Le MIT fabrique des robots pour lutter contre la contrebande

Des chercheurs du MIT de Boston ont présenté un robot submersible de forme ovale, capable de procéder à des analyses ultrasons sous l’eau pour inspecter les navires de contrebande.

Présenté la semaine dernière lors de la Conférence Internationale sur les Robots et Systèmes Intelligents, ce robot plus petit qu’un ballon de rugby, a été conçu à la base, pour inspecter les réacteurs nucléaires à la recherche de fissures. Puis, les chercheurs du MIT, se sont rendus compte qu’ils pouvaient élargir son application à la recherche de faux compartiments dans les coques des bateaux, que les trafiquants de drogue fabriquent afin d’y cacher à l’intérieur des produits de contrebande.

Faisant partie de la famille des AUV (Autonomous Underwater Vehicles), le robot a un petit panneau coulissant sur le côté qui laisse la voie libre au capteur.

Drone-AUV-sous-marin-pour-inspecter-les-coques-des-bateaux

Grâce à sa taille réduite et à son mode de propulsion très discret, qui ne fait pas de remous, on peut très bien imaginer utiliser ce robot en le dissimulant dans un amas d’algues ou tout autre camouflage artificiel. En poussant le raisonnement encore plus loin, les scientifiques imaginent des patrouilles de robots, dispersées dans les ports, qui analyseraient tout bateau entrant sans même éveiller le soupçon du capitaine et du personnel à bord.

Sécuriser les ports à l’aide de robots traditionnels qui inspectent chaque petit bateau entreant revient très cher, explique Sampriti Bhattacharyya, étudiant en Ingénierie mécanique en charge du projet avec le Ford Pr. Harry Asada. Si cette solution s’avère suffisamment abordable – disons à 600 $ pièce – pourquoi ne pas en avoir une vingtaine qui ferait de l’inspection collaborative ? Et s’il y en a un qui casse, ce n’est pas grave car ce sont des appareils très simples à faire.

En effet, les principaux éléments de la structure du robot sont faits à partir d’une imprimate 3D. 50% des pièces du robot sont imperméables à l’eau et abritent l’électronique : les circuits de commande, sa batterie, une antenne de communication et une unité de mesure inertielle, faite de trois accéléromètres et trois gyroscopes. L’autre moitié, perméable, abrite le système de propulsion, composé de six pompes qui expulsent l’eau à travers des tubes en caoutchouc. Un algorithme de commande ajuste en permanence le débit d’eau pompée dans chacun des six tubes permettant ainsi de diriger le robot.

Découpe-du-robot-d'inspection-sous-l'eau-du-MIT

L’équipe a produit un premier prototype qui analyse une coque à une vitesse allant de 0.5 à 1 mètre par seconde, avec une batterie au lithium qui tient une quarantaine de minutes. Ce qui devrait lui laisser suffisamment de temps pour examiner plusieurs petites embarcations avant sa prochaine recharge. Le protoype n’est pas encore équipé d’une sonde ultrason. Les chercheurs ont pensé à un système de rotation entre les robots chargés et ceux à charger, qui permettraient de maintenir un niveau de surveillance portuaire maximal.

Les chercheurs ont toutefois concédé que le système de détection doit être encore amélioré. En effet, la détection par ultrason ne fonctionne que lorsque le capteur est en contact direct avec la surface à analyser ou lorsque la distance est un multiple de la longuer d’onde spécifique du son. Or, les coques des bateaux sont rarement lisses. L’équipe espère donc développer un système lui permettant de maintenir le robot à une distante constante par rapport au bateau, en passant par un buffer.


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