Les drones livreurs de Google à l’essai

Google a effectué cet été plusieurs des essais de livraison par drone en Australie. Google travaille secrètement sur ce projet, intitulé Project Wing, depuis deux ans. Si ces drones aériens voient le jour, les particuliers pourraient se faire livrer des produits à domicile en quelques minutes à peine.

Google ne pouvait rester sans réponse après l’annonce faite fin 2013 par le patron d’Amazon, Jeff Bezos, concernant un service de livraison par les airs via les drones. Mais ils ne sont pas les seuls, puisque l’entreprise Matternet a son propre projet également.

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Une trentaine d’essais ont eu lieu mi-août dans le Queensland, en Australie. Là-bas, la réglementation est un peu plus flexible qu’aux Etats-Unis. Il s’agit de la première phase du programme « Project Wing », nouveau projet du laboratoire Google X, à l’origine de toutes les idées innovantes du géant du web américain : lunettes connectées Google Glass, rachat de start-ups dans la robotique, voitures autonomes Google Car, le projet Loon, et sûrement d’autres, à ce jour tenus encore secrets.

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C’est un professeur du M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology), Nicholas Roy, qui a mené à bien toute l’initiation de ce projet, pendant une période sabbatique de deux ans qui s’achève à la rentrée. La suite étant prise par une douzaine d’ingénieurs Google, chapeautée par Dave Vos, vingt ans d’expérience dans la conception de drones, qui sera en charge de passer de la phase prototype à la mise en service réelle de la Google Wing.

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Le drone en lui même est un appareil hybride à décollage à la verticale, à la croisée entre un quadrirotor et une aile volante. Conçue près de la ville de Warwick, en collaboration avec la société australienne Unmanned Systems Australia, la Google Wing vole à une altitude comprise entre 40 et 60 mètres du sol. Les premiers prototypes mesurent 1,5 mètre d’envergure pour 0,8 mètres de long et pèsent environ 8 kg. Ils sont pourvus de quatre hélices à propulsion électrique, un GPS, de caméras et d’un altimètre. Ils peuvent transporter des charges allant jusqu’à 2 kg.

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Comment Google compte livrer les colis ?

En ce qui concerne la façon dont la livraison s’effectue, Google a tout essayé : l’approche du colis parachuté, le tir du colis tel un missile, l’atterrissage de l’appareil au sol – jugé trop dangereux due à la proximité de la personne et des rotors. Finalement, Nicholas Roy a travaillé sur un système de livraison par fil de pêche en vol stationnaire. Le colis accroché à un capteur baptisé egg (l’oeuf), est descendu délicatement jusqu’à toucher terre. Ce gadget détecte quand le paquet a atteint le sol et le libère. Il envoie ensuite un signal au drone de le remonter et de reprendre son vol. Si un incident survient pendant la phase de livraison, un mécanisme de déverrouillage d’urgence s’active et sectionne le fil de pêche afin que le drone puisse se dégager de la zone.

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Quand la Google Wing arrive au-dessus de la zone de livraison, le drone se tient à environ 45 mètres du sol. Il fait descendre le colis à une vitesse de 10 mètres par seconde et lorsque celui-ci a quasiment fini sa course, le treuil ralentit la chute et passe à 2 mètres par seconde pour un atterrissage en douceur.

Google a attendu de réussir ses essais du mois d’août avant de dévoiler au grand public son projet. Ils ont consisté à livrer des colis contenant des friandises, de l’eau, une trousse de premiers secours et de la nourriture pour chien à des fermiers situés à 1 km du lieu de décollage. Voici le résumé en vidéo :

Quelles sont les intentions de Google ?

Tandis que Larry Page assure le gros du business avec sa vache à lait publicitaire, c’est-à-dire les bannières payantes diffusées sur son moteur de recherche, son réseau de sites ainsi que sur Youtube, Sergeï Brin, lui, tente d’améliorer le monde. Oui, tout simplement.

Drone-Google-vue-de-derrière

Google se veut entreprise citoyenne, il finance chaque année des projets et des idées visant à améliorer la vie de milliers de personnes. Avec les drones livreurs, Google se prend à rêver d’un monde meilleur, plus rapide, où les livraisons seraient quasi instantannées, et où bien sûr, il aurait le pouvoir de l’organiser à sa façon.

Cela va demander du temps, des certifications, des autorisations de vol, des tas d’essais, mais Google a l’habitude de ces longs processus. Travailler avec les puissances qui légifèrent et les parties prenantes dans le secteur des nouvelles technologies ne lui fait pas peur. En rentrant dans la course aux drones de livraison, Google s’invite à la table des négociations avec l’autorité américaine de régulation de l’aviation civile, la très stricte FAA. Par le passé, Google a clairement su influencer les organes d’état, et entend réitérer ses méthodes lorsqu’il s’agira de réglementer les drones, sujet en cours d’écriture, initialement attendu pour 2015.


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