Les sauts impressionnants d’un biorobot

Des robots qui marchent… déjà vu. Des robots qui courent, aussi. Mais des robots qui sautent, c’est moins courant. Cette équipe de chercheurs, spécialistes des biorobots, a réussi à faire franchir une paroi de 73 centimètres de haut à un de leur insecte artificiel.

Les chercheurs du laboratoire Kod*lab de l’Université de Pennsylvanie ont amélioré les capacités (déjà impressionantes) de leur cafard robot RHex. Ce petit biorobot est un hexapode développé pour la DARPA, pour étudier les moyens de locomotion et le contrôle de ces petites machines inspirées de la nature.

Maintenant, ils ont souhaité lui donner un attribut dont la plupart des insectes rampants bénéficient : le saut. En s’aidant de leur pattes, les insectes combinent déplacement et saut. Chez les robots c’est une autre paire de manches car construire un robot capable de se déplacer et sauter à la fois n’est pas facile, et en plus ça n’a pas forcément d’utilité flagrante.

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Quelques-uns sont dotés de cette capacité. Par exemple le Sand Flea, ce robot sur quatre roue qui fait des sauts jusqu’à dis mètres de haut ou encore le PETMAN, un prototype humanoïde capable de franchir des obstacles. La DARPA s’occupe également de ces deux projets…

Alors, quel intérêt pour qu’un robot saute ?

Il y’en a plusieurs. Outre le fait de pouvoir passer des obstacles, le RHex va pouvoir se servir de cette capacité pour améliorer ses démarrages en passant de sa position d’arrêt à sa mise en mouvement. Aussi, le cafard va avoir accès à des hauteurs permettant d’activer certains capteurs qui nécessiteraient une hauteur minimale pour leur déclenchement.

Enfin, cela peut lui être très utile pour se remettre sur ses pattes lorsqu’il se retrouve retourné sur le dos.

Ce qui est encore plus étonnant est que le prototype utilisé pour les tests n’est pas tout léger. Le X-RHex Light ou XLR pèse 6,7 kilogrammes et mesure 51 centimètres de long. Ses pattes en forme de C ont chacune un diamètre de 17,5 centimètres.

Malgré sa taille et son poids, il arrive à exécuter des saltos avant de 30 centimètres de hauteur, un double saut pour passer un trou de 60 centimètres de longueur. Son plus beau geste est sans doute lorsqu’il met en oeuvre ses pattes pour escalader une paroi de 73 centimètres de haut !

Beau est le terme à employer. Je dirai même qu’il y a des moments de grâce dans cette vidéo. Le temps semble se figer lorsque le RHex est en l’air après avoir coordonné ses six pattes.

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En ce qui concerne la suite du projet, les chercheurs sont en train d’exploiter les autres possibilités qu’offrent ces pattes flexibles et en particulier les mouvements provenant de leur extension. L’équipe a présenté son travail lors du congrès international IEEE (ICRA 2013) en Allemagne.

Lire l’article « Toward a Vocabulary of Legged Leaping » de Aaron M. Johnson et D. E. Koditschek.

Le laboratoire de UPenn a publié le 23 juillet un nouveau montage vidéo de la bête. RHex nous impressionne toujours autant !


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