Pour Jack Ma (Alibaba), les robots feraient de meilleurs PDG

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C’est au cours d’une conférence sur l’entrepreneuriat à Zhengzhou, en Chine, que Jack Ma, président milliardaire d’Alibaba, a dit tout le bien et le mal qu’il pensait des robots…

C’est bien simple. Pour le grand gourou de l’Amazon chinois, les robots feraient de meilleurs PDG ! Pourquoi ? Vous allez comprendre. Il a tout simplement exhorté la foule à se réveiller sur l’optimisation de l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’automatisation dans le monde du travail. « Il y a quinze ans, j’ai prononcé des discours rappelant à tous que l’Internet aura un impact sur toutes les industries, mais les gens n’ont pas écouté parce que je n’étais personne », a-t-il commencé.

Selon lui, l’intelligence artificielle et d’autres technologies causeront aux gens « plus de douleur que de bonheur » au cours des trois prochaines décennies. « Les conflits sociaux auront un impact sur toutes sortes d’industries et de modes de vie », a déclaré le fondateur d’Alibaba, ce géant du commerce en ligne.

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Pour l’homme d’affaires chinois de 52 ans, il s’agirait davantage de mettre les dirigeants sur la touche. Pour ainsi éviter la montée d’angoisses de millions de salariés à travers le monde. S’il ne s’oppose pas au développement de la robotique et de l’IA, il plaide donc pour des recherches qui évitent au maximum une certaine cassure sociale. « Dans 30 ans, un robot sera probablement présenté sur la couverture de Time Magazine comme meilleur PDG », assure celui dont l’entreprise a diversifié ses activités, que ce soit dans la livraison par drone, la vidéo en ligne, la voiture connectée ou l’intelligence artificielle. Il estime entre autres que le système éducatif devrait dès maintenant former les enfants à ces nouveaux enjeux.

Pour Ma, « un robot se souvient mieux que vous, compte plus vite que vous, et ne sera pas en colère contre les concurrents ». Alors que l’industrie s’adapte à l’intelligence artificielle, Ma estime que l’IA et les robots ne devraient pas remplacer les humains dans ce qu’ils font. Mais qu’il faudrait mieux les spécialiser dans des tâches que les humains ne peuvent pas faire. Une manière de percevoir les robots comme des partenaires et non comme des rivaux.

L’enjeu d’un développement éthique de l’IA

De Bill Gates à Elon Musk en passant par Stephen Hawking, l’intelligence artificielle suscite un certain nombre d’inquiétudes chez des personnalités de premier plan du milieu de la high tech. Un guide de référence pour un développement éthique de l’IA a même été signé par plus de 3500 chercheurs dont près de 1200 experts de la discipline.

Au niveau européen, la problématique de l’éthique appliquée aux robots et à l’IA a fait l’objet d’une résolution votée au Parlement en février dernier. Le texte demande à la Commission « de proposer des règles sur la robotique et l’intelligence artificielle, en vue d’exploiter pleinement leur potentiel économique et de garantir un niveau standard de sûreté et de sécurité ». En perspective d’un statut juridique spécifique pour les robots, les euro-députés suggèrent la mise en place « d’un code de conduite éthique volontaire sur la robotique pour les chercheurs et les concepteurs. L’objectif est de garantir qu’ils opèrent conformément aux normes juridiques et d’éthique et que la conception et l’utilisation des robots respectent la dignité humaine ».

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Destruction ou création d’emplois ? Tout cela renvoie comme souvent dans le milieu à cette étude inédite régulièrement citée depuis sa publication. En effet, selon deux chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT) et de la Boston University, les robots seraient responsables de la disparition nette de 670 000 postes entre 1993 et 2007 aux Etats-Unis. L’introduction d’un robot pour 1000 salariés détruirait 5 à 6 postes. Plus récemment encore, une étude du Forum économique mondial 2016 prévoit que 5 millions d’emplois seront perdus pour l’automatisation d’ici 2020.

Cependant, Jack Ma semble rester optimiste quant à la capacité des humains à travailler en collaboration avec les machines : « Les machines feront ce que les êtres humains sont incapables de faire. Elles vont s’associer et coopérer avec des humains, plutôt que de devenir le plus grand ennemi de l’espère humaine ». C’est peut-être plus facile à dire qu’à faire, surtout dans la bouche d’un homme qui pèse, selon Forbes, environ 28 milliards d’euros à lui tout seul.


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