Le géant chinois Huawei signe un partenariat avec KUKA

Huawei signe un partenariat avec Kuka robotics

L’atelier du monde entre dans l’industrie 4.0. A l’occasion du CeBIT2016 qui s’est tenu du 14 au 18 mars à Hanovre, le constructeur de téléphones chinois Huawei a signé un partenariat avec KUKA Robotics en vue de favoriser le smart manufacturing.

 

Dans la course à la compétitivté, pas question de traîner des pieds. La Chine est bien décidée à s’inscrire pleinement dans la « quatrième révolution industrielle ». Non contente de concurrencer ses rivaux occidentaux, elle n’hésite pas à aller jusqu’à les devancer, eux qui avaient toujours su garder un coup d’avance. Avant même avoir obtenu le statut de pays développé, l’Empire du Milieu entame son processus de robotisation. Contrairement à l’Europe et aux États-Unis, où la société rurale à laissé sa place à la société industrielle puis post-industrielle, la Chine saute une étape. Alors que la majorité de sa population demeure rurale et n’a donc toujours pas franchi la première étape (industrielle), et qu’elle entre tout juste dans celle des services, il n’est pas question pour le pays le plus peuplé du monde de se laisser distancer.

Ryan Ding de Huawei s'exprime au Cebit hanovre

Un accord d’avenir signé au CeBIT 2016 d’Hanovre

C’est à l’occasion du CeBIT 2016, le salon dédié au digital et à l’innovation, que Huawei, le fleuron de l’industrie chinoise modernisée, a dévoilé un mémorandum d’accord en vue de s’associer avec l’entreprise de robotique allemande Kuka.

Le but ? Développer le smart manufacturing, ou l’usine du futur en français. Autrement dit, des solutions innovantes pour produire plus, et moins cher. Cela passe bien souvent par l’optimisation des chaînes de production et donc par l’automatisation de celles-ci. Le troisième constructeur de téléphones mobiles de la planète vise naturellement à assurer sa compétitivité face à ses concurrents sud-coréens dont les activités sont d’ors et déjà largement robotisées. Car Huawei, si vous le connaissez que depuis quelques années, est bien l’un des leaders du secteur avec ses 8% de parts de marché (derrière Apple et Samsung qui ont respectivement 18,7 et 21,4% des parts) et surtout ses 37% de croissance entre 2014 et 2015, contre 0.4% pour Apple. Et pour cause, le constructeur chinois monte en gamme et ses modèles P7 et P8 réalisent de bonnes performances en Occident. Dans cette course effrenée à la rentabilité, le smart manufacturing permet à l’usine de devenir un centre d’innovation profitable.

Un partenariat centré sur la recherche et le développement. Ryan Ding, le directeur de la branche Produits & Solutions de Huawei le soutient, « l‘industrie manufacturière est en pleine mutation, et les robots joueront un rôle central dans les usines et dans la recherche de nouvelles opportunités. » Les priorités du groupe sont claires : développement de l’internet des objets, des réseaux sans fil et 5G, et utilisation du Big Data pour optimiser le fonctionnement des usines.

contrôler une usine depuis un ipad

Au patron de Kuka de se réjouir de ce partenariat qui lui assure un marché d’avenir pour implanter ses robots intelligents dans les nouvelles usines de l’industrie 4.0 : « En tant que leader de l’innovation dans l’industrie 4.0, Kuka facilite ce développement dans bien des secteurs de l’économie chinoise qui offre un énorme potentiel. »

De quoi accélerer l’implantation de sa gamme de robots, dont les bras de robotique collaborative LBR iiwa capables « de manipuler des produits sensibles en toute sécurité, et n’a besoin d’aucune zone de protection« . Les deux entreprises mettront notamment sur pied une équipe de recherche en robotique pour étudier l’utilisation du deep learning dans les nouvelles solutions de production.

L’atelier du monde se modernise

Malgré une économie qui déchante, la Chine détient toujours le statut de premier exportateur mondial. Les raisons de ce coup de mou ? La hausse des coûts des matières premières qui révèlent au grand jour le réseau d’usines zombies, ces usines subventionnées par le gouvernement central et qui continuent de produire et de produire dans le vide. Le processus de réorientation vers une économie tournée vers la demande intérieure a également un fort impact sur l’économie du pays, et les capitaux fuient le pays par crainte d’une baisse de la croissance et de réactions sévères de la part de l’Etat chinois.
Quels sont les produits que la Chine exporte le plus ?

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La Chine est en réalité le premier exportateur de téléphones avec 45% des exportations mondiales. Devant la Corée du Sud (6,5%) et les Etats-Unis 6,2%. Attention, cela ne veut pas dire que ce sont des constructeurs chinois qui les vendent. Ce chiffre s’explique par le fait que la Chine demeure le pays producteur des téléphones par excellence, y compris des iPhones. Mais elle entend bien concurrencer les concepteurs comme Samsung et Apple, notamment grâce aux performances de Huawei et de Xiaomi.

Où la Chine exporte-t-elle ses téléphones ?

exportations Chine telephones

Enfin, la Chine a tout intérêt à se moderniser et à remonter la filière de production puisque le marché asiatique, qui est un marché encore en devenir, est déjà son marché de prédilection. On voit notamment que 28% des téléphones produits par l’Empire du Milieu sont à destination de Hong Kong.


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