La bataille des industriels français autour du drone tactique pour l’Armée

Shadow M2, Watchkeeper ou Patroller ? Airbus DS, Thales ou Sagem ? Les trois industriels français se préparent à mener une bataille politique et commerciale afin que leur drone soit choisi par la DGA lors du prochain appel d’offre pour un drone tactique en remplacement des actuels SDTI (Système de Drone Tactique Intérimaire).

Dans le cadre de la Loi de programmation militaire (LPM) lancée début 2014, plusieurs appels d’offres seront lancés au cours des cinq prochaines années. Un des projets concerne l’acquisition d’un nouveau drone tactique pour l’armée de Terre pour remplacer les SDTI (Système de Drone Tactique Intérimaire) fabriqués à l’époque par Sagem Défense Sécurité et en service depuis 2005.

L’appel d’offres qui devrait être lancé pendant cet été devrait porter sur un système composé de sous-ensembles : de dix à trente drones aériens et des stations au sol pour la mise en œuvre, le contrôle des drones et la diffusion des informations recueillies.

Le drone choisi sera utilisé pour des missions de surveillance et de renseignement pour la protection des troupes en appui des opérations militaires. réduisant significativement les risques encourus par les militaires.

Shadow M2 francisé d’Airbus : l’outsider

Airbus Defence and Space (ADS) va utiliser la plateforme Shadow M2 de l’américain Textron Systems. ADS va franciser le système en y intégrant les équipements du Tanan, drone à voilure tournant d’Airbus, de manière à avoir une autonomie complète sur la mission, sur la liaison de données et le contrôle du drone.

Shadow-M2-d'Airbus-Defence-and-Space

Le Shadow M2 est un engin sans pilote catapulté qui mesure 4 mètres de long pour 7 mètres de large. Il présente une autonomie de 8 heures pour une vitesse maximale de 165 km/h. Il devrait être opérationnel d’ici deux ans.

Patroller de Sagem : la French touch

Près de 90% du drone Patroller est fabriqué en France : optronique à Dijon, capteurs à Poitiers, assemblage à Montluçon. S’il est retenu, deux cents postes supplémentaires devraient être créés. De quoi séduire les pouvoirs politiques actuels… En outre, le produit n’intégrant pas de technologie étrangère pourra s’exporter sans qu’aucune nation étrangère n’impose de conditions restrictives.

Drone-UAS-Patroller-de-Sagem

Mais Sagem veut mettre en avant l’adéquation de son produit avec les besoins de l’Armée de Terre. Le Patroller de Sagem est un appareil monomoteur basé sur le motoplaneur Stemme S-15 de l’allemand Ecarys.

Le Patroller a une autonomie supérieure à 20 heures. Son rayon d’action est de 200 km en liaison directe avec une station. Il opère à 6.000 mètres d’altitude l peut transporter divers équipements sous voilure pour une charge totale de 250 kilos. Sa vitesse est comprise entre 130 et 200 km/h.

Euroflir-410-sur-le-Patroller-Sagem

Encore en développement, Sagem a débuté depuis peu les essais en vol de son drone avec le capteur optronique Euroflir 410 SP.

Watchkeeper de Thales : le favori

Le Watchkeeper de Thales a été développé en partenariat avec l’armée britannique d’après une adaptation du drone israélien Hermes 450 d’Elbit Systems. L’Armée britannique a fait l’acquisition de cinquante-quatre drones Watchkeeper et de quinze stations au sol.

Watchkeeper-de-thales-de-l'armée-britannique

Le drone tactique UAS de Thales évolue à une altitude de 4.600 mètres avec une portée de 140 km et une autonomie d’environ 16 h. Il peut emporter sous voilure une charge de 150 kilos et atteindre la vitesse maximale de 175 km/h.

Le point fort du Watchkeeper se situe dans son radar. Conjointement développé par Thales en France et au Royaume-Uni, le capteur présente des caractéristiques avancées pour un poids et des dimensions très faibles.

L’industriel français a profité du salon Eurosatory 2014 pour présenter l’ « Equipe France Watchkeeper », c’est-à-dire, les PME française réunies autour du projet Thales pour répondre à l’appel d’offres du Ministère de la Défense Français.

Etant le seul sur les trois à avoir obtenu une autorisation de mise en service (dans l’espace aérien british), il part comme favori. Néanmoins, la DGA se souvient des derniers essais peu concluants effectués à Istres l’été dernier.


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  1. zelectron

    les français ? avec 15 ans de retard ! et "ils" n'ont pas honte !