Jia Jia, l’androïde ultra-réaliste de l’Université de Hefei

Des scientifiques chinois de l’Université des Sciences et Technologies de Hefei ont dévoilé ce vendredi leur androïde ultra-réaliste. Voici Jia Jia, la « déesse robotique » comme la surnomme déjà son créateur en chef, Chen Xiaoping.

Cette fois-ci, ce n’est pas le projet solitaire d’un inventeur tombé fou de Scarlett Johansson. Dans l’amphithéâtre du campus universitaire qui l’a vue naître, Jia Jia a accueilli les curieux venus découvrir la troisième génération de robot interactif de Chen Xiaoping d’un « Bonjour tout le monde, je m’appelle Jia Jia. Bienvenue ! ».

Elle fait 1m60 et succède à Kejia, un robot de service développé par la même équipe de chercheurs, un an et demi plus tôt. Et les progrès en termes de réalisme sont spectaculaires. Conçu comme un robot d’interaction et de service, Jia Jia, est sans doute le robot le plus réaliste conçu jusqu’à maintenant, surclassant même l’intrigante Sophia de Hanson Robotics. Il aura fallu trois ans à l’équipe de cette université de l’Est de la Chine pour mettre au point cet impressionnant robot.

L'androide deuxième génération Kejia

Ses créateurs ne s’en cachent pas, leur volonté était de concevoir un robot « attirant ». Son prénom n’a pas été choisi au hasard, Jia Jia signifiant « jolie » et « aimable » en chinois. Et sa personnalité non plus « Ne vous approchez pas trop de moi pour prendre des photos, sinon ça me fera paraître grosse » dit-elle dès qu’on s’approche d’elle.

Dans la plus pure tradition chinoise des concubines

Jia Jia a donc été pensée non seulement comme un robot à l’image d’une femme, mais en prenant les meilleurs éléments des cinq modèles féminins étudiés pour concevoir ce robot. Et lorsqu’elle s’adresse à son créateur, c’est toujours en commençant par la formule « Mon seigneur ». Des internautes se sont d’ailleurs empressés de critiquer ce penchant pour la création d’androïdes « féminins et dociles » et très rarement masculins.

Si elle est capable de reproduire une multitude d’expressions faciales, de bouger ses membres, ses lèvres et ses yeux, celle-ci n’est pas en mesure de pleurer ou de rire. Des domaines dans lesquels ses créateurs travaillent activement selon Chen Xioaping. Inutile de rappeler que la Chine se situe parmi les pays les plus robot-friendly de la planète. Selon une étude réalisée par le site de voyage TravelZoo portant sur les robots de services dans le secteur du tourisme, 76% des chinois préféreraient avoir affaire avec un robot à l’apparence humaine, quand seulement 51% d’entre eux se disent « inquiets » quand à la possibilité de se voir remplacés par un robot (contre 79% des français).

« Nous espérons continuer à développer ce robot pour qu’il ait des capacités de deep learning. Nous ajouterons un système de reconnaissance faciale pour qu’il interagisse plus profondément avec ses interlocuteurs » a indiqué son créateur en chef, Chen Xiaoping.

En dépit des quelques éclats médiatiques réalisés par les robots Sophia, le sosie de Scarlett Johansson et maintenant Jia Jia, les humanoïdes de services restent encore très rares. En 2015, 24 207 robots des service ont été vendus, contre plus de 200 000 robots industriels. Le marché est encore largement en devenir, surtout en Chine où la densité de robots par employé est largement inférieure à la moyenne européenne, avec 36 robots pour 10 000 employés en Chine, contre 88 pour l’Europe. C’est encore les Pepper et Nao de SoftBank qui volent la vedette aux androïdes ultra-réalistes, mais pour combien de temps ?

Jia Jia sera exposée au salon International de Technologie de Shanghai, du 21 au 23 avril prochains.

Crédits photos : News.cn


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