Intel poursuit son échappée et acquiert la start-up de machine vision Movidius

Josh Walden et Remi El-Ouazzane

Après avoir lancé sa puce Joule, Intel poursuit sa conquête du marché des systèmes intelligents en mettant la main sur la start-up de machine vision Movidius.

L’IA et la robotique, premières cibles des géants de l’informatique

Alors même que le géant de l’électronique américain dévoilait en grande pompe ses plus belles inventions lors de sa conférence IDF 2016 (Intel Developers’ Forum), il ne s’est pas fait prié pour concrétiser ses propos et mettre son plan en action.

L’un des produits phares annoncés lors de sa conférence du mois dernier était sans conteste Intel Joule. Un micro-ordinateur spécialement conçu pour les drones et la vision par ordinateur. A peine sorti dans le commerce, le français Flylab l’intégrait déjà à l’une des ses plate-formes volantes.

Désormais, la stratégie d’Intel est clair comme de l’eau de source : propulser la micro-informatique et la vision par ordinateur pour booster les grands secteurs de croissance à venir. A savoir : la robotique, les drones et l’intelligence artificielle.

Intel et son écosystème de solutions

Cette nouvelle acquisition vient compléter la longue liste des start-up technologiques rachetées par un géant de l’innovation technologique. On se souvient du rachat de Moodstocks, la start-up française spécialisée dans le machine vision, par Google, mais aussi de Turi, une petite société de deep learning qui entend révolutionner les systèmes de prédiction, rachetée par Apple en août.

Intel n’est pas en reste puisque en mai dernier, elle avait déjà mis la main sur Itseez, une compagnie elle-aussi spécialisée dans la vision par ordinateur. Comme indiqué dans le communiqué, ce rachat consacrait la volonté d’Intel de se transformer d’une société de l’ordinateur à une société du cloud et du tout-connecté. Cette acquisition devait propulser les ambitions d’alimentation des futurs systèmes IoT et automobiles. Six mois plus tôt, c’était l’entreprise de Cloud Computing Saffron qui passait dans son giron. Et en 2013, la société spécialisée dans le traitement du langage, Indisys, ouvrait le bal des rachats d’Intel.

Movidius

Aujourd’hui, Intel remet donc le couvert avec Movidius. La start-up prend donc sa place dans le porte-feuille de solutions IoT d’Intel en lui apportant un nouveau savoir-faire en terme d’intelligence artificielle grâce à ses algorithmes de deep learning mais aussi en terme de traitement d’images à basse-consommation (VPU).

Depuis sa création en 2006 à San Mateo, la société développe des technologies de vision par ordinateur les plus efficaces possibles pour être non seulement performantes mais miniaturisables. Elle a déjà collaboré avec les plus grands noms de la high-tech, dont Google et DJI. Son produit phare, c’est le Movidius Myriad 2, un micro-processeur spécialement conçu pour rendre possible le machine vision.

Sur son site, la société introduit la nouvelle de la façon la plus simpliste et claire possible : « Movidius + Intel = Vision for the Future of Autonomous Devices« .

Car à l’instar d’Intel Joule, les micro-processeurs Myriad apportent aux machines leur intelligence visuelle. Qu’il s’agisse d’une caméra de surveillance, d’un objet connecté, d’un robot, d’un drone ou même d’un casque de réalité virtuelle, tous ces appareils hardware auront tôt ou tard besoin d’une telle technologie pour pouvoir traiter et comprendre les données visuelles captées en un temps convenable. Comme chez nous autres êtres humains, la vision est l’un des premiers sens de la perception des ordinateurs et donc de l’apprentissage. Mais pour qu’une machine puisse les interpréter en continu et ainsi s’inscrire dans ce fameux processus d’apprentissage et de repérage dans l’espace, il lui faut une capacité de traitement phénoménale. C’est ce qu’était censé apporter Intel Joule au RealSense et c’est ce que devra apporter le savoir-faire de Movidius à l’avenir. En plus de sa puce électronique, Movidius a également lancé sa propre plate-forme de développement en machine learning, baptisée Fathom.

composition de la puce Myriad 2 de Movidius

Avec l’acquisition de Movidius, Intel vole la vedette à Google avec qui la startup avait déjà collaboré, et s’avance d’un pas supplémentaire vers la réalisation de son écosystème de solutions visant à donner des yeux et un cerveau aux appareils hardware qui feront l’économie du futur.


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