Le secteur des services poursuit sa robolution avec Connie, le concierge de l’hôtel Hilton

Le robot Connie dans l'hôtel Hilton

Soucieuses d’optimiser les coûts de production et d’exploitation, la majorité des entreprises a déjà sauté le pas de l’automatisation. De par sa proximité avec le client, le secteur des services a pour sa part longtemps résisté à l’implantation des robots. Plus pour longtemps.

 

L’image du robot humanoïde attentionné et à votre entière disposition demeurait l’apanage des sociétés japonaises. Mais depuis quelques années, les petits robots assistants investissent peu à peu les différents pans du secteur des services, et ce dans le monde entier. A mesure que progresse la recherche en intelligence artificielle, les robots humanoïdes semblent de mieux en mieux acceptés par les humains.

Le secteur hôtelier embrasse la robolution

Une étude menée par le site de réservation Travelzoo auprès de 6200 voyageurs révélait que 77% des sondés « s’attendaient à voir les robots jouer un rôle beaucoup plus actif dans leur vie dès 2020 ». Deux tiers des interrogés se déclarant plutôt positifs au fait que l’industrie du tourisme recourt aux robots quand plus de 90% des chinois expriment leur enthousiasme !

Après le Henn Na hotel du Japon, les humanoïdes de services ont investis différents autres grands noms de l’hôtellerie comme le Aloft Hotel Silicon Valley ou le Yotel de New York. Les hôtels Hilton ont ainsi fait le pari d’introduire des robots de services dans leurs établissements. En partenariat avec Watson, la célèbre intelligence artificielle d’IBM, le nouveau robot surnommé Connie (en mémoire de Conrad Hilton, fondateur de la chaîne d’hôtellerie) fera office de concierge dans le Hilton McLean, tout près du siège de la chaîne américaine. Il ne touche pas de salaire, il est multitâches et multilingue, efficace sur le long-terme voire très long-terme. Bref, le robot ne manque pas d’avantages sur l’être humain. D’après Jim Holthouser, le vice-président exécutif Enseignes Globales, l’objectif est triple : supprimer le temps d’attente dans les files, optimiser les capacités de services de l’hôtel et amuser le client avec ce concierge pas comme les autres.

 

Pepper, le robot de compagnie

Ces loyaux serviteurs investissent également les gares. En France, la SNCF agrémente d’ors et déjà ses gares de robots Pepper. Développés par la société française Aldebaran, ces petits robots sympathiques avaient déjà fait parler d’eux lorsqu’ils avaient remplacé les vendeurs d’une boutique de téléphonie japonaise. L’objectif étant de décharger les guichetiers des questions usuelles du type : A quel heure part le train pour Bordeaux ? Sur quel quai dois-je me rendre ? Y a t-il un changement de train pour aller à Nantes ?

Également doté d’une capacité à identifier les émotions humaines et à agir en conséquence, Pepper sait obtenir les faveurs des entreprises. Après les gares et les boutiques de téléphonie donc, Pepper fait aussi son service à bord des croisières de Costa Croisières.

Où en est-on vraiment de l’implantation des robots de compagnie ?

Pas très loin… Peu d’entreprises ont franchi le pas, et celles qui le font y vont avec des pincettes. Hilton n’en essaye pour l’instant qu’un, et dans un seul de ses 4200 hôtels. Pour ce qui est des robots Pepper en gares SNCF, il ne s’agit -pour le moment- que d’une expérimentation de trois mois, dans certaines gares du pays de la Loire seulement. Chacun y va de sa petite participation, mais c’est déjà un bon présage pour l’avenir des robots de compagnie, auxquels il est de plus en plus souvent fait recours, même si de manière ciblée et ponctuelle.

Plus récemment, les visiteurs du Salon International du Tourisme de Berlin ont put être accueillis par le robot ChihiraKanae. Un robot à l’effigie d’une hôtesse d’accueil était là pour conseiller les visiteurs, en anglais, japonais, chinois et allemand.

le robot d'accueil ChihiraKanae à Berlin

Avec le Geminoid du Dr. Ishiguro, les robots d’apparence humaine poursuivent eux aussi leur lente progression, bien que plus délicate. Suite à un nouveau partenariat avec NTT, l’androïde ultra-réaliste peut désormais tenir la conversation avec les humains grâce à un tout nouveau système de reconnaissance vocale auto-apprenant. Si de tels robots ne sont pas encore sortis de la vallée de l’étrange, la pente semble moins ardue…


Laisser un commentaire