Alter, le nouvel humanoïde ultra-réaliste du docteur Ishiguro

Le Dr Ishiguro dévoile sa toute dernière créature au Musée Miraikan : Alter, l’humanoïde ultra-réaliste qui se déplace tout seul grâce à un réseau de neurones.

Le Dr Ishiguro frappe une nouvelle fois

Coup de publicité réussi pour ce projet de Takashi Ikegami (Université de Tokyo) et de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).

Le docteur Ishiguro est le maître incontesté de la fabrication de robots à l’apparence humaine. A la tête de son propre laboratoire intégré à l’Université d’Osaka, le chercheur fou japonais développe des androïdes extrêmement réalistes et flirte avec la vallée de l’étrange depuis de nombreuses années. Le but n’est pas de remplacer les hommes par des clones métalliques mais bien de profiter des avancées de la recherche dans le domaine, pour faciliter l’aider aux personnes âgées. De plus en plus nombreuses au Japon, les personnes âgées constituent non seulement un enjeu majeur de la politique démographique de l’archipel, qui doit trouver de nouveaux moyens de redynamiser sa société, mais aussi un marché très prolifique. Car à mesure que la part de la population représentée par le troisième âge augmente, la main d’oeuvre disponible diminue, mais elle ouvre également un marché de plus en plus important pour de nombreux investisseurs soucieux de trouver de nouvelles solutions pour accompagner ces personnes. Ce marché c’est celui de la silver economy.

D’autre part, la société japonaise est marquée par une solitude très forte et la technologie représente bien souvent un exutoire pour bien des japonais. Ce n’est pas pour rien que SoftBank a racheté le français Aldeberan et ses robots émotionnels. Ce n’est pas pour rien non plus que cette même société s’est associée à Honda pour développer un appareil de mobilité doué d’une intelligence artificielle capable de nouer des liens forts avec son propriétaire. D’ailleurs, le père de Pepper, l’humanoïde le plus vendu à ce jour – et quasiment le seul – a quitté le navire pour battre de ses propres ailes et créer un nouveau robot spécialement conçu pour effacer le sentiment de solitude avec sa société Groove X.

La mission principale du docteur Ishiguro est donc de créer une interaction homme-robot symbiotique de manière à faciliter la communication entres les hommes et les machines et notamment les robots médicaux et les personnes âgées ou les éducateurs et les enfants.

ishiguro

Alter, le nouvel androïde japonais

Bien que ce penchant pour l’imitation et la reproduction du vivant sur des objets pourtant dénués de vie est loin de leur être exclusif, les japonais n’hésitent pas à imiter au possible notre apparence, notre langage et notre gestuelle pour faciliter l’interaction homme-machine, jusqu’à ce que la frontière entre les deux soit à peine perceptible.

Aussi, c’est dans le musée Miraikan que les deux inventeurs ont choisi d’exposer leur nouvelle créature. Ce musée dédié aux sciences et aux technologies est atypique à bien des égards. Non seulement il présente des œuvres et inventions tout à fait singulières mais il emploie également deux robots pour assurer l’accueil multilingue, présentés ici.

Le projet Geo Cosmos est l’une de ses activités phares. Il s’agit concrètement d’un globe terrestre de grande taille sur lequel peuvent être affichés des images en tous genres. Il permet de mieux visualiser des données pour étendre leur portée et faciliter leur compréhension. Exemple ci-dessous avec un tour du monde des zones de crises.

Mais revenons vers la nouvelle bête de foire du musée. La toute dernière création présentée ici ressemble de très près aux célèbres géminoides du Dr Ishiguro. A la différence près, que celui-ci ne sert pas de robot de télé-présence mais embarque plutôt un réseau de neurones. Ainsi, ce robot baptisé Alter est capable de se mouvoir de lui-même et selon la compréhension qu’il tire de son environnement direct. Pour se déplacer sans encombres, Alter a été conçu avec pas moins de 42 actionneurs pneumatiques ainsi qu’un ordinateur central.

Ce composant lui permet de générer lui-même des séries de mouvements en fonction de ce que ses capteurs détectent. Température, son, distances et humidité, tout est analysé par son ordinateur embarqué.

Comme le rapporte Engadget, qui a pu visiter l’exposition, toute cette technologie ne permet pas au robot de se mouvoir comme un humain. Et pour cause, l’idée centrale de ce projet est de donner, pour une fois, les clés au robot lui-même. Ce que ses concepteurs recherchent, c’est à s’éloigner des inconvénients de la programmation en autorisant la machine a élaboré ses propres schémas de mouvements. Tout cela dans le but de recréer cette impression de « chaos » propres aux êtres vivants, dont les mouvements sont tout sauf mathématiquement prédéfinis.

le robot Alter

« Cette fois, Alter ne ressemble pas à un humain. Elle ne bouge pas comme un humain, mais elle a une forme de présence » précise Kouhei Ogawa à Engadget. Pour recréer ces mouvements hasardeux, les chercheurs se sont inspirés de l’un des premiers et plus basiques modèle de réseau de neurones, celui d’Eugene Izhikevich. Pourquoi est-il si simple ? Parce qu’il repose la théorie du spike and burst, autrement dit de l’action/réaction. En gros, il fonctionne « comme des pendules » : la première rencontre la seconde, qui rencontre à son tour la première jusqu’à créer une chaîne de mouvements.

Cette technique, somme toute basique, permet toutefois de créer une interaction en temps réel avec les personnes autour d’Alter, sans avoir eu à la programmer au préalable. Une tâche rudement longue et complexe, souligne Ogawa.

le robot japonais super réaliste alter

Source et crédits photos : Mat Smith /Engadget.


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  1. Jean-Marc VILLER

    A fabriquer des robots à ressemblance humaine, le risque est grand qu'un jour la personne humaine soit occultée au profit de la machine ... parce que celle-ci pourrait être tellement plus performante et ne jamais avoir de vague à l'âme.

  2. Derval

    Ridicule.