Le journaliste de demain sera-t-il un robot ?

Notre futur sera robotique, c’est une certitude. Une grande partie des emplois, près de la moitié selon cette étude, sera à la portée des robots d’ici 2030. Tous les domaines seront concernés et bien sûr celui du journalisme n’y échappera pas. Des rédactions commencent à s’équiper…

Évidemment, il ne faut pas s’imaginer que dans vingt ans, nous vivrons dans un monde déshumanisé, entourés d’humanoïdes exécutant machinalement des travaux pénibles à notre place, mais bien un mix entre des bras industriels, des cobots, des robots domestiques et beaucoup de lignes de code. Ce monde sera principalement fait d’algorithmes informatiques et d’interfaces interactives.

Des lignes de code pour remplacer les journalistes ?

Et le métier de journaliste dans tout cela ? Certains éditeurs de presse commencent à s’entourer de développeurs compétents afin de trouver des solutions pour la rédaction automatique d’articles. Comment ? En construisant des algorithmes informatiques capables d’extraire les données pertinentes, en faire une synthèse et les réagencer dans un article intelligible.

L’objectif pour les équipes de rédaction est clair : plutôt que de consacrer des ressources à la rédaction d’articles avec peu de fond, telles que l’annonce de résultats sportifs du week-end ou l’évolution du cours de la bourse, on y met des robots et on libère ainsi du temps aux journalistes, pour des travaux demandant plus d’analyse ou d’investigation. Mais qui utilisent ces robots ?

L'intelligence artificielle de Narrative Science rédige des articles automatiques

Des noms ! On veut des noms !

Peu d’éditeurs souhaitent avouer qu’ils font déjà appel à ce genre de robots. Une vingtaine de rédactions en serait équipée, mais deux noms sortent fréquemment dans la presse, car ce sont deux institutions : Forbes et le L.A. Times.

Forbes.com, site sur l’actualité économique, utilise une plateforme d’intelligence artificielle pour générer automatiquement ses brèves à partir des flux d’informations et des articles déjà stockés dans la base de données du site. Cette solution est fournie par Narrative Science, une start-up américaine basée au nord de Chicago créée par deux spécialistes de l’IA, Larry Barnbaum et Kris Hammond, donnant suite au projet Stats Monkey lancé par la prestigieuse Medill School of Journalism. Le logiciel est capable de produire des articles rédigés à la manière d’un journaliste, en puisant ses formules dans une base de mots, d’expressions et de formules communément utilisés sur le Net.

Le Los Angeles Times, quant à lui, utilise des robots pour faire des rapports sur les tremblements de terre : l’éditeur s’appuie sur un algorithme qui exploite les données du site US Geological Survey (USGS), qui surveille l’activité sismique sur la planète : magnitude, épicentre, heure d’un séisme.

Cet algorithme a par exemple permis au quotidien américain de publier en ligne un article trois minutes après qu’un tremblement de terre ait frappé la Californie. Le programme, baptisé QuakeBot, est le fruit de deux ans de recherche de Ken Schwencke, un développeur embauché par le L.A. Times pour mettre au point des solutions robot-journalistiques pas uniquement pour la déclaration et le suivi de séismes, mais également pour la rubrique nécrologique du site.

Les journalistes du futur ne ressembleront pas à un bras robot scribe

Dès qu’une information arrive à la rédaction, le robot la prend en charge immédiatement et les insère dans un gabarit pré-écrit. Rassurez-vous, l’article généré automatiquement est ensuite relu par un humain avant d’être publié en ligne. Il est d’ailleurs signé du journaliste lui-même et non pas par QuakeBot.

En France, la société Opta, fournisseurs de données statistiques sportives, a conçu pour RTL un générateur de flux automatiques de commentaires pour les matchs de Ligue 1.

Le métier de journaliste va-t-il disparaître ?

Une solution automatisée telle que celle de Narrative Science ou le QuakeBot est d’une redoutable productivité : en moins de deux minutes l’article est plié et ce pour un coût estimé à 10 dollars les 500 mots. Est-ce pour autant que la fin du journalisme est annoncée ? Certainement pas.

Avoir un style, trouver un ton, utiliser l’ironie, contextualiser par rapport à une période de l’histoire, être engagé, sont encore loin d’être à la portée des robots et des lignes de code. Bien que Narrative Science propose de personnaliser le ton et l’angle de ses articles automatiques, l’homme ne sait pas (encore?) coder quelque chose qui n’obéit pas à des règles fixes.

De plus, comme dit plus haut, les robots ne pourront pas effectuer d’enquêtes de terrain (bien que les chaînes TV commencent à envoyer des drones sur place…), d’analyses, ou faire des références à des évènements historiques. Les journalistes qui possèdent une qualité d’écriture et un savoir-faire hors de portée des robots sauront tirer leur épingle du jeu. En outre, l’homme a encore la capacité de vérifier ses sources par d’autres moyens que des bases de données.

Kristian Hammond de Narrative Science prévoit que d’ici 2030, 90 % des articles de presse seront générés par des robots et que d’ici 5 ans, un ordinateur a des chances de gagner le prix Pulitzer. On prend les paris ?


Laisser un commentaire

  1. AKH

    Pffff 2030 je serais trop vieux je veux connaitre robots humanoide chez moi s il vous plait les gars depechez vous un robots sa veilli pas un etre humain si snifffff

  2. tristan

    parce que les journalistes ne sont pas déja des robots,des moutons de panurge?

    on verra pas la différence