Des bases extra-terrestres construites par des robots

L’Agence d’Exploration Spatiale Japonaise s’associe à Kajima Corporation pour concevoir un système de construction automatisé avec des véhicules autonomes.

Les robots à la conquête de la planète Mars

Entre les rovers de la NASA, les essais de fusées de Spaxe X et de Blue Origin et le projet fou de colonisation Mars One, la planète rouge cristallise toutes les ambitions d’explorations spatiales ces dernières années.

Si l’exploration spatiale reprend un second souffle actuellement ce n’est pas un hasard. Les progrès phénoménaux des nouvelles technologies redonnent espoir aux entrepreneurs et gouvernements. Le rêve de fouler le sol de la planète rouge est désormais dans plus en plus de têtes. Et pas des moindres.

Les progrès de la recherche en robotique, en mécanique, mais aussi en énergie relancent le fantasme de l’exploration spatiale. Parmi ces avancées technologiques, figure l’impression 3D. Ce moyen de production léger et ajustable élargit le champ des possibles et facilite le travail des astronautes. L’imprimante culinaire a d’ailleurs initialement été inventée dans le cadre d’un programme de la NASA avant d’arriver sur le marché de la pizza…

L’agence japonaise à la pointe de la technologie

Difficile de se faire une place au milieu d’un Elon Musk ou d’un Jeff Bezos… Encore plus difficile de concurrencer l’agence spatiale américaine. Et pourtant, l’agence spatiale japonaise JAXA a bien l’ambition, elle-aussi, de fouler le sol de Mars.

Exit l’impression 3D, exit le robot Walkyrie de la NASA, la JAXA propose un tout nouveau type d’installation pour coloniser Mars. Et ce, en relevant les défis de la distance et de la rareté des ressources.

L’agence nippone s’est associée à l’industriel Kajima pour concevoir et développer tout un système autonome de construction. Le but ? Remplacer les ouvriers du BTP par des robots pour installer des bases lunaires et martiennes capables d’abriter des humains sur la longue-durée. Les premiers plans laissent entrevoir une installation pouvant héberger entre 4 et 6 personnes à l’horizon 2030 sur la Lune et à l’horizon 2040 pour la planète rouge. Son avantage étant qu’un tel système ne nécessiterait aucune supervision humaine et donc aucun signal de télé-communications qui mettrait des heures à faire la distance Terre-Mars. D’autre part, si l’envoi d’ouvriers humains est presque plausible, cela n’esquive pas le second problème majeur rencontré sur la planète : le manque de ressources. Pas d’eau, pas de d’agriculture, pas de vie. Un robot n’aurait besoin que d’alimentation.

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Kajima n’en est pas à son coup d’essai. Le japonais se distingue de la concurrence par son innovation. Elle est pionnière dans les systèmes de construction autonomes -terrestres-. Ce système est baptisé A4CSEL, pour Système de Construction Avancé, Accéléré et Autonome pour la Sécurité et l’Efficacité. Très simplement, il s’agit d’un système de gestion de véhicules de chantier autonomes. Les opérateurs peuvent contrôler le tout à l’aide d’une tablette. Il a déjà permis de construire des barrages dans le sud du Japon avec la société Komatsu.

Jusqu’à présent, le système était géré par une interface centralisée sur la tablette de l’opérateur. Ce qui favorisait les erreurs de communication et de coopération. Aussi, grâce à l’appui de la JAXA, Kajima veut développer un tout nouveau système permettant aux machines de communiquer les unes avec les autres, à la manière des drones volant de la DARPA (à lire « >ici), et ainsi de perfectionner le travail d’équipe.

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Des idées plein la tête

Mais l’agence nippone ne se contente pas d’un partenariat avec Kajima Corporation. Elle a également retenu 31 projets qu’elle accompagnera. Par exemple, en ce qui concerne la partie hardware, la JAXA collaborera avec Taguchi Industrial Co qui se chargera de la conception de « robots de construction ultra-légers« .

Ce projet s’inscrit dans le programme « Open Innovation Hub for Expanding Humanosphere and the Domain of Human Activity through Solar System Frontier Development » qui rassemble 31 solutions innovantes associant le monde universitaire, le monde des affaires ainsi que l’Etat, tous réunis pour conquérir l’Espace. On y trouve une multitude de projets différents, de la conception de « l’actionneur le plus puissant du monde » à celle de « matériaux de pointe qui ne nécessitent aucun liquide » en passant par le développement d’appareils de télécommunications optiques de longue-distance. Ça c’est pour la partie la plus aboutie. Car l’agence spatiale réfléchit également à la conception de petits robots-insectes pour explorer les sols, à un système de reconnaissance et de cartographie multi-véhicules ou bien encore d’une plate-forme autonome tout-terrain et multi-tâches.

Précisions : la photo n’illustre aucunement le projet de la JAXA. Il s’agit d’un concept imaginé par Bryan Versteeg pour la mission Mars One.


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