Le succès de NAO à New-York

Durant les années 80, les humains se trémoussaient en boite de nuit en imitant des robots. Cette année, ce sont des robots qui ont copié des danseurs humains. Et qui ont rencontré un succès monstre.

Dans le spectacle « Robots » de Blanca Li, sept humanoïdes ont accompagné les danseurs humains. Ces 7 NAO ont découvert les joies de la scène mardi dernier à l’académie de musique de Brooklyn, la BAM. Et les spectateurs les ont adorés. Les robots n’étaient pas des danseurs extraordinaires. Toutefois, comme le prouvent régulièrement les spectacles de danse organisés avec des enfants, le public se laisse plus attendrir par des pas maladroits que par une exécution parfaite.

Première apparition de Pierre, le NAO

L’apparition du premier NAO l’a prouvé. Un danseur a ouvert la boite le contenant et, saisissant les mains tendues de l’humanoïde, l’a aidé à faire ses premiers pas sur scène. Le public a accueilli cette apparition avec un « oooh » attendrie, semblable à des parents regardant les premiers pas d’un enfant. Le danseur et le robot ont ensuite commencé à danser, le danseur humain menant la danse, imité par le robot NAO, rebaptisé Pierre pour le spectacle. Le pas de deux rappelait étrangement un enfant tentant d’imiter un adulte, faisant presque oublier la nature robotique de Pierre.

Blanca Li et Sascha, le robot NAO

Les robots NAO n’étaient pas des danseurs d’exception. Ils sont tombés plusieurs fois, mais ont conquis les coeurs de l’assistance. Lorsque les 7 NAO se sont retrouvés sur scène pour une chorégraphie, l’image d’un spectacle de fin d’année scolaire n’en était que plus vive. Même en exécutant des pas simples, plusieurs robots ont perdu leur équilibre et sont tombés. Lors de ces chutes, l’attention du public se concentrait sur ces robots bloqués sur le dos. Et lorsque la danse s’est terminée par l’un des robots se relevant et rejoignant la chorégraphie, les applaudissements ont retenti dans toute la salle. Les robots ont offert au public ce qu’il voulait : une preuve de la détermination de ces âmes robotiques.

Selon la chorégraphe, le spectacle est une médiation sur « ce que c’est qu’être humain ». La plupart du ballet était d’ailleurs exécuté par des danseurs humains. Plusieurs scènes se succédaient établissant un parallèle entre humains et robots. Dans l’une par exemple, les danseurs mimaient les habitudes routinières de la société, se brosser les dents, vérifier son téléphone, etc. Mais pour le public, la meilleure partie restait les robots.

Les NAO, danseurs du futur

Pierre le NAO danseur à Brooklyn

Crédits photo : Blanca Li, BAM


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