Les robots mous passent l’épreuve du feu

Nouvelle démonstration du robot mou de Harvard, cette étrange structure spongieuse sans articulations. Le bougre résistait déjà aux coups de marteau… Il est désormais plus fort que les flammes et la glace.

Les robots mous, encore appelés robots blobs, ne sont faits d’aucune pièce rigide. C’est justement leur mollesse, et donc leur flexibilité, qui intéresse les roboticiens. En particulier ceux de Harvard, qui depuis 2011, ont mis au point un robot en forme de chromosome, faits de couches élastomères superposées entre elles.

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Jusqu’à aujourd’hui, la version que l’on connaissait était reliée à des tuyaux d’air comprimé, qui faisaient monter la pression et lui permettaient d’avancer. Cette structure a été développé dans les laboratoires du professeur George M. Whitesides à Harvard. En septembre, l’équipe de l’Ecole Supérieure de Sciences Appliquées de Harvard et celle de l’Institut Wyss, spécialisée en ingénierie bioinspirée, ont réussi à reproduire ce robot mou à une échelle supérieure en passant d’un modèle faisant 10 cm de long à un robot mesurant 65 cm.

Il s’agit là d’une grande première pour un robot mou quadrupède : celui-ci est totalement indépendant puisqu’il embarque son propre système de propulsion à bord. Exit les fils ! A lui la liberté ! Liberté, sous conditions tout de même, puisque sa batterie lui autorise jusqu’à deux heures d’autonomie.

Le robot, est fabriqué à partir d’un silicone rigide, résistant à des températures inférieures à zéro – il a été testé jusqu’à -9°C, à des vents allant jusqu’à 40 km/h, et à une étanchéité jusqu’à 5 centimètres d’eau. De plus, sa robustess lui permet de résister aux flammes de méthane à 3000 Kelvin, soit 2 726 °C pendant 50 secondes. Il est également résistant à des substances chimique comme les acides.

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Bien sûr, le robot est assez sommaire : pas de capteurs de détection, pas de caméra, pas d’intelligence artificielle. Simplement un robot qui se déplace à 18 mètres par heure et qui peut transporter jusqu’à 3,4 kilos sur son dos ou soulever sur place jusqu’à 8 kilos, grâce au 20 psi (1,38 bars) qui gonflent sa structure.

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Etre autonome a ses limites. En effet, en voulant le rendre totalement libre de ses mouvements, il est obligé d’embarquer dans sa partie centrale des compresseurs d’air miniatures, la batterie, des soupapes, et un contrôleur. Ce qui le rend vulnérable. En effet, il n’y a que ses pattes en silicone qui résistent à toutes les épreuves citées ci-dessus : eau, flamme, glace, pression.

L’équipe pense pouvoir protéger ces élements rigides à l’intérieur du corps du robot, en attendant que ces pièces existent aussi en version molle.

Cecilia Laschi de l’École Supérieure Sant’Anna de Pise (Italie), qui travaille également sur des structure molles a été impressionnée par les progrès du robot de Harvard :

Ceci est un bon exemple pour montrer comment les robots mous peuvent nous aider à construire des structures robustes, avec peu de risques de se casser, dit-elle. Le domaine de la robotique des système mous est désormais suffisamment mûr pour commencer à penser à des applications concrètes.

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