La Maison Numérique Normande : un manoir devenu smart home

maison connecte commandé par le doigt

Au milieu de la campagne normande, à quelques kilomètres de Deauville, se dresse une maison pas comme les autres. Tout juste rénovée par Bruno de Latour, figure de la domotique en France, elle est devenue la caverne d’Ali Baba des objets connectés. Celui qui a bâti la première Maison du Futur à Paris en 1988 s’est lancé un nouveau défi : construire un laboratoire grandeur nature, un lieu d’expérience des usages de demain à destination des constructeurs et des fabricants de produits connectés. Bienvenue dans la Maison Numérique Normande.

Une maison plus intelligente et plus confortable, ce n’est pas un rêve pour le futur

Intégrer des technologies numériques dans un manoir du 18ème a été un défi technique considérable. Le projet a cependant convaincu une cinquantaine de partenaires, dont des grands noms de l’industrie internationale, qui ont déjà équipé la Maison de plus de 120 appareils connectés.

robot tondeuse commande via un smartphone

Dans le jardin, les Flower Power de Parrot surveillent l’état de santé des plantes tandis qu’un robot tondeuse Bosch intrigue le chat du propriétaire, équipé d’un collier connecté. L’ensemble du bâtiment est sécurisé par des serrures automatisées aux entrées principales, des poignées communicantes à chaque porte-fenêtre et un système de vidéosurveillance contrôlable à distance. A l’intérieur, température et éclairage s’auto-régulent pour le confort de tous. Enfin, la cuisine renferme la plus grande fierté de Bruno de Latour : un plan de travail sonorisé conçu par Christophe Garcia. Un projecteur installé au plafond permet de le transformer en écran et d’y projeter recettes, documents et vidéos. La cuisine devient un lieu d’effervescence et de partage pour toute la famille.

Très prochainement, c’est Google qui rejoindra l’aventure en intégrant des détecteurs d’incendie, des caméras et des thermostats signés Nest.

Le réseau, clé de l’habitation connectée

Si la Maison Numérique Normande n’est pas encore ouverte au grand public, c’est parce que sa vocation première est d’offrir aux différents acteurs de la domotique et des objets connectés un lieu de vie réel pour tester ensemble leurs produits. Car le véritable challenge est aujourd’hui du côté de l’interconnectivité. Un système domotique est fragile, l’introduction de chaque nouvel appareil peut remettre en cause la stabilité de l’ensemble. La Maison doit permettre de vérifier la validité et la stabilité des réseaux ainsi que de résoudre les conflits entre les protocoles des différents constructeurs. Des formations inter-entreprises vont ainsi être proposées pour inciter tant les start-up que les grands groupes à travailler ensemble sur les services du futur.

La Maison Numérique Normande un manoir devenu smart home

Sécurité : « On a raison de s’interroger »

L’habitat de demain va attiser une question déjà centrale, celle de la sécurité des données. Comment s’assurer que les informations collectées par une smart watch, un frigo intelligent ou une caméra de surveillance resteront privées ? Actuellement, le réseau de la Maison n’est pas plus protégé qu’un réseau classique. Bruno de Latour s’avoue lui-même désarmé face à ce problème central mais n’est pas pour autant fataliste : « On va apprendre en marchant, d’où l’intérêt d’expérimenter ces technologies ici ». Le papa de la domotique reste confiant quant à l’intégration de ces nouveaux équipements dans nos maisons. D’après lui, d’ici 2050, les foyers français compteront entre leurs murs plus d’une cinquantaines d’appareils connectés.

Les projets de Bruno de Latour et de son association PHI 14 (Pour Habiter Interactif) ne s’arrêtent pas là. Fin août 2015, la Maison devrait recevoir une accréditation de l’European Network of Living Labs (EnoLL). Elle pourra ainsi accueillir des études scientifiques, devenir un laboratoire d’expérimentation sociale, et ce principalement dans le domaine de la senior economy et de l’e-santé.

En parallèle, de nouvelles Maisons Numériques devraient ouvrir dans le sud de la France d’ici 2016-2017 afin de soutenir la French Tech et répondre à la révolution numérique en offrant aux entreprises de nouveaux lieux d’expérimentation des usages de demain.

Crédits photo : PHI 14

Marlène Moreira (@mrlnmoreira)
Ex-Aldebaran et passionnée d’innovation et de robotique.


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