrain de jeu : le bâtiment. Loin des modèles miniatures à intégrer à son chez soi, les constructeurs développent également des solutions à l’extrême inverse. Car avec des modèles beaucoup plus imposants, il est évidemment possible d’imprimer des pièces beaucoup plus grandes. Des solutions existent déjà pour concevoir des bâtiment éphémères et de basse qualité, à construire dans les zones difficiles ou pauvres. Mais plus récemment, les constructeurs ont les idées larges et s’attaquent à des chantiers beaucoup plus ambitieux. Le français XtreeE a d’ailleurs sauté sur ce créneau en proposant une technologie d’impression en béton qui était en démonstration sur le salon Industrie Paris en avril dernier. D’autres ont déjà mis leurs plans à exécution.

A Dubaï, le premier quartier d’affaires

La très prospère ville des Emirats Arabes Unis se fait régulièrement remarquer pour ses projets pharaoniques, mais également technologiques. En atteste sa décision d’intégrer pour la première fois des robots-policiers au sein de ses forces de sécurité à l’occasion de l’Expo universelle. Dernier projet qui vient d’aboutir : l’impression 3D de bureaux.

Fin mai, Sa Majesté le cheikh Mohhamed avait inauguré en personne ce nouveau haut-lieu de l’innovation des EAU. D’après lui, les EAU font figure de plaque-tournante de l’innovation technologique mondiale : « nous donnons vie à nos plans et menons des actions concrètes, pas des théories » a-t-il martelé pour vanter le dynamisme de Dubaï lors de l’inauguration du lieu baptisé « Office of the Future ».

Et d’ajouter : « Le monde évolue rapidement et nous demande constamment de se mettre à la page, car l’histoire ne retient pas les plans mais les accomplissements« . Si le symbole est fort, car ce bureau du futur est en réalité le premier à avoir été imprimé en 3D, reste à donner suite à ce projet. Sortir un bâtiment flambant neuf du sol aride de Dubaï est une chose, encore faut-il héberger d’éminents chercheurs. A l’instar de l’impressionnant Centre d’Innovation de la Fondation Skolkovo en Russie, il n’y a plus qu’à espérer que cet établissement ne fasse pas figure de coquille vide.

La Fondation de Dubaï prend ses quartiers

La zone de bureaux de 250 m² accueillera la Fondation De Dubaï pour le Futur. Et ce projet s’inscrit dans un programme plus large intitulé « Dubaï 3D Printing Strategy ». Ce plan gouvernemental vise à développer l’usage de l’impression 3D sur son territoire et sous toutes ses formes : santé, construction et produits de consommation. De quoi faire des EAU, le premier centre d’innovation d’ici 2030.

A commencer par cet ensemble de bureaux imprimés en moins de trois semaines avec une imprimante de 6 mètres de haut, 36 mètres de long et 40 de largeur. La machine est également équipée d’un bras robotique. La conception du bâtiment s’est faite en utilisant des matériaux innovants destinés à réduire la consommation d’énergie (comme des stores permettant de laisser rentrer la lumière tout en gardant la pièce au frais). Le tout a également été équipé de capteurs et connecté au réseau pour permettre un monitoring précis des activités. Niveau main d’oeuvre, le chantier a mobilisé un maître d’oeuvre pour superviser l’imprimante 3D, 7 ouvriers pour installer les composants sur place, ainsi qu’une dizaine d’électriciens. Ce qui équivaut à une baisse de 50% de la main d’oeuvre nécessaire à la construction d’un site de taille semblable.

La Chine pionnière des maisons imprimées

La Chine fait figure de pionnière en la matière. Dès 2008, elle construisait déjà des maisons de la sorte. Depuis c’est une véritable course à la démesure qui oppose les constructeurs. La société YingChuang ne fait pas dans la demi-mesure. Pionnière dans les strutures en fibres de verre, elle a très vite cherché à améliorer ce procédé par de l’impression 3D. En 2008, elle construisait le premier mur de bâtiment en 3D et en 2015, elle construisait le premier manoir du monde. Sur son site elle se vante également de pouvoir imprimer des maisons en moins de 24h. Elle travaille sur de nombreux projets colossaux comme le musée Ordos et le Guangzhou dayi Village (ci-dessous).

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Mais également sur des projets entièrement imprimés en 3D, comme cette tour, la plus haute à ce jour. Elle travaille également sur un énorme projet de villa qui est en cours de construction. Ci-dessous, la fameuse tour la plus haute.

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Une technologie pour l’instant gardée secrète

L’entreprise chinoise HuaShang Tengda est spécialisée dans la construction de maisons, en impression 3D. Elle vient tout juste d’imprimer une maison de 400 m² en moins de 45 jours. Construite à Pékin, cette maison est affichée comme la première de deux étages à avoir été imprimée au monde. Elle fait directement concurrence à son rival WinSun (propriétaire de YingChuang) dont la réputation a été ternie par les déclarations du Dr Berokjh Khoshnevis, créateur de la technique Contour Crafting et qui accusait la compagnie de lui avoir dérobé sa technologie brevetée.

Si l’on en croit HuaShang, leur méthode a consisté à utiliser 20 tonnes de béton C30, particulièrement solide, pour imprimer des murs de 250 cm d’épaisseur et concevoir cette maison de deux étages au sud de Pékin. Une technologie particulière, dont les secrets n’ont pas été révélés, qui aurait donc permis de construire des murs résistant aux séismes classés en deçà de 8 sur l’échelle de Richter.

Une villa en impression 3D en Chine par HuaShang

Une villa imprimée en 3D en Chine par HuaShang

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  1. ESCHALLIER Christian

    des murs de 250cm d'épais !!! soit 2.50m... un château fort quoi. On faisait déjà ça il y a 1000 ans chez nous !