Le drone 184 du chinois EHang transportera des organes aux Etats-Unis

le Drone 184 du chinois Ehang

Révélé au grand jour il y a tout juste quatre mois au CES de Las Vegas, la start-up chinoise EHang qui propose le premier drone commercial de transport de personne continue de surprendre. Il vient d’annoncer un partenariat de long terme pour développer des drones de transports d’organes.

Après avoir révélé son modèle 180, grand drone de transport de personne et Ghost 2.0, le drone pilotable grâce à un casque de réalité virtuelle, EHang continue de se poser en digne concurrent de son compatriote DJI dans le domaine de l’innovation technologique. La Chine apparaît comme le nouvel eldorado du drone si l’on en croit l’agence de presse officielle XinHua qui avance des chiffres mirobolants. Entre janvier et novembre 2015, les exportations de drones auraient été multipliées par 9,2 pour atteindre 380 millions d’euros. Et ce n’est pas près de s’arrêter là.

Le drone 184 est un drone géant. Et pour cause, il a été spécialement conçu pour transporter des personnes. Il mesure 2 mètres de long pour un mètre de large, pèse 200 kg et peut transporter jusqu’à 100 kg de charge maximum. Il est entièrement électrique, se charge en 2 ou 4 heures selon le mode choisi et peut se déplacer en moyenne à 100 km/h. A l’intérieur, un siège nouvelle génération relié à une tablette connectée à la 4G, du chauffage et même un coffre pour les bagages.

Cette fois, ce n’est pas une innovation à proprement parler technologique que le chinois propose, mais bien plutôt une petite révolution dans le domaine de la santé. EHang a fait part d’un accord avec l’américain Lung Biotechnology PBC pour assurer le transport d’organes de transplantation. Cet accord qui s’étend sur une durée de 15 ans prévoit le développement et l’achat de 1000 Hélicoptères de Transports d’Organes Artificiels (MOTH), soit une version améliorée de l’actuel drone 184. Lung Biotechnology PBC est une société américaine spécialisée dans les biotechnologies et la réparation d’organes. Pour cela, elle recourt à la xeno-greffe (transplantation depuis une espèce animale différente) mais aussi à la régénération cellulaire à partir de cellules souches. Elle propose pour le moment deux médicaments pour traiter l’hypertension pulmonaire, mais consacre une grande partie de ses activités à la R&D.

Le but de cette alliance ? Effacer la contrainte de la durée de vie d’un organe avant transplantation. Pour ce faire, les deux sociétés ambitionnent de créer un réseau de quadricoptères autonomes qui permettrait de faire le lien permanent entre les hôpitaux qui cherchent un donneur et les lieux de production de ces organes. L’idée est donc double : arriver à concevoir des poumons artificiels grâce à la biotechnologie américaine et à l’impression 3D, et de pouvoir les livrer rapidement et de façon autonome grâce à la technologie chinoise de EHang. En ce qui concerne les transplantations pulmonaires aux Etats-Unis, on en dénombre 2000 par an alors même que 200 000 personnes meurent de maladies pulmonaires chaque année. De quoi limiter le nombre de morts, tout en réalisant des économies d’argent et d’émissions carbone. « Nous prévoyons de livrer  des centaines d’organes par jour, ce qui veut dire que le système MOTH ne sauvera pas seulement des dizaines de milliers de vies, mais également des millions de litres de kérosène par an » a indiqué Martin Rothblatt, CEO de Lung Biotechnology. Au CEO de EHang de répondre : « C’est typiquement le genre de projet que nous voulions mener à bien en construisant le 184. Ce partenariat est une incroyable opportunité pour intégrer le 184 au champ médical et participer à la redéfinition des modèles de livraison d’organes« .


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